La BCE abaisse à nouveau ses taux et laisse la porte ouverte à d’autres réductions
par Balazs Koranyi et Francesco Canepa
FRANCFORT (Reuters) – La Banque centrale européenne (BCE) a réduit jeudi ses taux d’intérêt pour la quatrième fois depuis le début de l’année et a laissé la porte ouverte à d’autres baisses alors que la croissance économique est affectée par l’instabilité politique dans plusieurs pays du bloc monétaire et la menace d’une nouvelle guerre commerciale avec les droits de douane voulus par le président élu américain Donald Trump.
La BCE a assoupli sa politique alors que les craintes d’une inflation persistante se sont largement atténuées et que le débat est désormais de savoir si elle réduit ses taux à un rythme suffisant pour soutenir une économie du bloc à la traîne des grandes places mondiales.
Prédisant que l’inflation reviendrait à son objectif de 2% au début de 2025 et que la croissance resterait faible, la BCE a abaissé jeudi son taux de dépôt de 3,25% à 3%, comme prévu.
Elle a également modifié ses prévisions pour le produit intérieur brut (PIB) et l’inflation, ce qui pourrait être interprété comme une indication de nouvelles baisses de taux.
« Le processus de désinflation est en bonne voie », a déclaré Christine Lagarde, la présidente de la BCE, au cours de la conférence de presse qui a suivi les annonces de l’institution. « En 2025, nous serons à 2% », a-t-elle dit.
Dans son communiqué de politique monétaire de jeudi, la BCE a supprimé la référence au maintien de taux « suffisamment restrictifs », donnant à penser qu’elle va aller vers un cadre au moins « neutre », c’est-à-dire celui qui ne stimule ni ne freine la croissance économique.
Ce signal a toutefois été moins net que ne l’attendaient de nombreux économistes, d’autant plus qu’il s’accompagnait d’un avertissement sur le fait que l’inflation dans le bloc reste élevée.
« La BCE doit réagir et accélérer le rythme des baisses de taux », a déclaré Sylvain Broyer, chef économiste pour la région EMEA chez S&P Global Ratings.
« Il faut s’engager à réduire encore les taux les uns après les autres jusqu’à ce que le taux de dépôt atteigne la neutralité », a-t-il dit.
Même s’il est difficile d’évaluer exactement le niveau du « taux neutre », la plupart des responsables de la banque centrale le situent entre 2% et 2,5%, ce qui laisse supposer que la BCE devra encore procéder à plusieurs baisses de taux avant d’y parvenir.
Christine Lagarde a reconnu qu’il y avait eu des discussions au sujet d’une réduction de 50 points de base, mais elle a indiqué que le consensus s’était fait autour d’une réduction de 25 points de base.
Même si une large majorité d’économistes s’attendait à une baisse de taux de seulement 25 points de base ce jeudi, nombre d’entre eux estiment qu’une réduction plus importante serait également justifiée au regard de la détérioration des perspectives de croissance et du recul rapide de l’inflation.
C’est précisément pour ces raisons que la Banque nationale suisse (BNS) a abaissé ce jeudi ses taux directeurs de 50 points de base, une baisse plus importante que prévu, pour ramener son principal taux de référence à seulement 0,5%.
La BNS a déclaré que les tensions géopolitiques, notamment la politique commerciale des Etats-Unis, pourraient entraîner un ralentissement de la croissance, alors que l’Europe est également confrontée à l’incertitude politique.
Même si aucun décideur de la BCE n’a explicitement plaidé en faveur d’une réduction de 50 points de base avant la réunion, plusieurs d’entre eux ont souligné que les risques de ralentissement de la croissance et de l’inflation s’intensifiaient.
Dans ses nouvelles projections économiques, la BCE anticipe que la croissance du bloc sera encore plus faible que prévu et que la reprise sera à la fois faible et tardive.
Avec l’Allemagne confrontée à des élections anticipées, la France qui peine à trouver un gouvernement stable et le nouveau président américain Donald Trump qui menace d’imposer des droits de douane punitifs, les risques s’accumulent.
Christine Lagarde a souligné que les tensions commerciales pourraient peser sur la croissance, tandis que l’évolution de la situation au niveau géopolitique figure parmi les risques sur l’inflation.
(version française Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault)
Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.
Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.
Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.
Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.
Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.
Je soutiens le Journal Chrétien !
Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.
La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?
Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.


