Xinjiang: Après H&M, d’autres marques étrangères sous le feu des critiques en Chine
par Ryan Woo
PÉKIN (Reuters) – D’autres marques étrangères de vente au détail ont fait l’objet de critiques sur les réseaux sociaux en Chine jeudi, dans le sillage de l’offensive de Pékin contre H&M, en raison des préoccupations exprimées par la société suédoise sur la situation dans le Xinjiang.
En début de semaine, la Chine a démenti les allégations de violations des droits de l’homme commises par ses fonctionnaires dans la région occidentale du Xinjiang, après que l’Union européenne, les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada ont imposé des sanctions à leur encontre lundi.
Pékin a répliqué par des sanctions contre des fonctionnaires, des universitaires et des institutions européennes.
Mercredi, les médias d’État chinois ont pointé du doigt H&M pour une déclaration rapportée par les médias l’année dernière, dans laquelle le détaillant suédois se disait profondément préoccupé par les informations de travail forcé au Xinjiang, et affirmait ne pas s’approvisionner en produits provenant cette région.
La raison pour laquelle la déclaration de H&M est revenue sur le devant de la scène n’a pas été clairement établie.
Les entreprises doivent respecter les règles du marché et corriger leurs erreurs, a déclaré jeudi le ministère chinois du Commerce, interrogé sur les réactions contre H&M.
Les allégations de travail forcé dans la région de l’extrême ouest sont sans fondement, a dit le porte-parole du ministère, Gao Feng, lors d’une conférence de presse à Pékin.
FRÉNÉSIE
La frénésie des réseaux sociaux, déclenchée par l’appel du gouvernement à empêcher les marques étrangères de ternir le nom de la Chine, a poussé les internautes à rechercher d’autres déclarations de détaillants étrangers sur le Xinjiang.
Nike s’est ainsi retrouvé sous le feu des critiques depuis mercredi, après que des internautes ont lu un communiqué où l’équipementier sportif se disait « préoccupé » par les rapports sur le travail forcé au Xinjiang et indiquait qu’il n’utilisait pas de coton provenant de la région. Son concurrent allemand Adidas se trouve dans la même situation.
De nombreux internautes ont déclaré qu’ils cesseraient d’acheter des produits Nike et soutiendraient les marques locales telles que Li Ning et Anta, tandis que d’autres sont allés jusqu’à demander à Adidas de quitter la Chine.
L’action Anta Sports Products a bondi de plus de 6% à la Bourse de Hong Kong jeudi, après avoir publié une déclaration indiquant qu’elle continuerait à utiliser du coton provenant du Xinjiang. Le titre Li Ning a quant à lui bondi de plus de 7%.
BOYCOTT
Les internautes ont également pris pour cible la Better Cotton Initiative (BCI), un groupe international qui promeut la production durable de coton, qui avait déclaré en octobre qu’elle suspendait son approbation du coton provenant du Xinjiang pour la saison 2020-2021, en invoquant des préoccupations relatives aux droits de l’Homme.
La Chine produit plus d’un cinquième du coton mondial et le Xinjiang représente environ 87% de la production chinoise.
« Si vous boycottez le coton du Xinjiang, nous vous boycotterons. Soit Adidas quitte la BCI, soit vous quittez la Chine », a écrit un internaute. Parmi les membres de la BCI figurent Nike, Adidas et le groupe japonais Fast Retailing.
Nike, Adidas et la BCI n’ont pas répondu immédiatement aux demandes de commentaires.
En réponse aux critiques, H&M a déclaré mercredi qu’il respectait les consommateurs chinois et qu’il s’engageait à investir et à se développer à long terme en Chine.
Mais jeudi matin, H&M n’apparaissait pas sur certaines cartes de localisation de magasins chinois et une recherche sur Baidu Maps n’a donné aucun résultat. La boutique officielle du détaillant de vêtements suédois sur Tmall d’Alibaba, une plateforme de commerce électronique, était inaccessible.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, le Quotidien du Peuple, le principal journal du Parti communiste, a lancé une campagne sur les réseaux sociaux promouvant le coton du Xinjiang.
Muji, la marque de produits minimalistes qui appartient à Ryohin Keikaku, a déclaré jeudi au Global Times qu’elle utilisait du coton du Xinjiang, ce qui lui a valu les éloges des internautes chinois, qui ont salué son « instinct de survie ».
(Bureau de Pékin, Ryan Woo et Gabriel Crossley, version française Kate Entringer, édité par Blandine Hénault)
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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