France: Edouard Philippe inflexible sur les régimes spéciaux
PARIS (Reuters) – Le gouvernement ne transigera pas sur l’objectif d’un système universel de retraites et la suppression des régimes spéciaux, mais il est ouvert à un compromis sur la date d’application de la réforme, à mi-chemin entre « transition brutale » et « clause du grand-père », a dit mercredi Edouard Philippe.
Le Premier ministre s’est exprimé à l’issue du conseil des ministres, au lendemain d’une nouvelle série de consultations avec les partenaires sociaux, pour rappeler les principes du projet et couper court à la confusion qui règne depuis plusieurs semaines au sein de l’exécutif sur ses modalités.
Les grandes lignes du projet de loi encadrant les mécanismes de transition des 42 régimes existants vers un système unique seront dévoilées en décembre par Edouard Philippe, après que le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, aura dévoilé les conclusions de ses consultations, « aux alentours des 9 ou 10 décembre ». Le texte sera ensuite soumis au Parlement début 2020.
A l’approche de la journée interprofessionnelle de grèves et de manifestations du 5 décembre, le Premier ministre a assuré vouloir réformer sans « brutaliser » et sans « stigmatiser », marquant son « plus grand respect pour le droit de grève » et le droit de manifester.
« L’universalité oui, la brutalité non, chacun doit être respecté », a souligné le chef du gouvernement.
Edouard Philippe se veut néanmoins inflexible sur la disparition des régimes spéciaux au nom de l’équité, alors qu’Emmanuel Macron a critiqué à mots couverts une mobilisation corporatiste le 5 décembre.
Le système de retraites fondé en 1945 « sur des solidarités corporatistes » a contribué, selon le Premier ministre, « à la création d’injustices, de complexité, de défiance ». « Nous allons mettre un terme aux régimes spéciaux », a-t-il réaffirmé.
« LE BON CURSEUR »
Edouard Philippe a précisé avoir demandé aux dirigeants des grandes entreprises publiques affiliées aux régimes spéciaux – RATP et SNCF au premier chef – « de poursuivre le dialogue dans leurs instances. »
Les « mécanismes de transition » vers le futur régime « doivent être équitables entre les régimes – on ne peut pas répondre à des demandes catégorielles en pénalisant les autres -« , mais « on peut prendre en compte l’histoire des entreprises publiques et de leur système de retraite », a expliqué le Premier ministre.
Le gouvernement sera en revanche plus souple sur le calendrier d’application de la réforme, que le rapport de Jean-Paul Delevoye fixe à partir de la génération née en 1963, âgée de 62 ans en 2025.
Face à l’hostilité des syndicats, dont la CGT et Force ouvrière, le chef de l’Etat avait avancé la piste de la « clause du grand-père » pour limiter la réforme aux seuls nouveaux entrants sur le marché du travail à partir de 2025.
Edouard Philippe écarte cette option mais se dit prêt à moduler pour trouver « le bon curseur ».
« J’entends ceux qui estiment qu’à cinq ans de la retraite (…) le changement de système pourrait être déstabilisant et ils ont raison. De l’autre, j’entends ceux qui disent que la fameuse clause dite du ‘grand-père’, qui n’appliquerait la réforme qu’aux nouveaux entrants sur le marché du travail, ne serait pas assez ambitieuse (…) et ils n’ont pas tort. »
« Les personnes qui sont à dix, à quinze ans de leur départ à la retraite? Pour ma part, du moment qu’on construit un système universel, je suis ouvert à la discussion », a-t-il avancé.
Pressé par la CFDT de ne pas céder à une logique purement « paramétrique », Edouard Philippe a estimé que la réforme ne pourrait se faire « sur du déficit ». Il a indiqué qu’une « place déterminante » serait accordée aux partenaires sociaux dans la gouvernance du futur système.
Selon le Conseil d’orientation des retraites (COR), le besoin de financement du régime de retraites s’établirait entre 0,3% et 0,7% du PIB en 2025, soit 7,9 à 17,2 milliards d’euros.
« Nous savons que nous devrons progressivement travailler plus longtemps afin d’équilibrer le système de retraites futur et de remettre à l’équilibre le système actuel », a-t-il réaffirmé, tout en se gardant là encore de tout scénario « brutal ».
(édité par Jean-Michel Bélot)
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