Mali-De nouveaux tirs dans une ville, l’Onu appelle à une réaction internationale
BAMAKO, 26 avril (Reuters) – Des tirs soutenus ont retenti dimanche à Kati, ville de garnison située près de la capitale malienne, a rapporté un journaliste de Reuters, au lendemain d’une des plus importantes attaques coordonnées menées ces dernières années dans ce pays par une branche d’Al Qaïda et des rebelles touaregs.
Ces tirs laissent présager la poursuite de combats après que des insurgés ont lancé samedi des attaques sur plusieurs positions militaires à Bamako et autour de la capitale, ainsi que dans d’autres localités du pays, alors que l’armée affirmait la veille que la situation était sous contrôle.
La station de radio RFI a rapporté dimanche que le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, a été tué samedi dans une attaque menée par Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), un groupe lié à Al Qaïda, lors d’une opération dans la base militaire de Kati, près de Bamako.
La mort du ministre malien de la Défense a été confirmée à Reuters par un de ses proches, alors qu’un journaliste malien et beau-frère de Sadio Camara a publié un message sur Facebook annonçant son décès.
Un porte-parole du ministère malien de la Défense et un porte-parole du gouvernement n’ont pas répondu à des demandes de commentaires.
Les forces armées maliennes ont annoncé dans un communiqué que des opérations étaient toujours en cours dans différentes localités du pays pour repousser les insurgés.
Les Nations unies ont appelé à une réponse internationale face à la violence et au terrorisme dans cette région du Sahel.
« Le secrétaire général (de l’Onu) est profondément préoccupé par les informations faisant état d’attaques dans plusieurs localités du Mali. Il condamne fermement ces actes de violence », a écrit un porte-parole de l’Onu sur le réseau social X.
VAGUE D’ATTAQUES COORDONNÉES
Le Mali, où l’armée a pris le pouvoir après deux coups d’Etat en 2020 et 2021, est aux prises depuis plus d’une décennie avec une insurrection armée de groupes djihadistes liés à Al Qaïda et l’Etat islamique. Le pays fait également face à une rébellion touarègue dans le nord.
Une branche d’Al Qaïda et des rebelles touaregs ont revendiqué les attaques de samedi, dont le bilan définitif en termes de morts et de blessés reste incertain dimanche, tout comme le sort de la ville de Kidal, théâtre d’affrontements, que les insurgés ont affirmé avoir reprise aux forces gouvernementales lors de cet assaut.
Le porte-parole du gouvernement, Issa Ousmane Coulibaly, a déclaré samedi que 16 personnes avaient été blessées et que la situation était complètement maîtrisée dans toutes les zones attaquées. Un couvre-feu nocturne d’une durée de trois jours a également été instauré.
Mais le Front de libération de l’Azawad (FLA), une alliance rebelle à dominante touarègue, a déclaré dimanche avoir repris le contrôle de Kidal.
Un porte-parole du FLA a déclaré, dans un message publié sur X, qu’un accord avait été conclu pour permettre aux mercenaires russes de quitter un camp assiégé situé à l’extérieur de la ville, où les forces armées maliennes étaient toujours retranchées.
Revendiquant la responsabilité des attaques de samedi, le FLA a déclaré avoir mené cette opération de grande envergure aux côtés du JNIM.
Le JNIM a aussi publié samedi un communiqué, relayé par l’organisation Site Intelligence Group, revendiquant la responsabilité des attaques à Kati, à l’aéroport de Bamako et dans des zones plus au nord, notamment à Mopti, Sévaré et Gao.
Reuters n’a pas pu vérifier de manière indépendante les revendications du JNIM et de la FLA.
(Reportage bureau du Mali; rédigé par Jessica Donati, version française Claude Chendjou et Zhifan Liu)
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