L’accès à un environnement sûr et sain reconnu comme un droit fondamental, dit l’Onu
Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a adopté vendredi une résolution reconnaissant l’accès à un environnement sûr et sain comme un droit fondamental, malgré les critiques formulées par la Grande-Bretagne, les États-Unis et d’autres pays avant le vote.
La résolution, qui a été évoquée pour la première fois dans les années 1990, n’est pas juridiquement contraignante, mais peut sous-tendre des normes internationales.
Les avocats impliqués dans les litiges relatifs au climat affirment qu’elle pourrait être utile dans des dossiers qui concernent l’environnement et les droits de l’homme.
La résolution, proposée par le Costa Rica, les Maldives, le Maroc, la Slovénie et la Suisse, a été adoptée à 43 voix pour et 4 abstentions de la part de la Russie, de l’Inde, de la Chine et du Japon, suscitant une rare salve d’applaudissements dans le forum de Genève.
La Grande-Bretagne, qui figurait parmi les détracteurs de la proposition lors des récentes négociations, a voté en sa faveur, à la surprise générale.
Les États-Unis n’ont pas voté car ils ne sont actuellement pas membres du Conseil, qui compte 47 pays, mais Washington avait fait part de ses préoccupations, notamment du point de vue juridique.
John Knox, ancien rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme et l’environnement, a déclaré avant le vote que les détracteurs de la résolution se trouvaient « du mauvais côté de l’Histoire ».
Selon Catalina Devandas Aguilar, ambassadrice du Costa Rica auprès de l’Onu, cette décision « enverra un message puissant aux communautés du monde entier qui luttent contre les difficultés liées au climat, à savoir qu’elles ne sont pas seules ».
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que quelque 13,7 millions de décès par an, soit environ 24,3% du total mondial, sont dus à des facteurs environnementaux tels que la pollution atmosphérique et l’exposition aux produits chimiques.
(Reportage Emma Farge; version française Kate Entringer, édité par Sophie Louet)
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