Adidas réduit son dividende après ses déboires avec Kanye West
BERLIN (Reuters) – Adidas a fait savoir mercredi qu’il réduirait son dividende versé au titre de 2022 alors que sa séparation d’avec le rappeur et créateur de mode Kanye West pourrait conduire cette année à sa première perte annuelle en trente ans.
L’équipementier sportif allemand va proposer un dividende pour 2022 de 0,70 euro par action lors de son assemblée générale du 11 mai, contre un coupon de 3,30 euros par action versé au titre de 2021.
A la Bourse de Francfort, l’action Adidas reculait de 1,14% à 142,80 euros.
Adidas a placé en octobre sous revue son partenariat avec Kanye West après des déclarations contreversées du rappeur. Le groupe a prévenu le mois dernier que le fait de ne pas vendre le stock existant de vêtements de la marque Yeezy allait réduire son chiffre d’affaire d’environ 1,2 milliard d’euros en 2023 et son bénéfice d’exploitation d’environ 500 millions d’euros.
Le groupe pourrait même afficher une perte d’exploitation de 700 millions d’euros s’il décidait de façon définitive de plus proposer les produits Yeezy à l’avenir.
« 2023 sera une année de transition pour construire la base pour 2024 et 2025 », a déclaré le président du directoire Bjorn Gulden mercredi dans un communiqué.
« Nous devons réduire les stocks et les remises. Nous pourrons alors recommencer à construire une activité rentable en 2024 », a-t-il ajouté.
La fin des restrictions liées à la pandémie de COVID-19 en Chine devrait doper les ventes des grandes marques de distribution pour lesquelles la Chine est un marché clé. Mais pour Adidas, ce coup de pouce sera probablement annulé par l’impact des déboires avec Yeezy, ce qui rendra difficile la concurrence avec les rivaux Nike et Puma.
Les analystes de Wedbush qui suivent les lancements de nouveaux produits de baskets ont déclaré que Nike est susceptible de prendre des parts de marché à Adidas en l’absence de nouveaux modèles Yeezy.
(Reportage d’Alexander Huebner, rédigé par Friederike Heine, version française Dina Kartit, édité par Blandine Hénault)
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