Les églises réformées de Suisse sont appelées à enquêter sur les abus sexuels
Suite aux révélations de l’enquête menée en Allemagne sur les abus commis au sein de l’Eglise protestante, les Eglises réformées de Suisse sont appelées à enquêter également sur leur passé. Une introspection qui s’avère complexe.
Qu’en est-il des archives des Eglises réformées de Suisse? Alors que la faitière nationale regroupe 24 Eglises cantonales, chacune d’entre elles conserve son autonomie. Et de fait, ses propres archives. De plus, dans de nombreux cantons, les employés de l’Eglise étaient des fonctionnaires de l’Etat pendant tout le XXIe siècle.
«L’Église évangélique réformée du canton de Vaud n’a la qualité d’employeur que depuis 2007, auparavant les ministres étaient sous l’autorité directe de l’État de Vaud», rappelait d’ailleurs, en octobre dernier dans 24 Heures, sa présidente Anne Abruzzi. L’Etat de Vaud aurait-il donc un rôle à jouer si la décision était prise d’ouvrir une enquête similaire dans les cantons suisses? Interview de Pascal van Griethuysen, délégué aux Affaires religieuses du canton de Vaud.
Sur le canton de Vaud, l’EERV n’a eu le statut d’employeur qu’à partir de 2007. Il incomberait donc à l’Etat de Vaud d’ouvrir ses archives ?
S’il en est requis, l’Etat ouvrira volontiers ses archives pour un travail d’étude concernant l’EERV, pour autant qu’elles existent encore. Cela étant, il faut rappeler que depuis les années 60 à tout le moins, l’EERV dispose d’une autonomie d’organisation importante, notamment s’agissant de son personnel.
Les ministres n’étaient-il pas alors sous la responsabilité de l’Etat?
Les ministres du culte étaient, jusqu’en 2003, nommés par les assemblées de paroisses, le Conseil d’Etat ne faisant que ratifier leur élection. En outre, dès 1999, cette compétence a été confiée au Conseil synodal. Ce sont donc surtout les archives de l’Eglise elle-même qui permettraient un travail de recherche sur son passé, bien plus que celles de l’Etat.
Si l’Etat de Vaud se tient disposé à ouvrir ses archives, est-il pour autant prêt à le faire, pratiquement parlant?
Concernant l’aspect pratique, il n’est pas possible, dans un délai aussi court, d’entreprendre des recherches sur ce qui existe encore. Ce travail sera effectué si l’Etat en est requis.
L’Etat de Vaud devrait-il demander l’autorisation à l’EERV au préalable ou est-il le seul propriétaire de ces archives?
L’Etat est seul ayant droit de ses archives.
Quels genres de documents seraient alors utilisables?
Encore une fois, il est impossible de répondre à cette question en l’état, car elle nécessiterait d’une part qu’une requête soit formulée à l’Etat, et d’autre part, que des recherches soient entreprises, ce qui prendrait un certain temps.
En tant que délégué aux affaires religieuses du canton de Vaud, en appelez-vous à pareille démarche?
Il ne m’appartient pas de me prononcer sur cette question. L’EERV est une institution autonome et c’est à elle qu’il appartient de déterminer si elle doit procéder à une démarche de ce type.
Avant 2007, l’EERV était-elle néanmoins tenue de remonter tout cas problématique à l’Etat?
Non. L’Etat finançait l’EERV et notamment les postes des ministres du culte, comme il a d’ailleurs continué à le faire par la suite au travers de la subvention, mais n’intervenait pas dans la gestion de l’EERV, et encore moins dans les problématiques liées au personnel.
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

