Coronavirus : La France passe du « quoi qu’il en coûte » au soutien « ciblé »
PARIS (Reuters) – Le gouvernement français a présenté lundi sa stratégie de sortie du « quoi qu’il en coûte » mis en oeuvre depuis mars 2020 pour soutenir l’économie face aux répercussions de la pandémie de COVID-19, le soutien de l’Etat étant désormais réservé aux secteurs ou régions toujours soumis à des restrictions sanitaires et connaissant encore des difficultés liées à la crise sanitaire.
« Notre message est clair: nous mettons fin au ‘quoi qu’il en coûte’ et passons à un soutien ciblé et sur-mesure », a résumé sur Twitter le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, à l’issue d’une réunion interministérielle à Bercy avec les représentants des secteurs encore pénalisés par la crise.
Un changement de paradigme justifié par le fait que « l’activité économique du pays tourne à 99% de ses capacités d’avant-crise (…) aujourd’hui (…) et le pass sanitaire n’a pas d’impact sur l’activité économique du pays, à une ou deux exceptions près comme les centres commerciaux », a-t-il rappelé lors d’un point presse aux côtés de certains de ses collèges dont Elisabeth Borne (Travail) et Jean-Baptiste Lemoyne (Tourisme).
Dans ce contexte, le fonds de solidarité mis en place par le gouvernement français en mars 2020 sera supprimé le 30 septembre prochain en métropole et remplacé par un dispositif de prise en charge des coûts fixes ciblé sur les secteurs dont l’activité reste encore pénalisée par les restrictions sanitaires, a précisé Bruno Le Maire lors de ce point de presse.
D’ici à la fin septembre, l’accès au fonds sera cependant réservé aux entreprises réalisant un minimum de 15% de leur chiffre d’affaires d’avant-crise, afin d’éviter les « effets d’aubaine » d’entreprises qui préfèreraient rester fermées, a-t-il ajouté.
FIN DU FONDS DE SOLIDARITÉ
A compter du 1er octobre, les entreprises des secteurs ayant encore besoin du soutien public (hôtellerie, café, restauration, discothèques, tourisme, transports, parcs à thèmes, événementiel, salles de sport, grande distribution et commerces des centres commerciaux) pourront encore bénéficier d’un autre dispositif exceptionnel mis en place pendant la crise, celui de la prise en charge des coûts fixes.
Ce dispositif déjà existant permettra de soutenir de façon spécifique « les entreprises qui enregistrent réellement des pertes et qui ont à supporter des coûts fixes » encore élevés, a souligné Bruno Le Maire.
Il a cependant prévenu que « ça prendra plus de temps » que l’indemnisation forfaitaire permise par le fonds de solidarité. « Là où l’indemnisation prenait quelques jours pour le fonds de solidarité, elle prendra quelques semaines pour le dispositif ‘coûts fixes’ parce que ça se fait sur pièces comptables, au cas par cas, de manière individualisée ».
Les départements et territoires d’Outre-Mer, où la situation sanitaire impose encore des fermetures administratives dans le cadre d’un confinement strict, pourront en revanche encore bénéficier de « l’intégralité des dispositifs de soutien », qu’il s’agisse du fonds de solidarité, de l’activité partielle ou des exonérations de charges, a expliqué Bruno Le Maire.
Le ministre de l’Economie a par ailleurs précisé qu’une nouvelle réunion avec les représentants des secteurs concernés se tiendrait début novembre et annoncé de prochains « plans d’actions » pour les secteurs confrontés à des difficultés plus structurelles: événementiel, agences de voyages et montagne.
Emmanuel Macron avait annoncé lors d’une allocution solennelle en mars 2020, au début de l’épidémie de COVID-19 en France, que « tout sera(it) mis en oeuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises, quoi qu’il en coûte ».
Un an et demi plus tard, alors que l’économie française a quasiment renoué avec son niveau d’activité d’avant-crise et que le taux de chômage n’a pas connu l’explosion redoutée, Bruno Le Maire a rappelé lundi matin sur France inter que cette formule s’était concrétisée sous la forme de 80 milliards d’euros d’aides directes aux entreprises: 35 milliards d’euros pour le fonds de solidarité, 35 milliards d’euros pour l’activité partielle et 10 milliards d’euros pour les exonérations de charges.
Parallèlement, l’Etat a apporté sa garantie à 160 milliards d’euros de prêts contractés par des entreprises pénalisées par les répercussions de la crise sanitaire, notamment sous la forme de prêts garantis par l’Etat (PGE), alors que le montant maximal susceptible de bénéficier de cette garantie publique avait initialement été fixé à 300 milliards d’euros.
(Reportage Leigh Thomas, rédigé par Myriam Rivet, édité par Blandine Hénault)
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