Serbie et Ukraine s’engagent à renforcer leurs liens économiques
BELGRADE/KYIV, 8 août (Reuters) – Belgrade soutiendra l’indépendance de l’Ukraine et souhaite améliorer la coopération économique avec elle, a déclaré samedi le président Aleksandar Vučić , qui s’est toutefois abstenu de tout engagement sur des sanctions contre la Russie, alliée de longue date de la Serbie.
Le président ukrainien Volodimir Zelensky achève ce samedi une visite de deux jours à Belgrade, la première depuis son accession au pouvoir en 2019. Son épouse, Olena, s’est rendue à Belgrade en 2024.
Aleksandar Vučić, un populiste appelé à faire face à des élections anticipées dans les prochains mois, s’efforce de maintenir un équilibre délicat entre l’aspiration de la Serbie à rejoindre l’Union européenne et les liens historiques et économiques de son pays avec la Russie.
Belgrade a condamné l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, mais refuse d’imposer des sanctions à Moscou. La Serbie dépend de la Russie pour la majeure partie de son approvisionnement en gaz.
INTÉGRITÉ TERRITORIALE
Aleksandar Vučić, qui a rencontré Volodimir Zelensky à plusieurs reprises, notamment à Kyiv le 15 juillet, s’est déclaré en faveur de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, territoires saisis par la Russie depuis 2014 compris.
Pour sa part, l’Ukraine refuse de reconnaître l’indépendance du Kosovo datant de 2008, que Belgrade considère comme faisant partie de la Serbie.
« Vous n’avez jamais entendu un seul mot négatif sur notre pays, ni de la part de Volodimir Zelensky ni de qui que ce soit d’autre (en Ukraine), et j’en suis extrêmement reconnaissant à nos amis ukrainiens », a déclaré Aleksandar Vučić.
Le président serbe s’est dit sceptique quant à la possibilité pour la Serbie ou l’Ukraine d’adhérer rapidement à l’Union européenne, mais il a assuré que Belgrade soutiendrait la candidature de Kyiv.
Les deux présidents ont dit leur volonté de renforcer la coopération économique et de conclure un accord de libre-échange d’ici la fin de l’année. Cet accord est crucial pour l’adhésion de la Serbie à l’Organisation mondiale du commerce et constitue une condition préalable à son adhésion à l’Union européenne. L’Ukraine bloque sa conclusion depuis 2005 en raison de quotas et de droits de douane imposés à son secteur agricole.
Le Kremlin a accusé Belgrade à plusieurs reprises de vendre des munitions à l’Ukraine via des intermédiaires. Belgrade a nié avoir fourni des munitions à Kyiv, mais a reconnu en avoir vendu à d’autres clients dans le monde. Aleksandar Vučić a déclaré que la coopération militaire n’était pas au menu de ses discussions avec Volodimir Zelensky.
(Reportage d’Aleksandar Vasovic ; version française Elizabeth Pineau)
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