Le militant des droits de l’homme, Floribert Bwana Chui, martyr de l’intégrité, béatifié à Rome
Dix-huit ans après son assassinat brutal, Floribert Bwana Chui Bin, jeune fonctionnaire congolais des douanes, a été solennellement béatifié ce samedi à Rome le 15 juin 2025. Déclaré « martyr de l’honnêteté et de l’intégrité morale » par le pape François en novembre 2024, ce membre engagé de la communauté « Sant’Egidio » devient aujourd’hui un symbole universel de résistance à la corruption.

Le 9 juillet 2007, son corps mutilé est découvert sur les rives du lac Kivu, à Goma, en République démocratique du Congo. Âgé de 26 ans, Floribert Bwana Chui Bin venait de refuser l’entrée d’un convoi de riz avarié destiné à la consommation.

Malgré les menaces et les pots-de-vin proposés, il avait ordonné la destruction de la cargaison. Son geste courageux lui coûta la vie. Issu d’une famille chrétienne aisée, Floribert Bwana Chui se distingue très tôt par une foi vive et un engagement social profond.

Étudiant en droit, militant des droits de l’homme auprès des enfants des rues de Goma, il rejoint « Sant’Egidio » en 2000, séduit par sa mission pacificatrice et humanitaire.

Nommé directeur local des douanes en 2007, il voit rapidement les rouages d’un système corrompu auquel il refuse de se plier. « Plutôt mourir que mettre en danger la vie de mes frères », disait-il à ses proches. Il mourra fidèle à cette parole.

Sa droiture, vécue dans une simplicité évangélique, suscite une vive émotion dans tout le pays. L’Église catholique congolaise introduit donc sa cause de béatification en 2016.

En le proclamant bienheureux, l’Église ne célèbre pas seulement un héros congolais, mais un modèle contemporain de fonctionnaire incorruptible, un prophète discret dont la foi vécue dans l’ordinaire éclaire les sentiers de la justice.

Floribert Bwana Chui rejoint ainsi la cohorte des martyrs modernes, ces témoins de l’Évangile qui, sans tapage ni visions, ont choisi de ne pas trahir leur conscience. Un exemple lumineux pour les jeunes générations du Congo… et d’ailleurs.
Ernest Saint Bénifils
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