Musique chrétienne : « Le Zouglou Gospel, c’est la Parole de Dieu chantée », Richard Krémé
Le 18 mai 2025, l’Eglise « La Source d’Eau Vive » de « La Mission Internationale de la Parole Révélée » à Ouagadougou a vibré au rythme du Zouglou Gospel lors d’un concert exceptionnel animé par Richard Krémé, figure emblématique du genre, aux côtés de stars de la musique chrétienne burkinabè. Devant une foule enthousiaste et en présence de l’Apôtre Dala Serges, initiateur de la soirée et de nombreux invités, la soirée fut un moment fort de louange et de communion. Entre prestations artistiques, témoignages bouleversants, prières pour les familles et dons aux veuves et orphelins, l’événement a fait salle comble. À l’issue de cette soirée spirituelle, l’artiste ivoirien a livré au Journal Chrétien une interview exclusive dans laquelle il revient sur son parcours de foi, sa musique et sa mission.
Retour sur un échange chaleureux avec celui qu’on surnomme affectueusement « l’ambassadeur du Zouglou Gospel »

La vedette ivoirienne du Zouglou Gospel en entretien avec le correspondant du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien (LJC) : Frère Richard, vous venez de livrer une prestation époustouflante ici à Ouagadougou. Quelles sont vos premières impressions ?
Richard Krémé : Avant tout, je rends gloire à Dieu qui a permis que nous soyons là. Je remercie également l’Apôtre Dala pour son invitation. Ce que je retiens de ce concert, c’est la soif du peuple de Dieu de louer le Seigneur. J’ai vu un public avide de communier avec nous, qui aime le Seigneur et désireux de l’adorer. Cela m’a profondément touché. Je repars de ce concert vraiment béni.
LJC : Votre style, le Zouglou Gospel, est unique en son genre. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce style musical que vous incarnez et développez ?
Richard Krémé : Il faut dire que je suis ivoirien et le Zouglou, c’est l’identité culturelle de la Côte -d’ivoire. Avant ma conversion, je faisais du zouglou dans un groupe profane appelé Les Experts. Nous avions même un producteur. C’est lui qui, un jour, nous a posé une condition : “Je vous produis, mais il faut donner votre vie à Jésus.” Ce fut une décision radicale, mais salvatrice.
C’est ainsi qu’est né le Zouglou Gospel. C’est à travers une chanson composée pour une édition de « Vacances pour Christ » que j’ai compris que Dieu peut se servir de tous les styles. La forme n’est pas un obstacle : ce qui compte, c’est que le contenu porte la Parole de Dieu. Le Zouglou Gospel, ce n’est pas juste chanter bien ou composer de belles mélodies : c’est un appel, c’est prêcher en musique. Le Zouglou Gospel, ce n’est pas juste un genre. C’est la Parole de Dieu chantée. »

« Peu importe les dégâts dans ta vie, la Parole de Dieu peut réécrire ton histoire. » Ces mots m’ont bouleversé et j’ai donné ma vie à Jésus, Richard Krémé
LJC : Pouvez-vous revenir sur le moment où vous avez véritablement rencontré Jésus-Christ ?
Richard Krémé : À l’époque, nous allions à l’église pour la forme et par intérêt … pour toucher une prime de 10 000 francs CFA que le producteur offrait chaque dimanche. Un jour, je suis arrivé à l’église complètement épuisé, presque ivre, et je me suis endormi. Mais au milieu du culte, j’ai été réveillé par un message qui disait : « Peu importe les dégâts dans ta vie, la Parole de Dieu peut réécrire ton histoire. » Ces mots m’ont bouleversé. Je suis tombé à terre, saisi par l’Esprit. C’est là qu’est parti le déclic. J’ai ouvert mon cœur au Seigneur C’est là que ma vraie conversion a commencé.
Un parcours parsemé d’épreuves
LJC : Ce chemin de foi n’a pas été sans douleur…
Richard Krémé : Effectivement. J’ai traversé des moments extrêmement douloureux après mon mariage en 2011. J’ai connu une pauvreté extrême et le deuil. Je me lavais avec homo » à crédit, je me brossais parfois avec du savon. C’est ce qui a fait que ma voix est cassée. Puis, en 2012, mon premier enfant est mort à la naissance. En 2013, ma femme est tombée enceinte à nouveau, et peu de temps après que Dieu m’ait inspiré le cantique “Il est le véritable Dieu”, elle est décédée au CHU de Cocody avec l’enfant de sept mois qu’elle portait.
Trois ans de mariage. Deux enfants décédés. Une épouse partie. Une voix brisée. Ce fut une grande épreuve. Mais au cœur de ces tempêtes, j’ai découvert la fidélité de Dieu. Dieu m’a fortifié à travers ces épreuves. J’ai compris que Dieu nous éprouve à la dimension de ce qu’il a prévu pour nous. Même si c’est dur, n’abandonne pas. Aujourd’hui encore, je témoigne que sa grâce suffit.
LJC : Comment êtes-vous passé de la musique à l’évangélisation, ou est-ce que les deux ont toujours été liés chez vous ?
Richard Krémé : Quand Jésus ressuscité a dit : « Allez partout, faites de toutes les nations mes disciples », ce n’était pas une suggestion. C’était un ordre. Évangéliser n’est pas réservé aux pasteurs. C’est le rôle de tout enfant de Dieu.
J’ai donc commencé à chanter et prêcher dans les rues, les marchés, les gares, les bus, même dans le métro à Paris. Je ne cherche ni prestige, ni confort. Jésus a été humilié pour moi, je veux être son témoin là où les âmes sont blessées. Jésus m’a tiré de la boue, alors je vais là où d’autres se trouvent encore. Il n’y a pas de lieu indigne pour annoncer la bonne nouvelle.
LJC : Vos chants touchent beaucoup les “oubliés” de la société : drogués, prostituées, marginaux… Pourquoi ce public ?
Richard Krémé : Parce que j’ai été l’un d’eux. Je vendais la drogue, pas pour l’argent, mais pour prouver que j’étais un homme. Mais ni la drogue ni l’alcool ne comblent le vide du cœur. Ce vide, c’est la place de Jésus. Alors je veux leur dire : tu as encore ta place dans le cœur de Dieu. Ouvre-lui ton cœur.

