Wall Street vue en repli avant l’inflation, l’Europe en baisse avec le Moyen-Orient
par Claude Chendjou
PARIS, 12 mai (Reuters) – Wall Street est attendue en baisse mardi avant la publication d’un indicateur clé d’inflation aux Etats-Unis et les Bourses européennes sont également dans le rouge à la mi-séance, le fragile cessez-le-feu au Moyen-Orient pesant sur l’appétit pour le risque. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en repli de 0,08% pour le Dow Jones, de 0,41% pour le Standard & Poor’s 500 et de 0,88% pour le Nasdaq au lendemain des records en clôture du S&P 500 et du Nasdaq.
Les marchés américains devraient ainsi repartir à la baisse au moment où le rallye des valeurs technologiques commence à s’essouffler, tandis que la perspective d’une résolution rapide de la guerre au Moyen-Orient s’éloigne et qu’un rapport clé sur l’inflation est attendu.
À Paris, le CAC 40 perd 0,52% à 8.014,76 points vers 11h45 GMT. À Francfort, le Dax recule de 1,04% et à Londres, le FTSE fléchit de 0,44%.
L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 régresse de 0,70% et l’EuroStoxx 50 de la zone euro de 0,92%. Le Stoxx 600 abandonne 0,63% avec un indice des banques en repli de 1,69% et celui de l’industrie en baisse de 1,46%, tandis que le compartiment de l’énergie (+0,49%) offre un peu de soutien.
Les actions européennes reculent avec l’atténuation des espoirs d’un accord de paix entre les Etats-Unis et l’Iran, ce qui fait grimper les cours du pétrole, la volatilité et les rendements obligataires, tout en maintenant les investisseurs sur le qui-vive.
« La situation est probablement pire pour la zone euro que pour les Etats-Unis, les marchés peinent donc à retrouver pleinement le niveau qu’ils avaient atteint auparavant », commente Uwe Hohmann, stratège actions chez Metzler Capital Markets, alors que l’Iran a élargi sa définition du détroit d’Ormuz, voie de passage vitale pour l’approvisionnement en brut dans un contexte où le bloc communautaire reste très dépendant des importations d’hydrocarbures.
Le président américain Donald Trump, qui est sur le point de s’envoler pour la Chine en vue d’une rencontre très attendue par les marchés avec son homologue chinois Xi Jinping, a menacé de reprendre la guerre contre l’Iran. Il a estimé que le cessez-le-feu avec Téhéran était désormais « sous assistance respiratoire », l’Iran ayant rejeté une proposition américaine visant à mettre fin au conflit, tout en présentant une liste de demandes qualifiées par le locataire de la Maison blanche de « totalement inacceptables ».
Les investisseurs suivent également de près la crise politique ouverte au Royaume-Uni, le Premier ministre britannique Keir Starmer restant sourd aux appels à la démission venus de son propre camp. L’incertitude au 10, Downing Street fait grimper les rendements obligataires à long terme du Royaume-Uni, qui ont atteint en séance un sommet près de 30 ans, tandis que la livre sterling s’est dépréciée nettement.
Côté indicateurs économiques, le marché attend à 12h30 GMT les prix à la consommation (CPI) aux Etats-Unis pour le mois d’avril. Le consensus Reuters prévoit une accélération à 3,7% sur un an après 3,3% en mars, alors qu’une résurgence de l’inflation est redoutée avec le conflit au Moyen-Orient et la flambée des cours pétroliers. C’est dans ce contexte que le Sénat américain devrait se prononcer à partir de ce mardi sur la confirmation de Kevin Warsh pour un mandat à la tête de la Réserve fédérale américaine (Fed), en remplacement de Jerome Powell.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
Ebay recule de 1% en avant-Bourse après avoir rejeté mardi l’offre de rachat pour environ 56 milliards de dollars formulée par GameStop, sur fond de doutes quant au financement de l’opération. GameStop est attendu en repli de 3,3%.
