Cameroun : 3 000 nouveaux instituteurs déployés pour réduire la fracture scolaire
Pour sa septième vague de contractualisation, l’État camerounais mise massivement sur les zones rurales et défavorisées. Les régions du Grand Nord et de l’Est captent près de la moitié des effectifs pour corriger les inégalités d’accès à l’instruction.
Le gouvernement camerounais vient de franchir une nouvelle étape dans sa politique éducative. Un arrêté conjoint du Ministère de l’Éducation de Base et du ministère de la Fonction publique formalise le recrutement de 3 000 nouveaux instituteurs d’enseignement maternel et primaire. Cette initiative s’inscrit dans un plan pluriannuel visant à stabiliser le corps enseignant. Elle cherche aussi à répondre au manque criant de personnel dans les écoles publiques du pays.
La particularité de cette septième vague réside dans le choix stratégique des affectations. Les autorités ont délibérément ciblé les Zones d’Éducation Prioritaire (ZEP). Ces territoires regroupent les régions de l’Extrême-Nord, du Nord, de l’Adamaoua et de l’Est. À elles seules, ces quatre régions absorbent 1 430 postes, soit 47,66 % du volume global des recrutements. L’Extrême-Nord arrive en tête avec 500 affectations, suivie du Nord avec 400 postes.
Une priorité nationale face aux urgences structurelles
Ce choix géographique n’est pas le fruit du hasard. Les régions septentrionales et l’Est du Cameroun subissent des retards structurels importants en matière de scolarisation. Le manque d’infrastructures y est chronique. De plus, de nombreuses écoles souffrent d’un déficit majeur d’enseignants qualifiés. Pour pallier ce manque, les parents doivent souvent financer eux-mêmes des « maîtres parents », des bénévoles communautaires peu ou pas formés.
Les crises sécuritaires aggravent également la situation. L’Extrême-Nord fait face aux incursions transfrontalières de groupes armés depuis plusieurs années. Cela entraîne des déplacements massifs de populations et la fermeture temporaire de structures scolaires. En envoyant un contingent massif de fonctionnaires dans ces localités, l’État tente de ramener de la stabilité. Il veut garantir la continuité du service public de l’éducation.
Le soutien des partenaires internationaux
Cette opération s’appuie sur des mécanismes financiers solides. Le recrutement bénéficie du soutien de la Banque mondiale à travers le [Programme d’appui à la réforme de l’éducation au Cameroun (PAREC). Ce programme aide l’État à supporter la charge budgétaire de ces intégrations massives. Les nouveaux contractuels reçoivent une formation de base avant de rejoindre leurs postes respectifs sur le terrain.
Outre le Grand Nord et l’Est, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest reçoivent chacune entre 250 et 280 instituteurs. Ces zones anglophones traversent une crise socio-politique complexe. L’école y a souvent été prise pour cible par les groupes séparatistes. Le déploiement de ces nouveaux enseignants vise à relancer l’activité scolaire là où la sécurité le permet à nouveau.
Vers une meilleure égalité des chances
Les régions économiquement plus développées, comme le Centre ou le Littoral, reçoivent des dotations plus modestes. Le Centre obtient 370 postes et le Littoral se limite à 180 postes. Cette répartition inverse la tendance habituelle pour corriger les disparités géographiques historiques du système éducatif camerounais. L’objectif final reste d’améliorer le taux de rétention scolaire, en particulier chez les jeunes filles dans les campagnes.
Les 3 000 instituteurs sélectionnés sont attendus dans leurs écoles pour préparer la rentrée. Le défi logistique reste maintenant de s’assurer que ces enseignants s’installent durablement à leur poste. Les désistements ou les demandes de transfert vers les grandes villes demeurent fréquents en raison des conditions de vie difficiles dans l’arrière-pays.
POURQUOI SOUTENIR LE JOURNAL CHRÉTIEN ?
Le Journal Chrétien est le premier pure-player chrétien francophone, c’est-à-dire un média d'information et d'opinion d'inspiration chrétienne qui diffuse ses contenus exclusivement sur Internet. Il offre au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.Face à l'hégémonie de grands groupes de médias détenus par des milliardaires ou à des multinationales très puissantes, la montée en puissance du Journal Chrétien depuis sa création en 2003 permet aux citoyens d’avoir accès à une information libre de tout conflit d’intérêt.
Le Journal Chrétien est un média :
- Indépendant. Nous ne recevons aucune aide de l’Etat, nous n’appartenons pas un grand groupe ni à une église. De ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons est exempt d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.- Gratuit. Le Journal Chrétien produit chaque jour des articles, enquêtes et reportages sur les enjeux religieux, économiques, politiques, environnementaux et sociaux qui intéressent un large public. Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde. Nous considérons que s’informer est un droit essentiel, nécessaire à la compréhension du monde et de ses enjeux. Ce droit ne doit pas être conditionné par les ressources financières de chacun.
- Sans publicité. Nous estimons que la publicité a tendance à distraire le lecteur et à favoriser la surconsommation. Le journal n’affiche donc strictement aucune publicité. Cela garantit l’absence de lien financier avec des entreprises, et renforce d’autant plus l’indépendance de la rédaction.
- Diffusé à la télévision sur le réseau de l'opérateur Free (canal 483) par sa chaîne Chrétiens TV, qui est née avec l'idée de proposer une programmation protestante de référence, en permettant aux chrétiens d'être édifiés dans leur foi par des enseignements émanant des églises enracinées dans la saine doctrine.


