La nomination contestée d’Emmanuel Moulin à la BdF à la main des parlementaires
par Elizabeth Pineau et Leigh Thomas
PARIS, 14 mai (Reuters) – Le Parlement français doit se prononcer la semaine prochaine, lors d’un vote qui s’annonce serré, sur la nomination de l’ancien secrétaire général de l’Elysée au poste de gouverneur de la Banque de France, un choix d’Emmanuel Macron contesté à l’approche de l’élection présidentielle.
Le sort d’Emmanuel Moulin est entre les mains des membres des commissions des Finances des deux chambres, qui l’auditionneront tour à tour mercredi. Sa nomination sera bloquée si les trois cinquièmes des parlementaires la rejettent.
Le vote s’annonce difficile à l’Assemblée, très divisée, laissant au Sénat le dernier mot sur cette nomination qualifiée par ses détracteurs de « fait du prince », en l’occurrence Emmanuel Macron, soucieux de placer des proches à la tête des hautes institutions à un an d’un scrutin présidentiel incertain où les extrêmes ambitionnent de s’imposer.
Haut fonctionnaire de 57 ans au CV prestigieux, Emmanuel Moulin a été proche de l’ancien président Nicolas Sarkozy, de l’ex-ministre de l’Economie Bruno Le Maire et il est passé par Matignon en 2024 lorsque Gabriel Attal était Premier ministre, avant d’arriver à l’Elysée en avril 2025.
Ce choix s’ajoute à la nomination à la présidence du Conseil Constitutionnel de Richard Ferrand, un proche du chef de l’Etat – élu l’an dernier à une voix près grâce à l’abstention du Rassemblement national -, et de l’ex-ministre Amélie de Montchalin, autre fidèle, à la Cour des Comptes.
Bien qu’Emmanuel Macron ait le droit de nommer qui bon lui semble à la Banque de France, se pose la question de l’indépendance d’une institution censée être à l’abri des joutes politiques.
POSSIBLES DISSIDENCES CHEZ LR
« Avez-vous déjà vu un secrétaire général de l’Élysée nommé à la Banque de France après être passé par tous les ministères ? C’est du jamais vu », a dit à Reuters Eric Coquerel (La France insoumise, LFI), président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale.
Le prédécesseur d’Emmanuel Macron, le socialiste François Hollande, avait nommé en 2014 le secrétaire général de l’Elysée, Pierre-René Lemas, à la tête de la Caisse des dépôts, l’une des plus importantes institutions financières du pays.
Une semaine avant son grand oral au Parlement, Emmanuel Moulin a été interrogé mercredi par les députés socialistes – parmi lesquels Philippe Brun, rapporteur de la commission dans ce dossier, qui l’interpelle dans un courrier consulté par Reuters.
« Comment l’indépendance de la Banque de France et l’absence de conflits d’intérêt peuvent-elles être garanties au regard de vos fonctions publiques très récentes au gouvernement, successivement au ministère de l’Economie et des Finances, au cabinet du Premier ministre, et à l’Elysée ? », peut-on lire entre autres interrogations sur la régulation bancaire, l’inflation et le franc CFA.
Contacté par Reuters, Emmanuel Moulin a répondu qu’il réservait ses réponses aux parlementaires.
« Sa nomination est justifiée sur le plan technique mais le président prend un risque politique en cas de revers au Parlement alors qu’il n’a plus de majorité depuis la dissolution », a dit à Reuters William Thay, du think tank Le Millénaire. « En résumé, Macron fait du Macron : il gouverne avec ses idées, quoi qu’il en coûte et qu’importe les critiques. »
Selon Eric Coquerel, les élus LFI, communistes et écologistes devraient voteront contre. Les socialistes n’ont pas dévoilé leur choix, pas plus que les centristes du groupe Liot, qui disent attendre l’audition pour trancher.
« Après Ferrand et Montchalin, on va dire stop », a dit pour sa part à Reuters le député Philippe Ballard, du Rassemblement national.
« Le Sénat sera déterminant », a estimé un député du parti conservateur Les Républicains (LR) ayant requis l’anonymat. « Rien ne garantit que Moulin sera approuvé. »
Selon une autre source parlementaire, cinq ou six sénateurs LR pourraient faire dissidence et voter contre Emmanuel Moulin ce qui, selon les calculs de Reuters, rapprocherait le nombre de votes négatifs de la barre des trois cinquièmes.
« Les parlementaires LR sont divisés entre ceux qui se disent qu’il vaut mieux un profil classé à droite et d’autres tentés de sanctionner la trahison d’un des leurs, parti en 2017 pour servir la ‘macronie' », dit William Thay.
(Reportage Elizabeth Pineau et Leigh Thomas, édité par Sophie Louet)
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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