Sommet National du Digital de l’Église Évangélique : Un défi et une opportunité pour l’Église
Dans un monde en pleine mutation digitale, l’Église ne peut rester en marge des transformations technologiques. C’est dans ce contexte que s’est tenu du 25 au 27 février 2025 à Ouagadougou, le Sommet National du Digital de l’Église Évangélique du Burkina Faso. Ce rendez-vous majeur, qui a réuni pasteurs, leaders d’églises, experts en technologie et fidèles engagés sous le thème « L’Église burkinabé dans le métavers », s’inscrit dans un élan de modernisation et d’intégration des outils numériques au sein des pratiques chrétiennes, pour mieux répondre aux défis contemporains.

« Aujourd’hui, personne ne peut se passer du digital. Ces outils sont des leviers puissants pour impacter le monde et diffuser l’Évangile », dixit pasteur Henri Yé, président de la FEME
Les intervenants au sommet de Ouagadougou, ont insisté sur le fait que, dans un monde de plus en plus connecté, l’Église ne peut pas se permettre d’ignorer les possibilités que le digital offre. Des experts en digital ont partagé des études de cas montrant comment d’autres Églises à travers le monde utilisent efficacement les réseaux sociaux, les sites internet, et même les applications mobiles pour diffuser le message chrétien, organiser des cultes en ligne, et maintenir un lien solide avec leurs membres.
Pour le parrain de l’évènement, Dr Isidore Gnatan KINI, Président Directeur Fondateur de U-AUBEN, Université Aube Nouvelle (ISIG International) de Ouagadougou, représenté par son Directeur Général Lancina Ki, le constat est clair : « L’Église doit évoluer avec son temps. Aujourd’hui, sans le digital, sans le numérique, vous ne pouvez pas atteindre le plus grand nombre, » a-t-il souligné.

Le 1er Vice-président de l’Assemblée Législative de Transition, David Lompo ( à gauche) et le représentant du parrain, Lancina Ki, DG de Aube Nouvelle ( à droite)
À travers les plateformes numériques, les réseaux sociaux et les outils digitaux, la mission évangélique peut toucher un public plus large, au-delà des murs des temples et des assemblées traditionnelles. « Nous avons aujourd’hui un puissant levier pour que la parole de Dieu atteigne toutes les couches sociales. Félicitations aux organisateurs et que cette rencontre soit un véritable tournant pour l’Église ! », a-t-il laissé entendre.
Le pasteur Jacques Kaboré, l’un des principaux intervenants, a rappelé l’importance pour l’Église de s’adapter aux nouveaux modes de communication : « Jésus nous a appelés à aller aux extrémités de la terre. Aujourd’hui, ces extrémités incluent aussi les espaces numériques. Nous devons être présents et pertinents sur ces plateformes ».
Dans un contexte où plus de 4 000 villages burkinabés ne disposent pas encore d’églises évangéliques, le Pasteur Yé, président de la Fédération des Missions et Églises Evangéliques, a insisté sur le fait que le digital au-delà d’être un outil de communication, est un moyen puissant de propagation de l’Évangile. « C’est un moyen d’atteindre ceux qui n’ont pas encore entendu la parole de Dieu, de propager la bonne nouvelle au-delà des frontières, et de rassembler une communauté mondiale dans la foi », a-t-il déclaré avec conviction.
Plusieurs thèmes ont été abordés lors des sessions plénières. Les participants ont été sensibilisés à l’importance de la présence chrétienne sur les réseaux sociaux, à l’utilisation des podcasts pour toucher un plus grand nombre de personnes et à l’exploitation de l’intelligence artificielle pour créer du contenu inspirant, offrant ainsi une boîte à outils complète pour les pasteurs et les responsables d’Église.
Les ateliers interactifs ont permis aux participants de découvrir des outils tels que GodTools et YouVersion pour partager l’Évangile plus efficacement. La question de la cybersécurité a également été abordée afin de sensibiliser les chrétiens aux dangers du web et à la protection de leurs données personnelles.
Une place importante a été donnée à la question de l’éthique chrétienne face à la révolution numérique. Les communicateurs ont insisté sur l’importance de rester fidèles à la mission évangélique dans un espace virtuel où la tentation de détourner les messages et d’altérer les valeurs chrétiennes peut être forte.

« Si l’Église ne saisit pas les opportunités du digital, d’autres le feront à sa place », avertit le Coordonnateur Afrique de la stratégie digitale, pasteur Kelly Londoni
Pour le Coordonnateur Afrique de la stratégie digitale, le pasteur Kelly Londoni : « Nous vivons dans un monde où le digital façonne nos interactions. Si l’Église ne saisit pas ces opportunités, d’autres le feront à sa place », a-t-il averti, rappelant que les nouvelles technologies peuvent être utilisées à bon escient pour l’évangélisation et la formation des fidèles.
Interrogé sur ses impressions après le sommet, le Pasteur Ardjima Haro, président des Eglises Evangéliques SIM du Burkina Faso, a souligné un constat frappant : « Le digital est très important si nous voulons accomplir efficacement la Grande Commission. Si nous savons l’utiliser intelligemment, il devient un outil puissant pour l’évangélisation et l’édification des croyants. Mais ce qui nous a marqués, c’est que beaucoup de leaders ont peur du digital. Ils en voient plus les inconvénients que les avantages. »

Le président de la FEME, pasteur Yé, remettant une attestation de participation au pasteur Haro, président des Eglises Evangéliques SIM du Burkina
Dans son discours de clôture, le président de la FEME, a lancé un appel à l’action : « Ne laissez pas tout ce que vous avez appris être relégué au fond de vos tiroirs », a-t-il exhorté les participants. L’objectif, selon lui, est de créer un cycle continu d’apprentissage et de partage, où chaque participant deviendrait un acteur du changement au sein de l’Église, en utilisant les outils numériques pour transmettre la foi.
Avec ce sommet, l’Église évangélique du Burkina Faso amorce un tournant décisif. La mobilisation générale et l’engouement des participants témoignent d’une volonté ferme de faire du digital un vecteur puissant de l’Évangélisation.
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Emmanuel LANKOANDE
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