EDF: « Bon degré de confiance » sur la fin de l’EPR de Flamanville
PARIS (Reuters) – EDF s’est déclaré lundi confiant dans sa capacité à finaliser le projet de réacteur nucléaire de type EPR de Flamanville (Manche) sans enregistrer de nouveaux retards, bien que son dernier planning en date ne prévoie pas beaucoup de marges.
L’électricien public, détenu à 83,9% par l’Etat français, a dû revoir à la hausse le coût du réacteur en début d’année, à 12,7 milliards d’euros, et reporter de plusieurs mois sa date de démarrage, avec un chargement du combustible prévu au deuxième trimestre 2023, en raison d’opérations de reprises de soudures plus longues que prévu.
« (Nous avons) un bon degré de confiance dans le planning », a déclaré lors d’une conférence de presse Xavier Ursat, directeur exécutif d’EDF chargé de la direction ingénierie et des « projets nouveau nucléaire ».
« Le planning qui nous amène à un chargement du combustible environ dans un an n’est pas un planning avec beaucoup de marges mais c’est un planning dans lequel nous avons confiance », a-t-il ajouté.
Estimé à trois milliards d’euros lors de l’annonce du projet en 2004, l’EPR de Flamanville devait initialement entrer en service en 2012, mais des problèmes de compétences, d’organisation, de suivi du chantier ou encore de qualité des fabrications, dans un contexte d’exigences de sûreté accrues, ont entraîné de multiples retards et surcoûts du projet.
Avant de pouvoir procéder au démarrage de Flamanville, EDF va devoir terminer des reprises de soudures défectueuses et tirer les enseignements des difficultés rencontrées sur l’EPR de Taishan, en Chine, où des fuites d’assemblages de combustible ont contraint l’exploitant chinois du réacteur à l’arrêter début août 2021.
Xavier Ursat a fait savoir lundi qu’EDF proposait à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un traitement thermique spécifique d’une partie du combustible de l’EPR de Flamanville, ce qui le conduirait à remplacer une partie des assemblages qui ont déjà été livrés sur le site.
EDF va aussi devoir mener une nouvelle campagne d’essais et obtenir des autorisations administratives, une fois qu’il aura soldé l’instruction d’une dernière série de sujets techniques avec l’ASN, pour pouvoir charger le combustible de Flamanville.
Le groupe compte par ailleurs bénéficier du projet d’Emmanuel Macron, annoncé en février, de construire six EPR 2 – un modèle présenté comme plus simple et moins cher à construire que celui de Flamanville – avec la possibilité de huit réacteurs additionnels.
(Reportage Benjamin Mallet, rédigé par Tangi Salaün)
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