Venezuela-Incertitude autour du transfert du pouvoir après la capture de Maduro
par Sarah Kinosian
3 janvier (Reuters) – La capture de Nicolas Maduro après une opération menée dans la nuit de vendredi à samedi par les Etats-Unis, laisse en suspens la question du transfert du pouvoir au Venezuela.
Le président américain Donald Trump a déclaré samedi que la vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodriguez, successeur présumée de Nicolas Maduro, avait prêté serment après l’arrestation de Nicolas Maduro et qu’elle s’était entretenue avec le secrétaire d’Etat Marco Rubio.
La Constitution du Venezuela prévoit que Delcy Rodriguez assume les fonctions de présidente par intérim en l’absence de Nicolas Maduro, ce que la Cour suprême a ordonné samedi soir.
Peu après les déclarations de Donald Trump, Delcy Rodriguez s’est exprimée à la télévision d’Etat en compagnie de son frère, le président de l’Assemblée nationale Jorge Rodriguez, du ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello et du ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez.
Lors de cette intervention, elle a déclaré que Nicolas Maduro était le seul président du Venezuela et lancé un appel au calme et à l’unité face à l' »enlèvement » du dirigeant, ajoutant que son pays ne serait jamais la colonie d’une autre nation.
Donald Trump a écarté l’idée de travailler avec la cheffe de file de l’opposition vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, estimant qu’elle n’avait pas de soutien dans le pays.
Maria Corina Machado, a déclaré sur X que la présidence devait désormais être assurée par Edmundo Gonzalez Urrutia, que l’opposition, Washington et les observateurs internationaux considèrent comme le vainqueur de l’élection de 2024 et dont Emmanuel Macron a déclaré samedi qu’il souhaitait le voir assurer une période de transition.
ÉQUILIBRE ENTRE POUVOIRS CIVIL ET MILITAIRE
Depuis plus d’une décennie, le pouvoir au Venezuela est effectivement détenu par une poignée de hauts responsables. Les analystes et les responsables estiment toutefois que le système dépend d’un réseau de loyalistes et d’organes de sécurité alimentés par la corruption et la surveillance.
Un équilibre entre civils et militaires règne au sein d’un cercle restreint, où chaque membre a ses propres intérêts et ses appuis. Delcy Rodriguez et son frère représentent actuellement le côté « civil » de ce cercle tandis que Diosdado Cabello et Vladimir Padrino Lopez en sont le pendant « militaire ».
Cette structure du pouvoir rend le démantèlement de l’actuel gouvernement vénézuélien plus difficile qu’en retirer seulement Nicolas Maduro, selon des interviews avec des responsables américains, des analystes militaires vénézuéliens et américains et des consultants en matière de sécurité travaillant avec l’opposition vénézuélienne.
« Vous pouvez retirer autant de pièces du gouvernement vénézuélien que vous voulez mais il faudrait qu’il s’agisse de plusieurs acteurs à différents niveaux pour changer la donne », a déclaré un ancien responsable américain.
Diosdado Cabello, qui exerce une influence sur les agences de renseignement militaire et civile du Venezuela, pose notamment question.
« L’attention se porte désormais sur Diosdado Cabello », a déclaré le stratège militaire vénézuélien Jose Garcia. « Il est l’élément le plus versé dans l’idéologie, le plus violent et le plus imprévisible du régime vénézuélien. »
Selon les Nations unies, le Service national de renseignement bolivarien (SEBIN) et la Direction générale du contre-espionnage militaire (DGCIM) ont commis des crimes contre l’humanité dans le cadre d’opérations visant à réprimer la dissidence.
Ces dernières semaines, Diosdado Cabello avait appelé la DGCIM à « aller arrêter les terroristes » alors que les Etats-Unis augmentaient leur présence militaire dans la région.
Diosdado Cabello, qui est également lié à des milites pro-gouvernementales, a tenu un discours similaire samedi lors d’une intervention à la télévision nationale.
LES GÉNÉRAUX CONTRÔLENT DES SECTEURS CLÉS
Diosdado Cabello, ancien officier de l’armée et personnalité du parti socialiste, exerce une influence sur une grande partie des forces armées même si Vladimir Padrino Lopez occupe les fonctions de ministre de la Défense depuis plus de dix ans.
Le Venezuela compte quelque 2.000 généraux et amiraux et les officiers supérieurs ou ceux qui sont à la retraite contrôlent la distribution de denrées alimentaires, de matières brutes et la compagnie pétrolière vénézuélienne PDVSA. En outre, des dizaines de généraux siègent aux conseils d’administration d’entreprises privées.
Les responsables militaires tirent également profit du commerce illicite, selon des déserteurs et des enquêteurs américains.
Les documents d’un consultant en matière de sécurité auprès de l’opposition, qui ont été partagé avec l’armée américaine et que Reuters a pu consulter, montrent que des commandants proches de Diosdado Cabello et de Vladimir Padrino Lopez sont assignés à des brigades déployées le long des frontières du Venezuela et dans les centres industriels.
Bien qu’elles soient tactiquement importantes, ces brigades se trouvent également dans des zones où sont transportées des marchandises de contrebande.
« Il faudrait que quelque 20 à 50 officiers de l’armée vénézuélienne, probablement davantage, s’en aille pour mettre complètement fin à ce régime », a déclaré un avocat qui représentait un haut responsable vénézuélien.
Selon lui, une dizaine d’anciens responsables et de généraux actuellement en fonctions l’ont contacté après la capture de Nicolas Maduro dans l’espoir de trouver un accord avec les Etats-Unis, proposant des renseignements en échange notamment de l’immunité judiciaire.
(Avec Phil Stewart à Washington et la rédaction de Reuters; version française Camille Raynaud)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.


