Mike Pence, chrétien évangélique, s’oppose à la nomination de Robert Kennedy Jr.
Mike Pence, chrétien évangélique engagé et ancien vice-président américain, s’oppose à la nomination de Robert Kennedy Jr. au poste de ministre de la Santé par Donald Trump.
Le président Donald Trump a annoncé, jeudi 14 novembre, nommer Robert F. Kennedy Jr (RFK), neveu du président assassiné John F. Kennedy et ancien avocat connu pour propager des théories du complot, au poste de ministre de la santé.

Mike Pence (en photo avec sa femme Karen) a subi un test de dépistage du nouveau coronavirus dont le résultat est négatif, a annoncé vendredi son porte-parole, quelques heures après l’annonce de la contamination du président Donald Trump et de sa femme Melania, placés en quarantaine. /Photo d’archives/REUTERS/Ints Kalnins
L’ancien vice-président américain Mike Pence a exhorté vendredi les Républicains du Sénat à voter contre la nomination par le président élu Donald Trump, de Robert F. Kennedy, Jr. au poste de Secrétaire du Ministère américain de la Santé et des Services sociaux, citant son point de vue sur l’avortement.
« L’administration Trump-Pence a été ouvertement pro-vie pendant nos quatre années au pouvoir. Il y a des centaines de décisions prises au HHS chaque jour qui conduisent notre nation vers le respect de la vie ou s’en éloignent, et le HHS sous notre administration a toujours défendu la vie », a déclaré Pence dans un communiqué via son organisation à but non lucratif Advancing American Freedom.
« Je crois que la nomination de RFK Jr. au poste de secrétaire du HHS est un départ abrupt du bilan pro-vie de notre administration et devrait être profondément préoccupante pour des millions d’Américains pro-vie qui ont soutenu le Parti républicain et nos candidats pendant des décennies », a poursuivi Pence.
Mike Pence a affirmé que pendant la majeure partie de sa carrière, Robert Kennedy a « défendu l’avortement sur demande pendant les neuf mois de la grossesse, soutenu l’annulation de la décision Dobbs et appelé à une législation pour codifier Roe v. Wade », et qu’il serait « le secrétaire républicain du Département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis le plus pro-avortement de l’histoire moderne » s’il était confirmé.
« Le mouvement pro-vie s’est toujours tourné vers le parti républicain pour défendre la vie, pour affirmer qu’un enfant à naître a un droit fondamental à la vie qui ne peut être enfreint. »
Affirmant qu’il parlait « au nom de dizaines de millions d’Américains pro-vie », Mike Pence a exhorté les Républicains du Sénat à « rejeter cette nomination et à donner au peuple américain un leader qui respectera le caractère sacré de la vie en tant que secrétaire à la Santé et aux Services sociaux ».

Mike Pence à Washington, États-Unis. /Photo prise le 31 mars 2023/REUTERS/Kevin Lamarque
Robert Kennedy a été incohérent dans sa position publique sur l’avortement, affirmant en mai qu’il permettrait aux femmes de se faire avorter même à terme, bien qu’il ait par la suite déclaré qu’il ne soutenait l’avortement que jusqu’au point de viabilité fœtale.
D’autres conservateurs chrétiens ont exprimé leur inquiétude au sujet de la nomination de Kennedy, notamment Daniel Darling, directeur du Land Center for Cultural Engagement au Southwestern Baptist Theological Seminary, qui a précédemment travaillé au sein de la branche politique publique de la Southern Baptist Convention.
« Si c’est vrai, c’est un coup dur pour les conservateurs sociaux », a écrit Darling dans un post de X. « Il est pour l’avortement jusqu’à la naissance.
Approbation de la pilule abortive par la FDA.
Le département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis, qui est un département de l’administration américaine chargé de la politique en matière de santé, touche beaucoup de conservateurs politiques et de pro-famille.
Lila Rose, présidente du groupe d’activistes pro-vie Live Action, a souligné que le secrétaire du département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis est « en charge de pratiquement tout ce qui concerne
l’avortement » dans la branche exécutive du gouvernement fédéral.

Mike Pence à Des Moines. /Photo prise le 3 juin 2023 à Des Moines, aux États-Unis/REUTERS/Dave Kaup
Tom Buck, pasteur de la First Baptist Church de Lindale, au Texas, et directeur de G3 Ministries, a déclaré que la nomination de Kennedy « invite à un jugement supplémentaire sur notre nation ! »
« Beaucoup m’ont dit que voter pour Trump serait bien parce qu’il ne nommerait pas de personnes pro-avortement à des postes comme celui-ci », a écrit Buck sur Twitter. « Mais nous y sommes ! RFK Jr. soutient l’avortement jusqu’à la naissance, le rétablissement de Roe à l’échelle nationale et de la pilule abortive !
Lorsque Trump a annoncé jeudi que Kennedy était son choix pour diriger le HHS, la nouvelle a fait chuter les actions pharmaceutiques alors que certains experts de la santé ont exprimé leur consternation face à ce choix.
La nomination de Kennedy a également été condamnée par le comité de rédaction du New York Post, qui l’a qualifié de « fou sur beaucoup de fronts ».
Kennedy, qui s’est présenté en tant que candidat indépendant à la présidence avant de se retirer pour soutenir Trump, a fait de l’épuration de la corruption dans la bureaucratie fédérale de la santé une partie importante de son programme. Son livre de 2021 The Real Anthony Fauci : Bill Gates, Big Pharma, and the Global War on Democracy and Public Health accuse l’ancien directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses, Anthony Fauci, de corruption et de dissimulation concernant le COVID-19 en particulier.
« Pendant trop longtemps, les Américains ont été écrasés par le complexe alimentaire industriel et les sociétés pharmaceutiques qui se sont livrées à la tromperie, à la désinformation et à la désinformation en matière de santé
publique », a déclaré Trump dans son annonce concernant Kennedy.

Mike Pence, réagissant à des propos de Donald Trump qui lui reproche depuis de longs mois de ne pas avoir empêché Joe Biden de lui succéder. /Photo prise le 30 novembre 2021/REUTERS/Jonathan Ernst
En octobre dernier, Mike Pence a été le premier candidat parmi les challengers de Trump aux primaires républicaines de 2024 à se retirer de la course, des mois après que l’ancien animateur de Fox News, Tucker Carlson, l’ait interrogé sur son soutien à l’implication des États-Unis en Ukraine.
« Je n’ai aucun regret », a déclaré Pence après avoir abandonné. « La seule chose qui aurait été plus difficile que d’échouer, c’est si nous n’avions jamais essayé du tout ».
Lors d’une récente interview avec le journaliste de NPR Steve Inskeep, Mike Pence a refusé de dire s’il croyait toujours que Trump était « un homme bon », ce qu’il a affirmé lors d’un discours à la Convention nationale républicaine de 2016 à Cleveland, dans l’Ohio.
« Je crois vraiment que seul Dieu connaît nos cœurs, et je laisserai à d’autres le soin de faire leurs propres jugements », a-t-il déclaré après avoir affirmé qu’il pensait que Trump avait tort de croire qu’il avait le pouvoir d’annuler l’élection présidentielle de 2020.
Jon Brown, journaliste pour The Christian Post. Traduit en français pour le Journal Chrétien par Terza LOUP.
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

