Un membre présumé du Hezbollah reconnu coupable du meurtre d’Hariri
par Toby Sterling et Bart H. Meijer
Leidschendam, PAYS-BAS (Reuters) - Le Tribunal spécial des Nations unies pour le Liban (TSL) a déclaré mardi coupable de conspiration un membre présumé du Hezbollah dans l'attentat à la camionnette piégée ayant coûté la vie à l'ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri et à 21 autres personnes en février 2005 à Beyrouth.
"M. Ayyash a joué un rôle central dans l'exécution de l'attaque et y a directement contribué. M. Ayyash avait l'intention de tuer M. Hariri et avait les connaissances requises sur les circonstances de l'assassinat, notamment sur le fait que les explosifs devaient être employés", a déclaré le juge David Re.
Salim Jamil Ayyash risque la prison à vie.
L'ancien Premier ministre libanais, Saad Hariri, également fils de Rafik Hariri, a déclaré qu'il acceptait ce verdict, mais a assuré qu'il ne trouverait pas la paix tant que le coupable ne serait pas châtié.
"Le Hezbollah est celui qui devrait faire des sacrifices aujourd'hui", a-t-il déclaré. "Je le répète: nous ne nous reposerons pas tant que la punition ne sera pas appliquée."
Le TSL, qui siège dans la banlieue de La Haye, aux Pays-Bas, a estimé en revanche qu'il ne disposait pas de preuve de la responsabilité de trois autres accusés, qui ont été acquittés.
Il a également indiqué qu'il n'existait aucune preuve d'une implication de la direction du Hezbollah elle-même ni de la Syrie dans cet attentat.
Rafik Hariri, chef de file de la communauté sunnite qui avait des liens étroits avec les Etats-Unis, des pays occidentaux et des alliés sunnites dans le Golfe, était considéré comme une menace pour l'influence de l'Iran et de la Syrie au Liban.
<p />
PAS DE PREUVE DIRECTE DE L'IMPLICATION DE LA SYRIE
Le tribunal a estimé "que la Syrie et le Hezbollah auraient pu avoir des raisons d'éliminer M. Hariri et ses alliés politiques".
"Cependant, il n'existe aucune preuve de quelque implication que ce soit de la direction du Hezbollah dans le meurtre de M. Hariri et il n'y a pas non plus de preuve directe d'une implication syrienne", a déclaré le juge David Re, en lisant un compte-rendu de la décision du tribunal.
L'assassinat de Rafic Hariri le 14 février 2005 à Beyrouth, a plongé le Liban dans sa plus grave crise depuis la guerre civile (1975-1990), entraînant le retrait des troupes syriennes et ouvrant la voie à des années de confrontation entre les différents courants politiques du pays.
L'Arabie saoudite, puissance musulmane sunnite, a déclaré que le verdict marquait le début de l'accomplissement de la justice et que "le Hezbollah et ses éléments terroristes" devaient être punis.
Le ministère israélien des Affaires étrangères a qualifié la décision de "sans équivoque" et a déclaré que le Hezbollah avait "pris en otage l'avenir des Libanais au service des intérêts étrangers".
Le Hezbollah, mouvement armé chiite soutenu par l'Iran, nie toute implication dans cet attentat à la camionnette piégée.
"Je suis très déçu [du verdict], comme beaucoup de Libanais", a déclaré Ahmad Sayed, un Libanais de 36 ans venu d'Allemagne pour assister au procès au Pays-Bas.
"Quinze ans que nous attendions ce verdict et il est très insuffisant. Nous n'aimons pas cette décision", a-t-il ajouté.
L'issue de ce procès a été éclipsée par l'énorme explosion du début du mois dans la capitale libanaise, qui a fait 178 morts et des milliers de blessés et exacerbé la colère de la population contre l'élite politique.
Le verdict, dont la lecture entamée dans la matinée devrait durer plusieurs heures, pourrait encore accentuer les divisions d'une société libanaise polarisée, dans un pays déjà confronté à une crise économique sans précédent, qui fait également face à une recrudescence de l'épidémie de COVID-19 et aux retombées de la catastrophe du 4 août.
Le gouvernement libanais soutenu par le Hezbollah et ses alliés a démissionné la semaine dernière, six jours après l'explosion dans le port de Beyrouth.
Attendue il y a deux semaines, la décision du TSL avait été repoussée après cette catastrophe.
Les quatre suspects, jugés par contumace, sont passibles de la prison à vie.
<p />
(Version française Jean Terzian, Myriam Rivet et Laetitia Volga, édité par Jean-Philippe Lefief et Jean-Michel Bélot)
<a href="https://chretiens.com/"><img src="" alt="tagreuters.com2020binary_LYNXNPEG7H0VW-FILEDIMAGE"></a>
POURQUOI SOUTENIR LE JOURNAL CHRÉTIEN ?
Lancé le 10 février 2003, le Journal Chrétien est historiquement le premier média pure player chrétien francophone, c’est-à-dire un média d'information et d'opinion d'inspiration chrétienne qui diffuse ses contenus exclusivement sur Internet, sans édition papier.Caractéristiques principales du Journal Chrétien :
- Pionnier du web : Lancé le 10 février 2003, le Journal Chrétien s'est imposé comme le précurseur de l'information chrétienne francophone en continu 24h/24 sur internet.
- Indépendance éditoriale : Le Journal Chrétien est un média indépendant qui n'appartient à aucun grand groupe industriel ni aucune église en particulier, et ne reçoit aucune aide financière de l'État.
- Modèle économique : Afin de préserver sa gratuité et sa liberté de ton face aux conflits d'intérêts, le Journal Chrétien s'appuie largement sur le soutien et le financement participatif de sa communauté de lecteurs.
- Ligne éditoriale : Le Journal Chrétien propose un traitement de l'actualité généraliste et religieuse quotidienne à travers le prisme des valeurs chrétiennes. Ses publications visent à éclairer les consciences pour promouvoir une société fraternelle et juste. Ses rubriques couvrent le suivi de l'actualité des chrétiens dans le monde, la vie des églises, ainsi que des analyses de fond.
- Format numérique : En tant que service de presse en ligne, il utilise des contenus web natifs tels que des articles écrits par ses journalistes dans des sections thématiques (politique, économie, sport, société, Sciences et technologies) et des dépêches d’agences de presse.
- Editeur de la chaîne de télévision chrétienne protestante Chrétiens TV qui est diffusée sur le canal 483 de l'opérateur Free.
- Reconnaissance officielle : Le titre est reconnu comme un service de presse en ligne par la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP) du Ministère de la Culture. Il est également membre du Syndicat de la presse indépendante d'information en ligne (SPIIL).
Il fait partie des sources d’information officielles de Google Actualités ou Google News depuis 2006.
Le site internet officiel du média est accessible à l'adresse chretiens.com.
Alors si vous estimez comme nous que notre plateforme chrétienne est indispensable, nous vous implorons de continuer à nous soutenir sur https://www.jefaisundon.com