VALEURS EN EUROPE
Le compartiment technologique sur le Stoxx 600 cède 1,54% après le lancement par OpenAI d’une nouvelle division de quatre milliards de dollars destinée à soutenir le développement de l’intelligence artificielle (IA) en entreprise, ainsi que le rachat par le créateur de ChatGPT de la société de conseil en IA Tomoro. Cela ravive les inquiétudes quant à une possible « disruption » du secteur, faisant reculer Capgemini (-1,89%), Sopra Steria (-1,68%), SAP (-1,91%), Planisware (-3,35%), Publicis (-1,24%) ou encore WPP (-3,77%).
L’opérateur de satellites SES grimpe de 6,49% après avoir dépassé les attentes au premier trimestre, à la faveur d’une solide performance dans la connectivité aérienne et les infrastructures européennes.
Siemens Energy abandonne 3,82% après la publication de ses résultats, l’annonce d’un plan de rachat d’actions et le lancement d’une procédure visant à obtenir le remboursement des droits de douane américains.
Bayer grimpe de 5,34% après avoir fait état d’une augmentation de 9% de son bénéfice d’exploitation trimestriel, bien supérieure aux attentes du marché.
NatWest recule de 4,2%, Lloyds de 4% et Barclays de 3,8%, signant les trois plus fortes baisses de l’indice bancaire européen, alors que les traders redoutent qu’en cas d’arrivée d’un nouveau Premier ministre au Royaume-Uni les taxes payées par le secteur ne soient relevées.
Intertek progresse de 6,22%, le groupe suédois de capital-investissement EQT ayant fait une offre de rachat améliorée de 9,4 milliards de livres sterling (11,18 milliards d’euros) pour la société britannique de tests de produits.
TAUX
Les rendements obligataires souverains en zone euro bondissent mardi, les marchés anticipant trois hausses de taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) cette année.
Le rendement du Bund allemand à dix ans monte de près de quatre points de base, à 3,081%, après avoir touché en séance 3,097%, tandis que celui à deux ans avance de près de cinq points, à 2,690%.
Le rendement des Gilts britanniques à long terme, les plus sensibles aux risques budgétaires, ont atteint mardi leur plus haut niveau depuis 1998, s’établissant respectivement à 5,73% et 5,80%.
Celui du Gilt à dix ans grimpe de 9,8 points, à 5,1%, après avoir touché en séance un pic de 16 ans. Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans prend près de deux points de base, à 4,428%, et celui à deux ans progresse de 2,3 points, à 3,970%.
CHANGES
Le dollar, actif refuge, s’affermit, de 0,34%, face à un panier de devises internationales, deuxième séance consécutive de hausse, le billet vert étant soutenu par l’incertitude persistante au Moyen-Orient.
L’euro recule de 0,33%, à 1,1743 dollar, malgré une détérioration moindre qu’attendu du moral des investisseurs en Allemagne, l’indice Zew étant ressorti en mai à -10,2 contre -19,8 prévu par le consensus.
La livre sterling s’échange à 1,3538 dollar, en repli de 0,51%. La monnaie britannique a touché en séance un creux depuis fin avril, à 1,3503 dollar, alors que le Premier ministre britannique Keir Starmer refuse de démissionner comme le demandent certains élus, y compris dans son propre camp.
Le bitcoin fléchit de 1,43%, à 80.634,60 dollars, pénalisé par la vigueur du dollar et des rendements obligataires. L’inquiétude suscitée par les prochaines données sur l’inflation américaine incite les vendeurs à découvert du dollar américain à se couvrir.
PÉTROLE
Le marché pétrolier est porté par les profondes divergences entre les Etats-Unis et l’Iran sur une proposition visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, ce qui ravive les craintes sur l’approvisionnement en brut.
Le Brent bondit de 3,07% à 107,39 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) grimpe de 3,21% à 101,25 dollars. Les deux indices de référence du pétrole avaient déjà progressé de près de 3% lundi.
« Une véritable percée vers un accord de paix pourrait déclencher une forte correction de 8 à 12 dollars, tandis que toute escalade ou nouvelle menace de blocus ramènerait rapidement le Brent davantage plus près des 115 dollars », prédit Tim Waterer, analyste chez KCM Trade.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L’AGENDA DU 12 MAI :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 12h30 Prix à la consommation avril
– sur un mois 0,6% 0,9%
– sur un an 3,7% 3,3%
(Rédigé par Claude Chendjou)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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