Justice pour une famille chrétienne assassinée en Inde
En Inde, un couple chrétien et leur fille cadette ont été assassinés par des extrémistes hindous. Le fils survivant réclame justice, dans un contexte de violence à l’encontre des chrétiens qui atteint des niveaux historiques.
Dans l’est de l’Inde, une famille convertie au christianisme, a été cruellement assassinée. Le fils survivant réclame une enquête au niveau de l’État sur le meurtre de sa mère, de son père et de sa sœur.
Alors que la police locale traite l’affaire comme un conflit foncier, CSI a appris que l’attaque avait été précédée de menaces ciblées contre la famille en raison de sa conversion. L’incident survient en outre à un moment où la violence à l’encontre des chrétiens atteint un niveau historiquement élevé.
La version d’un « conflit foncier » a été avancée par la fille aînée, qui ne s’est pas convertie au christianisme ; elle était déjà mariée et ne vivait plus chez ses parents.
Selon le fils survivant, qui se trouvait à l’université au moment de l’attaque, le crime était toutefois clairement motivé par le fait que sa famille s’était détournée de sa religion d’origine.
Aujourd’hui, lui et d’autres membres de la communauté chrétienne locale de l’État fédéré d’Odisha font pression pour que l’enquête soit menée au niveau de l’État. Ils insistent sur le fait qu’une enquête équitable doit également prendre en compte un motif religieux.
Tués pour leur foi
Les victimes, Jitendra Soren (45 ans), sa femme Malati Soren (35 ans) et leur fille Sasmita Soren (15 ans) ont assisté à un office religieux le matin du 25 janvier 2026… jour où ils ont été tués. Ils s’étaient convertis au christianisme sept mois plus tôt, après que Jitendra a été guéri d’une longue maladie à la suite d’une prière d’un pasteur.
Le 25 janvier donc, en début d’après-midi, ils sont rentrés chez eux dans le village de Nialijharan, dans le district de Keonjhar (État fédéré d’Odisha). Ils se reposaient après le déjeuner lorsque des assaillants armés de bâtons de bambou et d’une hache ont fait irruption dans leur maison.
Peu avant cet après-midi fatidique, Jitendra Soren avait prié pour la fille malade d’un parent, ce qui avait entraîné sa guérison. Incité par des forces nationalistes hindoues, ce parent l’a alors accusé de sorcellerie. Ce parent est aujourd’hui considéré comme un suspect.
Les autorités ont arrêté jusqu’à présent trois suspects : Baidyanath Soren, son fils Sudam Soren ainsi que Laxman Soren, le frère cadet de Jitendra, la victime.
Une demande d’enquête indépendante
Selon les informations de CSI, les autorités n’envisagent pour l’instant aucun motif religieux. La fille aînée de la famille, Pana Soren, qui est mariée et n’est pas chrétienne, a porté plainte et a attribué le meurtre à un conflit concernant des terres familiales.
Le fils survivant, Sugdha Soren, âgé de 17 ans et scolarisé dans la capitale Bhubaneswar, a en revanche rapporté que des proches s’étaient souvent opposés aux pratiques religieuses de la famille, notamment à la fréquentation régulière de l’église, et avaient même proféré des menaces de mort avant les meurtres. Selon Sugdha, les différends antérieurs concernant les terres avaient toujours été réglés pacifiquement. Il a demandé au chef de la police du district de Keonjhar de confier l’enquête à une autorité fédérale indépendante, car la plainte ne reflète pas le contexte complet de l’incident.
De nombreux chrétiens locaux soutiennent Sugdha et se sont rassemblés devant la maison de la famille après les meurtres pour manifester leur solidarité avec ses revendications.
Multiplication des attaques contre les chrétiens
Ces meurtres surviennent dans un contexte d’attaques croissantes contre les chrétiens. Des rapports indiquent que des sépultures chrétiennes, en particulier celles appartenant à des communautés tribales, sont profanées et que les corps sont enlevés, souvent par des villageois influencés par des groupes nationalistes hindous. Ces actes sont fréquemment justifiés par le fait que les sépultures chrétiennes enfreignent les traditions locales ou qu’il existe des conflits concernant l’utilisation des terrains du cimetière.
Le district de Keonjhar compte une importante population tribale. Depuis près d’une décennie, les chrétiens issus de ces communautés sont la cible d’attaques menées par des groupes nationalistes hindous qui tentent d’intégrer davantage les communautés tribales dans la communauté religieuse hindoue par le biais de campagnes culturelles, d’influence religieuse et de mobilisation au niveau des villages.
Nombre de ces communautés suivent traditionnellement leurs propres systèmes de croyances, qui englobent le culte des ancêtres, le culte de la nature et les divinités locales, et qui se sont développés indépendamment de l’hindouisme classique.
Les communautés tribales représentent environ 9 % des 1,4 milliard d’habitants de l’Inde. Selon les analystes politiques, elles revêtent une importance particulière pour les partis, car elles ne se sont jusqu’à présent pas vraiment ralliées à des camps idéologiques.
Les groupes nationalistes hindous tentent de s’assurer ce soutien en rejetant les conversions religieuses et en exigeant que les membres des tribus qui se convertissent au christianisme perdent leur droit aux programmes d’aide de l’État.
Augmentation de la violence contre les chrétiens
Ce triple meurtre s’est produit moins d’un mois après que l’organisation United Christian Forum eut à nouveau signalé une année marquée par le plus haut niveau de violence contre les chrétiens depuis l’indépendance de l’Inde en 1947.
Les données montrent une augmentation constante du nombre d’incidents : 486 cas en 2021, 601 en 2022, 734 en 2023 et 834 en 2024. Pour 2025, le nombre est estimé à près de 900, bien que le rapport annuel officiel ne soit pas encore publié.
Le parti au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (BJP), qui gouverne depuis plus d’une décennie au niveau national ainsi que dans plusieurs États fédérés, dont l’Odisha, est accusé de faire pression sur la minorité chrétienne dans le cadre d’une stratégie politique. Les détracteurs affirment que cela sert à mobiliser l’électorat hindou et à orienter davantage le discours politique vers la religion et le nationalisme plutôt que vers la gouvernance et la responsabilité.
Anugrah Kumar
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