Sans fêtes ni photographes, Paris se prépare à une Fashion Week virtuelle
PARIS (Reuters) – Pandémie oblige, la Fashion Week qui se tient la semaine prochaine à Paris sera bien différente des précédentes éditions. Pas de podium dans des lieux symboliques de la ville, pas de fashionistas courant de défilé en fête, mais une manifestation virtuelle qu’expérimente la Haute couture pour espérer conserver ses clients.
Des marques comme Christian Dior ou Valentino vont s’essayer à ce nouveau modèle, avec des défilés en vidéoretransmission étalés entre lundi et mercredi prochain.
L’initiative a contribué à maintenir l’activité des fournisseurs de tissu et des artisans; pour d’autres en revanche, cette innovation en temps de coronavirus n’aura pas d’effet bénéfique.
« L’impact de cette Fashion Week virtuelle sur notre activité est grave puisque nous n’aurons aucun client à conduire », dit Guillaume Connan, qui gère une société de limousines qui transporte habituellement les spectateurs de ces défilés.
En temps normal, les Fashion Weeks parisiennes génèrent chaque année un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros, selon les chiffres de la Fédération de la haute couture et de la mode.
« Le public me manquera, mes amis me manqueront », confie le couturier Stéphane Rolland.
Christophe Josse, autre acteur du secteur, se dit finalement heureux d’avoir pu mettre en scène par ce biais sa collection. « Au départ, j’étais un peu dubitatif, une Fashion digitale, je me demandais comment est-ce que ça va se raconter », dit pourtant le couturier.
Reste à savoir à présent comment la clientèle, dont de riches Américains qui aiment à se déplacer en France, accueillera cette expérience.
Il n’est pas certain non plus que cette Fashion Week virtuelle sera reconduite: Frédéric Hocquard, adjoint à la maire de Paris chargé du tourisme et de la vie nocturne, s’attend à ce que les défilés « physiques » sur des podiums bien réels reprennent dès septembre et indique que certaines marques ont déjà commencé à réserver des lieux.
(Sarah White et Michaela Cabrera; version française Henri-Pierre André)
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