Glencore espère relancer les discussions de fusion avec Rio Tinto
MELBOURNE, 12 mars (Reuters) – Gary Nagle, directeur général de Glencore, espère que la récente flambée des prix du charbon aidera à convaincre Rio Tinto de relancer les discussions entre les deux entreprises pour créer le plus grand groupe minier mondial, ont déclaré trois investisseurs.
En tout début d’année, les deux groupes avaient envisagé un rapprochement à 240 milliards de dollars, combinant les activités de commercialisation et les actifs cuivre de Glencore et l’expertise opérationnelle de Rio Tinto, afin de répondre à la demande en forte croissance pour le métal rouge.
Cependant, les pourparlers ont échoués en février principalement à cause de désaccords sur la valorisation. Selon la réglementation britannique, Rio Tinto ne peut reprendre les négociations avant six mois.
Selon les trois investisseurs, qui ont rencontré les dirigeants des deux sociétés en Australie cette semaine et qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat, le directeur général de Glencore Gary Nagle reste optimiste malgré cet échec des négociations.
Les discussions avec les investisseurs australiens n’ont pas été rapportés jusqu’à présent. Glencore et Rio Tinto n’ont pas voulu faire de commentaire tout commentaire.
« En fin de compte, nous avons estimé que nous ne pouvions pas défendre la valeur de l’opération, voilà où nous en sommes », avait dit en février Simon Trott, directeur général de Rio Tinto, après la fin des discussions.
GLENCORE COMPTE SUR LA HAUSSE DU PRIX DU CHARBON ET LA BAISSE DU MINERAI DE FER
L’action de Glencore a surpassé celle de Rio Tinto depuis le début de l’année, ce qui pourrait conduire le négociant en matières premières et à l’exploitant minier, basé en Suisse, à réclamer une part plus importante de toute société fusionnée.
Selon les sources, Glencore contestait l’évaluation liée au prix au comptant de matières premières clés, telles que le charbon, le 7 janvier, soit la veille de la divulgation publique des négociations. Gary Nagle jugeait préférable de considérer aussi les prix prévisionnels, selon les investisseurs.
Depuis le 7 janvier, le titre de Glencore a bondi de 26%, porté par la hausse des cours du charbon, tandis que l’action de Rio a connu une hausse plus modeste d’environ 9%, du fait de la baisse des prix du minerai de fer.
Avec ces évolutions, l’action de Glencore représente désormais environ 35% de la valeur boursière cumulée d’une possible entité Glencore-Rio Tinto, contre 31,5% lorsque les négociations ont été rendues publiques, se rapprochant ainsi des 40% que Glencore souhaitait obtenir dans le cadre de l’accord rejeté par Rio.
Glencore prévoit que la division minerai de fer de Rio Tinto pâtira d’une offre excédentaire sur le marché, ont indiqué les sources. Cela devrait encore accentuer l’écart de valorisation des deux sociétés, une évolution susceptible de faciliter la conclusion d’un accord, selon Gary Nagle.
UNE MINORITÉ VOCALE S’OPPOSE À L’ACCORD
Cinq fonds australiens ont adressé une lettre commune au conseil de Rio Tinto le 20 janvier pour exprimer des préoccupations, sur la gouvernance et les pratiques de Glencore, alors que la valorisation restait le principal obstacle à un accord, ont déclaré des sources.
Glencore considérait alors ce bloc australien comme une minorité bruyante, représentant environ 4 % des actionnaires.
Mais les sources ont souligné que plus de la moitié des bénéfices de Rio Tinto proviennent de ses actifs australiens, ce qui signifie qu’une fusion pourrait avoir un grand impact dans le pays et nécessiter, entre autres, l’approbation du gouvernement.
(Reportage Melanie Burton, version française Elena Smirnova, édité par Benoit Van Overstraeten)
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