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Démission fracassante de la théologienne Sabine Brändlin

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La démission suspecte de Sabine Brändlin, l’une des sept membres de l’Exécutif de l’Église évangélique réformée de Suisse (EERS), révèle l’existence d’une plainte traitée au sein du Conseil et dirigée contre son président Gottfried Locher, déjà largement critiqué pour des propos sexistes et déplacés par le passé. Explications.

La lumière commence à se faire autour de la démission fracassante de la théologienne Sabine Brändlin, qui avait claqué la porte du Conseil de l’Église évangélique réformée de Suisse (EERS), avec effet immédiat, le 24 avril dernier. Alors que le communiqué de presse de l’institution ne mentionnait même pas le nom de la membre démissionnaire, la pasteure avait quant à elle invoqué «des raisons privées» ainsi que des «divergences insurmontables».

Le sujet de ces désaccords est en effet aujourd’hui connu et celui-ci a directement trait à un dossier délicat traité actuellement au sein de l’Exécutif. «Nous savons qu’une plainte a été déposée au Conseil de l’Église évangélique réformée de Suisse (EERS), et que celle-ci concerne le domaine des « violations des frontières »», confirme la pasteure zurichoise Rita Famos, au nom des douze théologiens signataires d’une lettre ouverte adressée à l’Exécutif de l’EERS, réclamant l’ouverture d’une enquête indépendante.

Le terme choisi fait référence à la nouvelle stratégie de prévention développée au sein de l’EERS dans le domaine de «la violation des limites et abus sexuels». De plus, selon les révélations du TagesAnzeiger du 19 mai, la personne accusée d’avoir eu un comportement déplacé ne serait autre que le président de l’Église évangélique réformée de Suisse, Gottfried Locher. «Des accusations sont lancées au sein de l’Église selon lesquelles celui-ci aurait outrepassé les limites dans le cadre d’une relation professionnelle», y apprend-on. «Une ancienne employée avait déposé plainte auprès du Conseil de l’EERS, et ce dans un but préventif, afin de protéger d’autres personnes.»

Un silence obligé

L’affaire étant actuellement en cours, tant la plaignante que Sabine Brändlin, qui était jusqu’à sa démission responsable de la prévention de ces abus au sein du Conseil, ne peuvent s’exprimer sur le sujet, en raison de la protection de la vie privée – à laquelle faisait précisément référence le laconique communiqué de l’EERS. «Cette démission est liée à un dossier en cours, qui est traité avec beaucoup de soin par le Conseil, et où le membre démissionnaire s’est récusé la semaine dernière à cause d’une possible partialité», y était-il également précisé.

Contactée après les révélations du TagesAnzeiger, qui ont été largement reprises depuis dans la presse alémanique, l’institution n’entend pas en dire davantage pour l’instant. «En raison des diverses clarifications en cours et des décisions en suspens, le Conseil de l’EERS n’est pas en mesure de fournir de plus amples informations pour le moment», formule Katharina Dunigan, responsable de la communication. Et de pointer encore, qu’en raison de l’interpellation qui a été déposée par différentes Églises cantonales demandant des éclaircissements quant aux dessous de cette étrange démission, et à laquelle le Conseil devra répondre devant son Assemblée législative (le Synode) le 15 juin, celui-ci «ne saurait anticiper sur sa réponse» face à la presse.

Antécédents fâcheux

Si la plainte dont il est question aurait été présentée au Conseil en début d’année, ce n’est visiblement pas la première fois que le plus haut représentant des réformés de Suisse est accusé d’avoir dépassé les limites du convenable avec la gent féminine. «Depuis des années, des rumeurs circulent sur le fait que Gottfried Locher aurait eu un comportement inadéquat envers des femmes», confie la théologienne zurichoise, par ailleurs ancienne concurrente lors de la réélection de Gottfried Locher en 2018.

Même son de cloche du côté du président du Synode, le Neuchâtelois Pierre de Salis: «Avant même sa réélection il y a deux ans, il y avait déjà des affaires et des soupçons un peu gênants qui avaient été émis à l’époque.» Et d’ajouter: «Le problème, c’est que tant que personne ne dépose de plainte pénale, on ne peut pas faire grand-chose. C’est un peu la parole des uns contre la parole des autres. Au fond, cela nous aurait arrangé: ça aurait été plus simple pour tout le monde que ces accusations soient portées devant la justice.»

