Diocèse de Buea: Le mea culpa du Père George Nkeze face à Mgr Bibi met fin à 6 ans de rébellion
Après un long conflit ecclésiastique et judiciaire qui a profondément secoué l’Église catholique au Cameroun, l’ancien président de l’Institut Universitaire Catholique de Buea (CUIB) a officiellement demandé pardon à son évêque. Dans une lettre rendue publique, le prêtre exilé exprime ses profonds regrets et promet une obéissance totale à sa hiérarchie. L’évêque, de son côté, prend le temps de la réflexion avant de sceller définitivement cette réconciliation historique.
Aux origines de la crise : le contrôle de la CUIB
Le point de départ de cette affaire remonte à juin 2020. Mgr Michael Bibi, alors nommé administrateur apostolique du diocèse de Buea, décide d’engager des réformes structurelles majeures au sein de l’Institut Universitaire Catholique de Buea (CUIB). Dans cette foulée, il démet le révérend père George Nkeze de ses fonctions de président, un poste que ce dernier occupait depuis la création de l’institution.
Refusant de céder sa place au professeur Julius Victor Ngoh nommé par l’évêque, le père Nkeze conteste la légitimité de cette décision. Il soutient alors que l’université n’est pas la propriété directe du diocèse, mais qu’elle dépend d’une fondation internationale indépendante. Le bras de fer est alors engagé.
De la place publique aux tribunaux civils
Le conflit prend rapidement une tournure publique et se déplace sur le terrain judiciaire, en violation flagrante des règles du droit canonique qui régissent l’Église. Des proches du père Nkeze et des entités affiliées intentent plusieurs actions en justice contre Mgr Bibi, aussi bien devant les tribunaux camerounais qu’auprès des instances du Vatican.
Ces procédures entraînent temporairement le gel des comptes bancaires de l’université, bloquant le paiement des salaires du personnel et plongeant l’institution dans le chaos. Face à la dégradation de la situation, le père Nkeze quitte le pays pour un congé sabbatique aux États-Unis, entamant un « auto-exil ». Plus tard, nommé par son évêque comme vicaire à la cathédrale de Small Soppo pour marquer son autorité, le prêtre refuse de se présenter à son poste, accentuant la rupture.
L’ultimatum de Mgr Bibi et l’heure du repentir
Face à ce que la hiérarchie catholique qualifie d’actes d’insubordination et de dissidence, Mgr Michael Bibi hausse le ton. L’évêque menace explicitement le prêtre rebelle de lourdes sanctions canoniques, incluant la suspension de son ministère sacerdotal et une procédure d’excommunication s’il ne rentre pas dans le rang.
L’ultimatum porte ses fruits. Dans une lettre de repentance adressée à l’évêque, le père George Nkeze reconnaît formellement ses « erreurs de jugement et d’action ». Il admet avoir failli à ses devoirs sacerdotaux en portant un différend ecclésial devant les tribunaux civils et réaffirme son engagement à vivre désormais dans l’obéissance stricte aux directives de son « Chef Berger ».
Vers un retour d’exil et le pardon de l’Église ?
La publication de cette lettre marque un tournant décisif. Dans un communiqué officiel diffusé à la communauté chrétienne, Mgr Michael Bibi a accusé réception de ce mea culpa, précisant que le prêtre avait lui-même consenti à ce que sa démarche soit rendue publique.
L’évêque a indiqué qu’il examinait attentivement le contenu de cette lettre avant d’apporter une réponse officielle. Si le pardon est accordé, la question reste entière de savoir si le père George Nkeze regagnera le Cameroun pour honorer sa nomination à la cathédrale de Small Soppo. Pour le diocèse de Buea, cette démarche ouvre en tout cas la voie vers la guérison d’une blessure qui aura duré six ans.
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