L’ambassadeur du Zouglou Gospel Richard Krémé en pleine louange avec l’initiateur du concert d’action de grâce, l’Apôtre Dala Serges.
LJC : Aujourd’hui, vous avez du succès. Comment conciliez-vous justement succès musical et engagement spirituel ?
Richard Krémé : Je ne définis pas mon identité par mon succès ou ma fonction. Le succès ne doit pas redéfinir notre identité ou encore nous faire perdre de vue la mission. Je suis avant tout enfant de Dieu. Ma fonction ne me définit pas. Ce qui me guide, c’est la Parole. Si Dieu m’accorde son soutien et sa faveur, ce n’est pas pour m’élever, mais pour servir davantage.
« La louange appartient à Dieu. Ce n’est pas un outil de promotion sociale. »
LJC : Que pensez-vous de la musique chrétienne actuelle ?
Richard Krémé : Elle a un rôle immense. Les artistes chrétiens ont une responsabilité énorme. La louange, c’est le trône de Dieu. Mais malheureusement, certains l’utilisent comme outil de positionnement social ou de stratégie d’influence. C’est une erreur grave. La louange doit rester sacrée, offerte à Dieu seul, sans arrière-pensée, pas une rampe de lancement vers la popularité.
« Le Seigneur nous a dit d’arrêter les concerts payants. Désormais, nos concerts seront gratuits, pour que tous aient accès à l’Évangile. »

Des fidèles en liesse
LJC : Ce concert à Ouagadougou s’inscrit-il dans une tournée plus large ? Quels sont vos projets à venir ?
Richard Krémé : Oui, à vrai dire. Avec mon équipe, nous avons lancé une caravane d’évangélisation appelée Merci Jésus Tout. Nous avons déjà traversé Abidjan, Divo, Yamoussoukro, et maintenant Ouagadougou. Le 6 juillet, nous serons à Bouaké. Le 11 mai dernier, le Seigneur m’a clairement dit : “Plus de concerts payants.”. L’accès à la louange et à la Parole de Dieu ne doit pas dépendre de l’argent. « Dieu nous a dit d’organiser des concerts gratuits. On obéit. »
LJC : Quel message souhaitez-vous adresser à la communauté chrétienne francophone ?
Richard Krémé : Je vous en supplie, ce n’est plus le moment de courir après les likes ou la popularité. Jésus revient bientôt. Cherchez la face de Dieu. Marchez dans la vérité. Soyez remplis du Saint-Esprit. Et vous qui ne connaissez pas encore Christ : sachez que Jésus est la solution. Il est le chemin, la vérité et la vie. Personne ne va au Père sans passer par lui.
LJC : Votre dernier mot ?
Richard Krémé : Merci à tous. Merci à l’Eglise, à l’Apôtre Dala et à toute l’équipe. Merci au Burkina Faso pour son accueil. Et merci à Dieu, qui continue de m’utiliser malgré mes failles. Que sa grâce vous accompagne.
Pour le Journal Chrétien
Entretien réalisé par Emmanuel LANKOANDE
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