«Une sexualité active-agressive»

Si l’identité de la plaignante ainsi que le détail des faits qui sont reprochés aujourd’hui au président de l’EERS n’ont pour l’heure pas encore fuité, certains de ses propos avaient déjà défrayé la chronique. En 2014, par exemple, lors de la sortie du livre Gottfried Locher, der «reformierte Bischof» auf dem Prüfstand (Gottfried Locher, «l’évêque réformé» sur le gril), d’aucuns s’étaient indignés de ses déclarations sur la prostitution. «Les hommes satisfaits sont des hommes paisible, c’est pourquoi je dis que nous devrions être reconnaissants envers les prostituées. Elles contribuent à leur manière à la paix.»

Plus troublant, un témoignage personnel, lors de la vague de révélations encouragées par le phénomène #MeToo à l’automne 2017, et relayé sur le site Ref.ch (le portail des réformés alémaniques). Carla Maurer, pasteure de l’Église suisse de Londres, y décrit une expérience irritante avec un «haut représentant de l’Église réformée suisse». Lors d’une conversation collégiale dans un café, ce dernier lui a expliqué que «les hommes ont une sexualité active-agressive et les femmes une sexualité passive. C’est pourquoi les hommes doivent parfois passer à l’offensive pour pouvoir vivre leur sexualité.»

Des propos qui ont mis la jeune femme plus que mal à l’aise. Dans un tel dialogue, «on ne peut que perdre», a-t-elle alors expliqué. Garder le silence sous-entend qu’on est d’accord avec cette affirmation, exposai-t-elle. «Mais si j’avais parlé, j’aurais dû parler de ma sexualité avec ce représentant de l’Église. Cela aurait été absurde.» Interrogé dans la foulée par la Schweiz am Wochenende, Gottfried Locher avait alors admis, par voie de communiqué, avoir partagé «une conversation avec la pasteure Carla Maurer, l’une de mes successeurs à l’Église suisse de Londres» à la même période.

«Crise de confiance»

«Pour l’EERS, cette crise tombe mal», commente Michel Kocher, directeur de Médias-Pro. «D’un côté, le Conseil cristallise des tensions et des divergences entre personnes et entre visions d’église, ce que l’élection mouvementée du président actuel avait rendu sensible. De l’autre côté, le législatif, placé devant une structure qui donne une visibilité nouvelle à la fonction présidentielle, ne peut accepter qu’elle ne joue pas la carte de la transparence», analyse-t-il.

«Nous sommes face à une véritable crise de confiance entre les Églises cantonales et le Conseil de l’EERS», formule à son tour Pierre de Salis, président du Synode. Selon lui, la situation touche à l’exceptionnel: «Lorsque vous avez une interpellation des quatre plus grandes Églises cantonales de Suisse avec douze solides questions de demandes expresses de clarifications qui sont attendues de pied ferme, cela révèle l’ampleur de la tension actuelle.»

En parallèle à cette interpellation, à laquelle devra répondre le Conseil de l’EERS le 15 juin, la présidence du Synode va proposer l’établissement d’une commission temporaire, si les réponses de l’Exécutif ne devaient pas être jugées satisfaisantes lors de l’assemblée. Pierre de Salis précise par ailleurs que la durée règlementaire d’une année, qui avait été avancée par la présidence du Synode pour le compte rendu de cet examen et qui lui a été vivement reprochée, «peut parfaitement être ramenée par le Synode à un délai beaucoup plus court, par voie d’amendement».

Les signataires de la lettre ouverte (dont fait également partie Carla Maurer) réclament quant à eux une enquête indépendante, ainsi que la constitution d’un bureau permanent auquel les personnes victimes de ces comportements déplacés pourront s’adresser. Pour l’heure, malgré la stratégie de prévention mise en place par l’EERS, il n’existe seulement, depuis le début de l’année, qu’une «personne de contact au sein du Secrétariat de l’institution pour les Églises membres», confrontées à ces questions, indique Bettina Beer, chargée désormais de cette fonction. Et de préciser que «le Conseil envisage également de proposer ultérieurement au Synode de faire siennes les diverses recommandations du Conseil aux Églises membres en la matière, afin de leur donner plus de poids.»

Arrêt maladie

Contacté par le TagesAnzeiger suite à ces accusations, Gottfried Locher a répondu qu’il n’était pas en mesure de commenter ces allégations pour cause de maladie. Une déclaration que n’a pas souhaité confirmer l’institution: «En tant qu’employeur, l’EERS doit traiter les faits concernant la personnalité de l’employé comme étant confidentiels. Cela inclut également les questions relatives à la santé.» Quoi qu’il en soit, assure Pierre de Salis, «indépendamment de la présence ou non du président le 15 juin, le Synode traitera cette interpellation. Cela est non négociable.»

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Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien


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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires


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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public 



Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature. 
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme. 
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives. 
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires). 
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne. 

Le piège de l’uniformisation de l'information


L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire); 
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.  
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite. 

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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés. 
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises. 
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