Airbus appelle au retour d’exemptions de droits de douane
par Florence Loeve
PARIS (Reuters) – La direction de l’avionneur européen Airbus a appelé au retour d’un accord datant de 1979 entre plus de 30 pays qui assurait des exemptions de droit de douane pour l’aviation civile, jusqu’à la récente guerre commerciale lancée par le président américain Donald Trump.
Lors d’une conférence de presse téléphonique mercredi, après l’annonce des résultats trimestriels du groupe, le directeur général d’Airbus Guillaume Faury a déclaré qu’il n’y aurait « que des perdants » dans l’industrie aérospatiale avec de nouveaux droits de douane, « en particulier aux Etats-Unis ».
« En ce qui concerne Airbus, nous ne paierons pas de droits de douane lorsqu’il s’agit d’avions en provenance de l’étranger destinés à des clients américains, il est du devoir de ces derniers de le faire », a poursuivi le patron d’Airbus, ajoutant que les clients – les compagnies aériennes – n’étaient « évidemment pas très contents » de la situation.
Airbus a fait état mercredi d’un bénéfice avant intérêts et impôts ajusté supérieur aux attentes pour le premier trimestre et a confirmé ses objectifs pour 2025, tout en soulignant qu’il était trop tôt pour mesurer l’impact de droits de douane.
Le plus grand constructeur aéronautique d’Europe a annoncé un bénéfice avant intérêts et impôts (Ebit) ajusté, indicateur-clé, de 624 millions d’euros pour les trois mois jusqu’à fin mars. Le chiffre d’affaires, en hausse de 6%, s’établit à 13,5 milliards d’euros.
Portés par la défense, l’Ebit ajusté et les ventes s’avèrent donc supérieurs aux attentes d’un consensus d’analystes compilé par Airbus, qui les anticipait à 602 millions d’euros et 12,95 milliards d’euros respectivement.
OBJECTIFS CONFIRMÉS
Airbus a confirmé ses objectifs pour 2025, qui excluent l’impact de potentiels droits de douane. L’avionneur prévoit de livrer environ 820 avions commerciaux, en hausse par rapport aux 766 livraisons réalisées en 2024, et vise un Ebit ajusté autour de 7 milliards d’euros.
Concernant les droits de douane, « nous suivons et évaluons attentivement la situation, mais il est trop tôt pour quantifier l’impact aujourd’hui » a déclaré Guillaume Faury dans un communiqué publié mercredi.
Lors d’une conférence téléphonique avec des analystes mercredi, la direction d’Airbus a également indiqué que l’impact direct des droits de douane serait probablement « maîtrisé » si le cadre actuel demeurait inchangé jusqu’à la fin de l’année, et qu’elle était encore en train d’évaluer leurs conséquences indirectes.
Les prévisions pour 2025 incluent en revanche les conséquences de l’intégration de certaines parties de son fournisseur Spirit AeroSystems.
La semaine dernière, Airbus a finalisé l’accord pour reprendre certains sites industriels de Spirit Aerosystems, qui fabriquent une partie cruciale du fuselage de ses long-courriers A350 et les ailes de ses moyen-courriers A220.
Cette finalisation, très attendue et annoncée depuis juillet 2024, complète le découpage de ce fournisseur, en difficultés financières, par Airbus et son concurrent américain Boeing.
Les activités liées aux avions commerciaux, la plus grande division d’Airbus en termes de ventes et d’Ebit, ont apporté une contribution stable à l’Ebit ajusté à 494 millions d’euros, contre 507 millions d’euros au premier trimestre de 2024.
« Des défis spécifiques dans les chaînes d’approvisionnement, en particulier avec Spirit Aerosystems, mettent actuellement sous pression le développement de l’A350 et de l’A220 », note le groupe dans son communiqué.
(Rédigé par Florence Loève et Tim Hepher, édité par Augustin Turpin)
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