Japon: Un responsable de la BoJ met en garde contre une volatilité excessive du yen
TOKYO, 8 janvier (Reuters) – Une volatilité excessive du yen pourrait pénaliser l’économie et compliquer l’élaboration des plans stratégiques des entreprises, a averti jeudi Hiroshi Kamiguchi, responsable de la Banque du Japon (BoJ).
Un yen faible augmente les bénéfices des exportateurs opérant à l’échelle mondiale et peut profiter aux entreprises qui dépendent du tourisme mais nuit aux ménages et aux distributeurs qui dépendent de la demande intérieure, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
« Les variations du taux de change ont un impact important sur l’économie et les prix, c’est pourquoi nous surveillons attentivement l’évolution de la situation », a-t-il ajouté.
Le yen se traitait jeudi autour de 156 pour un dollar, quasiment stable.
Par ailleurs, la BoJ a déclaré jeudi que les économies régionales du pays se redressaient progressivement et que de nombreuses entreprises estimaient nécessaire de continuer à augmenter les salaires, ce qui témoigne de son optimisme quant à un possible nouveau relèvement des taux d’intérêt.
L’escalade des tensions avec la Chine pourrait toutefois constituer un nouveau risque alors que l’économie japonaise reste fragile, certains dirigeants de la banque centrale affirmant que cet impact – certes encore limité – pourrait commencer à s’étendre.
« Nous n’avons pas connaissance de dégâts importants pour le moment. Mais de nombreux industriels et autres acteurs du secteur estiment que l’impact pourrait se faire sentir prochainement », a déclaré Hiroshi Kamiguchi.
« Le Japon et la Chine entretiennent des liens étroits en matière de chaînes d’approvisionnement ; par conséquent, certaines entreprises estiment que les restrictions chinoises à l’exportation pourraient avoir un impact négatif sur leurs activités », a-t-il dit.
Hiroshi Kamiguchi est le directeur de l’antenne de Nagoya de la Banque du Japon et supervise cette région où est implanté notamment Toyota, le géant japonais de l’automobile.
La BoJ a relevé en décembre de 25 points de base son principal taux directeur à 0,75%, le portant à un plus haut de 30 ans et franchissant une nouvelle étape historique dans la fin de décennies de soutien monétaire massif et de coûts d’emprunt quasi nuls.
Malgré cette décision, les coûts d’emprunt réels du Japon restent fortement négatifs, l’inflation à la consommation dépassant l’objectif de 2% fixé par la Banque du Japon depuis près de quatre ans.
Un compte rendu des débats de la réunion de décembre a montré que certains membres du comité de politique monétaire de la BoJ s’inquiétaient de l’impact inflationniste d’un yen faible, qui renchérit le coût des importations.
Pour Kazuhiro Masaki, directeur de l’antenne d’Osaka de la BoJ, les entreprises de l’ouest du Japon s’accommodent sans difficulté des hausses de taux directeurs. Il estime qu’il est naturel que les coûts d’emprunt augmentent, le pays ayant connu trois années de croissance salariale régulière et d’inflation croissante.
« La situation a radicalement changé depuis l’époque où le Japon souffrait de déflation et où les salaires et les prix avaient à peine augmenté », a-t-il déclaré.
(Reportage Leika Kihara, version française Claude Chendjou, édité par Kate Entringer)
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