Côte d’Ivoire : L’Église exprime son désaccord face à la nouvelle ordonnance de l’État
Le Conseil des Apôtres de Côte d’Ivoire (CACI) a tenu, le mardi 18 février 2025, une conférence de presse à Cocody pour exprimer ses préoccupations face à l’ordonnance n°2024-368 du 12 juin 2024, régissant les organisations de la société civile (OSC).

Cette conférence, co-animée par son vice-président, l’Apôtre Marc-Antoine Zando, et ses membres fondateurs, les Apôtres Mohamed Sanogo et Jeanne Monney, a réuni plusieurs leaders religieux ainsi que l’honorable Assalé Tiémoko, député de Tiassalé.
Une ordonnance jugée inadaptée aux réalités cultuelles
L’ordonnance en question fixe de nouvelles règles pour les associations, ONG, fondations et organisations cultuelles. Si le CACI reconnaît la volonté du gouvernement d’encadrer la vie associative, il estime que certaines dispositions du texte doivent être révisées afin de mieux répondre aux spécificités des structures religieuses.
L’Apôtre Marc-Antoine Zando a ainsi critiqué la méthode d’adoption de l’ordonnance, affirmant qu’elle a été prise sans consultation préalable des acteurs concernés. Il plaide pour une concertation approfondie afin de garantir un cadre juridique plus inclusif et respectueux des libertés cultuelles.

Huit points de préoccupation majeurs
Lors de la conférence, les responsables du CACI ont mis en avant huit points de crispation majeurs liés à l’ordonnance.
Tout d’abord, ils ont dénoncé la méthode d’adoption du texte, en pointant du doigt l’absence de concertation préalable avec les organisations religieuses.
Ensuite, ils ont exprimé leurs préoccupations quant à l’assimilation des structures religieuses aux autres organisations de la société civile, sans reconnaissance de leur autonomie spécifique.
La promotion du genre a également été critiquée en raison d’une disposition jugée ambiguë et potentiellement contraire aux croyances de certaines confessions.

Concernant les dons et legs, le CACI s’inquiète des conditions imposées par le gouvernement, qui pourraient limiter l’indépendance financière des églises.
Par ailleurs, l’exigence d’un rapport annuel d’activité est perçue comme une intrusion administrative dans la gestion des communautés religieuses.
Et, l’obligation d’obtenir une autorisation préalable pour l’intervention des prédicateurs étrangers a aussi été jugée contraignante.
De plus, la restriction imposant une distance minimale entre les lieux de culte et les établissements éducatifs a été critiquée, certains y voyant une mesure discriminatoire.
Enfin, les dispositions relatives à la dissolution des associations cultuelles ont été qualifiées d’excessives et de menaçantes pour la liberté de culte.
Un appel au dialogue avec l’État
Le CACI se déclare alors ouvert à un dialogue avec les autorités pour enrichir l’ordonnance et l’adapter aux réalités des communautés religieuses.
« Cette rencontre est un premier pas. Nous voulons un dialogue ouvert avec l’État pour mieux comprendre ses intentions et faire entendre notre voix. Nous sommes convaincus qu’un terrain d’entente peut être trouvé », a affirmé l’Apôtre Marc-Antoine Zando.
De son côté, l’Apôtre Mohamed Sanogo a rappelé que si l’encadrement des pratiques religieuses est compréhensible, il ne doit pas être perçu comme une restriction des libertés spirituelles. « Nous sommes déjà soumis à des règles strictes, et nous voulons que nos spécificités soient reconnues », a-t-il expliqué.
L’Apôtre Jeanne Monney a, quant à elle, souligné l’importance de clarifier certaines dispositions, notamment celles liées à la promotion du genre et à la gestion des dons, afin d’éviter toute ambiguïté juridique.

Une réforme nécessaire et inclusive
Le Conseil des Apôtres de Cote d’Ivoire (CACI) insiste sur la nécessité d’un cadre législatif qui prenne en compte les particularités des organisations religieuses. Il plaide pour une refonte de l’ordonnance afin d’éviter toute entrave à la liberté de culte et de garantir une meilleure collaboration entre les institutions religieuses et l’État.
Le CACI réaffirme ainsi son engagement à travailler avec le gouvernement pour l’élaboration d’un texte plus adapté, respectueux des principes constitutionnels et des libertés fondamentales. Un dialogue constructif reste la voie privilégiée pour parvenir à un consensus bénéfique à toutes les parties concernées.
Ernest Saint Bénifils
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

