Faux départ pour le procès de Sarkozy dans l’affaire Bygmalion
par Tangi Salaün
PARIS (Reuters) – Deux semaines après sa condamnation dans l’affaire « des écoutes », Nicolas Sarkozy n’a pas assisté mercredi à l’ouverture du procès « Bygmalion », portant sur les soupçons de financement illégal de sa campagne de l’élection présidentielle en 2012.
L’ancien chef de l’Etat n’a donc pas entendu la présidente de la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris prononcer le renvoi du procès au 20 mai, en réponse à la demande d’un des prévenus, Jérôme Lavrilleux, dont le principal avocat est hospitalisé en réanimation après avoir contracté le COVID-19.
Thierry Herzog, l’avocat de Nicolas Sarkozy, condamné comme lui à l’issue du procès « Bismuth » – les deux hommes ont fait appel – a expliqué à la barre que son client n’avait pas jugé utile de se déplacer après avoir été informé de la demande de renvoi déposée par l’ancien directeur adjoint de sa campagne.
Au cours de l’audience, les avocats des 13 autres prévenus et le parquet s’étaient dits favorables au renvoi, par respect pour les droits de la défense mais aussi parce que Jérôme Lavrilleux est un personnage clé de ce procès.
L’ancien directeur de cabinet de Jean-François Copé, patron à l’époque du parti présidentiel, l’UMP, a été le premier à reconnaître publiquement, en 2014, la mise en place avec l’agence de communication Bygmalion d’un système de fausses factures destiné à camoufler le coût faramineux des 44 meetings de campagne du président sortant.
Selon le parquet de Paris, l’UMP a dépensé 42,8 millions d’euros pour la campagne électorale, près de deux fois plus que le plafond de dépenses légal (22,5 millions).
Largement distancé par François Hollande dans les sondages, Nicolas Sarkozy devait « gagner quoi qu’il en coûte », a expliqué Jérôme Lavrilleux dans une interview récemment accordée au quotidien Libération.
PAS DE PREUVES FACTUELLES CONTRE SARKOZY
Le renvoi du procès ne représente qu’un sursis judiciaire pour l’ancien chef de l’Etat.
Condamné début mars à un an de prison ferme pour corruption active et trafic d’influence dans l’affaire « des écoutes », Nicolas Sarkozy, 66 ans, verrait son horizon s’obscurcir davantage s’il était à nouveau reconnu coupable.
Au terme d’une enquête qui visait initialement Jean-François Copé, soupçonné d’avoir détourné les fonds à son profit avant de bénéficier d’un non-lieu, le parquet entend démontrer que le candidat Sarkozy ne pouvait pas ignorer que ces fonds avaient servi en réalité au maquillage de ses comptes de campagne.
Pour la défense de Nicolas Sarkozy, qui nie avoir été au courant des fausses facturations, et que Jérôme Lavrilleux n’a pas mis en cause lors de ses révélations, tout l’enjeu sera de semer le doute dans l’esprit des juges pour obtenir la relaxe.
Dans son ordonnance de renvoi devant le tribunal, le juge d’instruction Serge Tournaire estime que l’ancien président a « incontestablement bénéficié des fraudes révélées par l’enquête qui lui ont permis de disposer, lors de la campagne de 2012, de moyens bien supérieurs à ce que la loi autorisait ».
« C’est bien le candidat et son équipe restreinte qui ont fait le choix d’axer la campagne sur des meetings spectaculaires et dispendieux et d’en confier l’organisation à des agences spécialisées », comme Event & Cie, filiale de Bygmalion, ajoute le magistrat.
Mais le juge Tournaire reconnaît dans le même temps dans son ordonnance que « l’enquête n’a pas établi que Nicolas Sarkozy avait ordonné (les malversations), ni qu’il y avait participé, ni même qu’il en avait été informé ».
LR OBSERVE « AVEC UNE GRANDE DISTANCE »
Nicolas Sarkozy n’est d’ailleurs poursuivi dans cette affaire que pour « financement illégal de campagne électorale », un délit passible selon le code électoral d’un an de prison et 3.750 euros d’amende. Et non, comme les autres prévenus, pour usage de faux, escroquerie, abus de confiance, recel d’abus de confiance, ou complicité de ces délits relevant du code pénal et donnant lieu à des peines bien plus lourdes.
Outre Jérôme Lavrilleux, plusieurs membres de l’équipe de campagne de Nicolas Sarkozy sont sur le banc des accusés, dont son trésorier, Philippe Briand, et son directeur de campagne, Guillaume Lambert, qui avait transmis dès mars 2012 au chef de l’Etat une note l’alertant sur la nécessité de respecter la « stricte limitation des dépenses ».
Parmi les prévenus figurent également les co-fondateurs de Bygmalion, Bastien Millot et Guy Alvès, ainsi que l’ex-patron d’Event & Cie, Franck Attal, qui ont reconnu les faits et dit avoir agi à la demande de l’équipe de campagne de Nicolas Sarkozy.
La défense de l’ancien président a quant à elle déjà laissé deviner sa stratégie consistant à charger Jean-François Copé et son entourage, quitte à réveiller la guerre fratricide qui avait déchiré l’UMP après l’élection de François Hollande.
Un épisode péniblement refermé après la transformation de l’UMP en Les Républicains (LR) en 2015, sur lequel les ténors du parti n’ont pourtant guère envie de revenir à l’approche de l’élection présidentielle dans un an.
Interrogé mardi à l’Assemblée nationale, le président du groupe parlementaire LR, Damien Abad, a ainsi dit aborder « avec une grande distance » le procès de celui qui reste une figure tutélaire de la droite française, et dans lequel certains voyaient encore récemment un recours pour 2022.
« J’appartiens à une nouvelle génération politique et nous ne sommes pas entrés en politique pour tenir des propos haineux mais pour défendre des idées », a-t-il déclaré, faisant ainsi allusion aux joutes verbales passées.
(Avec Elizabeth Pineau, édité par Jean-Michel Bélot)
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.


