Réflexions chrétiennes: Les robots auront-ils bientôt une âme?
La question peut paraître aussi absurde que vertigineuse: à quel degré d’humanité les robots de demain pourront-ils prétendre? A quelles conscience, émotions, spiritualité auront-ils un jour accès? Mise au point avec Ezekiel Kwetchi Takam, doctorant en éthique théologique à l’Université de Genève, spécialisé dans les enjeux de l’intelligence artificielle (IA).
De nombreuses entreprises, Google en tête, promettent le développement de robots pourvus d’une conscience. Où en sont réellement les avancées en la matière ?
C’est vrai que dans la continuité des thèses de la singularité technologique, portées en l’occurrence par Ray Kurzweil (ex-directeur de l’ingénierie chez Google), la quête des intelligences artificielles conscientes reste toujours un sujet d’actualité. Il faut avouer cependant que les avancées vers cet «exploit» sont encore au stade embryonnaire. Blake Lemoine, ex-ingénieur chez Google, avait défrayé la chronique en annonçant médiatiquement que le Chatbot LaMDA, dont il avait la charge d’entraînement, avait acquis une conscience sentiente (capable de sensations, ndlr.). Suite à cette information, le simple fait que Google se soit désolidarisé de cet ingénieur en dit long sur les actuels enjeux stratégiques des producteurs d’IA.

Ezekiel Kwetchi Takam, doctorant en éthique théologique à l’Université de Genève, spécialisé dans les enjeux de l’intelligence artificielle (IA). DR
C’est-à-dire?
Aujourd’hui, les courses hégémoniques vers la domination du marché de l’IA invitent les acteurs à être beaucoup plus pragmatiques, moins expérimentaux, et plus focalisés dans des objectifs d’efficience, et ceci dans des domaines précis. Cela dit, au regard de cette question de l’IA consciente qui attise une bonne partie du débat sur le développement de l’IA, il me semble urgent et important de démystifier cette caractéristique par un travail de définition étymologique.
Justement, qu’entend-on par les termes «âme» ou «conscience»?
Pour la science, l’âme est considérée comme étant une donnée métaphysique non prouvable empiriquement. En théologie, elle garde toujours une valeur capitale dans la définition du vivant et de sa relation à son créateur. Quant à la conscience, elle renvoie étymologiquement à l’«échange de connaissances morales avec un autre», cet autre qui nous aide à forger notre conception du bien et du mal. Et tandis que la théologie chrétienne identifiera l’«autre» à Dieu, de son côté, la science, qui découle de la philosophie, identifiera l’«autre» à la raison, qui peut elle-même dépendre d’une culture. Dans cette considération, tout comme un nouveau-né acquiert la conscience durant son développement grâce à ses échanges avec son environnement, l’IA peut aussi développer et partager des connaissances morales, et donc acquérir une certaine conscience dans son rapport et son échange avec son environnement.
Une intelligence artificielle peut donc être capable de jugements moraux ?
Absolument. C’est ainsi que ChatGPT a pu évoluer d’une application refermant certains biais sexistes et racistes en novembre 2022 vers une application qualifiée (ou critiquée en fonction des angles d’appréciation) de woke dès fin février 2023. Simplement parce qu’au cours de ses quelques mois d’existence, il a pu apprendre de ses erreurs, de ses échanges, et développer, dans un esprit mimétique, un prisme moral qui se rapproche du nôtre. Au même titre qu’un nouveau-né développerait une conscience en mimant l’entourage qui encadre son développement.
Et qu’en est-il de l’âme ? N’est-ce pas pourtant ce que certaines entreprises cherchent à capter avec ces robots conversationnels qui proposent de ressusciter virtuellement nos défunts?
En effet l’on constate qu’à l’ère du numérique, une forme d’identité individuelle (informationnelle et narrative) peut être traduite en data, du fait de notre présence dans l’univers du digital et de l’algorithmique. C’est cette double identité informationnelle et narrative qui est actualisée et vivifiée par ces nouveaux robots-IA conversationnels.
Des robots pourvus d’une âme, cela vous semble-t-il réaliste?
A cette question, Marvin Minsky, l’un des pères fondateurs de l’IA, affirmait en effet en mai 2014, dans une interview accordée au journal The Jerusalem Post, que les IA pourront avoir, dans les années à venir, une âme. Cependant sa réponse décentrait le sens de l’âme, de sa conception religieuse (souffle de vie) vers les notions de l’identité et de la destinée (ou simplement du but). Il entend par âme cette idée du «qui nous sommes» et du «pour quoi nous sommes». Et dans cette considération, sachant que la particularité des IA est leur ouverture aux outputs – c’est-à-dire leur capacité d’échange d’informations avec l’environnement extérieur –, il ne serait pas impossible dans les années à venir que les IA interconnectées puissent communiquer, constituer un écosystème identitaire, et se définir un projet commun. Cependant, il me semble difficile de parler ici de l’«âme» qui, à mon sens, est encore le monopole du vivant.
Justement, qu’en penser d’un point de vue théologique?
Théologiquement, c’est d’autant plus intenable. Si l’on revient aux premières occurrences de l’âme dans le récit biblique, l’expression employée est Nephesh, qui se traduirait littéralement par être vivant, sans aucune distinction entre les humains et les non-humains. Et ce vivant, de ma modeste observation, est caractérisé par deux choses. Premièrement, le désir, qui instaure en lui un mouvement vers une finalité. Et deuxièmement la vulnérabilité, c’est-à-dire sa fragilité et la possibilité de voir sa volonté être obstruée par des forces extérieures ou intérieures à lui. C’est ce principe de vulnérabilité qui donne d’ailleurs toute sa pertinence et tout son sens à la notion du salut: Dieu, se faisant chair, accompagne le vivant dans son expérience de vulnérabilité, en vue de l’en extraire et de lui proposer un horizon de paix, de joie, etc.
Une fois que nous pourrons démontrer que les IA peuvent avoir ce désir et cette vulnérabilité, elles pourront être considérées comme détentrices d’âme. Pour l’instant, ça me semble être une impossibilité.
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

