L’Europe finit en baisse avec la hausse du pétrole et l’obligataire
par Augustin Turpin
20 août (Reuters) – Les Bourses européennes ont terminé en baisse jeudi et Wall Street évolue dans le rouge à mi-séance, un rebond des rendements pesant sur le moral des investisseurs en dépit d’une intervention du Trésor américain sur le marché obligataire, tandis que l’impasse diplomatique se poursuit au Moyen-Orient.
À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,57% à 48,82 points. Le Footsie britannique a perdu 0,04%, tandis que le Dax allemand a baissé de 0,31%.
L’indice EuroStoxx 50 a cédé 0,18%, le FTSEurofirst 300 0,05% et le Stoxx 600 0,04%.
L’accalmie dans le compartiment obligataire suscitée par l’annonce du Trésor américain, mercredi, d’un doublement des rachats de dette à long terme, en réponse aux inquiétudes sur l’augmentation des dépenses publiques et l’inflation, a fait long feu jeudi.
Après avoir atteint en début de semaine son plus haut niveau depuis 19 ans, le rendement du Treasury américain à 30 ans reste élevé jeudi, témoignant des inquiétudes latentes sur les dettes souveraines des deux côtés de l’Atlantique, et qui pèsent sur les marchés d’actions.
« L’annonce de ce rachat ne résout en rien les problèmes sous-jacents qui ont poussé à la hausse les rendements des bons du Trésor américain depuis plusieurs mois », déclare Andrew Cossor, analyste chez DZ Bank.
« L’annonce (…) est plus un pansement qu’une panacée. Mais cela rappelle que le département du Trésor est attentif et fera tout ce qu’il peut pour éviter que les rendements n’augmentent trop vite », selon Lawrence Gillum, stratège chez LPL Financial.
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a déclaré jeudi qu’il pourrait encore augmenter le volume des obligations d’État que le gouvernement rachètera. « Je tiens à préciser que ce montant pourrait dépasser les quatre milliards de dollars par émission », a-t-il précisé.
« Nous continuons de privilégier un aplatissement des courbes de rendement, soutenus par le signal donné par le Trésor américain et par le surpoids des positions sur les échéances longues », a déclaré Evelyne Gomez-Liechti, stratège chez Mizuho, avant les nouvelles annonces de Scott Bessent.
« Cela dit, d’un point de vue structurel, l’offre budgétaire allemande, la prudence de la BCE et la hausse des prix de l’énergie continuent de militer contre l’idée que la pente de la courbe des taux a atteint son apogée », a-t-elle ajouté.
A ces pressions s’ajoutent des cours pétroliers élevés, alors que le président américain Donald Trump a prévenu mercredi que tout pays qui apporterait son soutien à l’Iran ou lui fournirait de l’aide ferait face à de « graves » conséquences économiques, renforçant le scénario d’une perturbation à long terme de l’approvisionnement.
Téhéran a répliqué aux propos du locataire de la Maison blanche en qualifiant les nouvelles sanctions prévues contre l’Iran de « terrorisme économique ».
VALEURS
Le détaillant britannique de vêtements de sport JD Sports finit en baisse de 14,3% après avoir revu à la baisse sa prévision de bénéfice.
Le fabricant danois de biosolutions Novonesis clôture pour sa part sur une hausse de 9,7% après avoir relevé ses prévisions annuelles, enregistré des résultats meilleurs que prévu pour le deuxième trimestre et annoncé un programme de rachat d’actions.
A WALL STREET
A l’heure de la clôture en Europe, le Dow Jones reculait de 0,9%, le Standard & Poor’s 500 de 0,5%, et le Nasdaq Composite de 1%.
Le géant américain de la vente au détail Walmart chute de près de 10% après avoir publié un chiffre d’affaires à périmètre constant inférieur aux attentes, une première depuis 2024.
Les résultats du groupe, qui font office de baromètre de la confiance des ménages américains, soulignent la pression suscitée par la hausse des prix de l’essence sur les dépenses de consommation.
LES INDICATEURS DU JOUR
Les prix à la production en Allemagne, un indicateur clé de l’inflation, ont augmenté plus que prévu en juillet, selon les données publiées par l’Office fédéral de la statistique.
Les inscriptions au chômage ont baissé de façon inattendue aux Etats-Unis, à 206.000, lors de la semaine au 15 août, a annoncé le département du Travail.
Les conditions d’activité dans la région de Philadelphie se sont améliorées bien plus que prévu en août, d’après l’enquête mensuelle de l’antenne locale de la Réserve fédérale.
TAUX/CHANGES
Les rendements de la zone euro se sont stabilisés dans le sillage des annonces du Trésor et de façon plus nette que leurs homologues américains, notamment les obligations à long terme, ce qui reflète une trajectoire budgétaire plus favorable et un endettement moindre.
La dette en zone euro s’élève notamment à environ 89% du PIB contre environ 120% aux États-Unis, où le Trésor a annoncé mercredi qu’elle dépassait 40.000 milliards de dollars.
Le Bund allemand à dix ans gagne 0,1 point de base à 3,2560%. Le deux ans gagne 0,3 point de base à 2,8390%.
Le rendement de l’OAT à dix ans est stable à 4,1170%. Le deux ans gagne 0,2 point de base à 3,0395%.
Le rendement des Treasuries à dix ans progresse de 4,7 points de base à 4,7001% et le deux ans de 1,1 point de base à 4,1896%.
Le billet vert a touché son plus bas niveau depuis trois mois face à l’euro, avant de réduire ses pertes sous l’effet des annonces du Trésor.
PÉTROLE
Les cours de l’or noir ont atteint leur plus haut niveau depuis plus de trois semaines face à l’absence d’avancée diplomatique au Moyen-Orient, qui laisse entrevoir une perturbation à long terme du trafic maritime par le détroit d’Ormuz.
« On arrive à un point où les stocks peuvent devenir un problème », a déclaré Tom Samuelson, directeur des investissements chez Vineyard Global Advisors.
Le Brent prend 2,5% à 93,88 dollars le baril, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 2,5% à 88,39 dollars.
MÉTAUX
L’or a reculé en séance dans un contexte de prises de bénéfices après une hausse de plus de 4% mercredi et se stabilise (+0,03%) à 4.519,52 dollars l’once.
A SUIVRE LE VENDREDI 21 AOÛT :
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Augustin Turpin, édité par Benoit Van Overstraeten)
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