Airbus confronté à la colère des syndicats français sur le retour au bureau quatre jours par semaine
25 juin (Reuters) – Des syndicats français ont appelé à des arrêts de travail d’une journée et à des manifestations chez Airbus, alors que le constructeur aéronautique européen s’apprête à faire passer le nombre de jours de présence sur site pour les cols blancs de trois à quatre jours minimum par semaine.
La CGT a appelé les salariés à se rassembler jeudi sur le site de Blagnac, près de Toulouse, « pour exprimer notre colère et débattre sous les fenêtres » du directeur général d’Airbus, Guillaume Faury.
Le syndicat a indiqué que plus de 100 employés avaient participé à un rassemblement le 18 juin, tandis que d’autres s’étaient mis en grève sans y assister. Le niveau de participation à la mobilisation de jeudi n’était pas immédiatement disponible et aucun impact sur la production n’avait été signalé.
Par ailleurs, la CFDT a appelé à un rassemblement devant le même bâtiment le 30 juin et indiqué étudier l’éventualité d’un recours en justice, estimant qu’Airbus appliquait de « manière déloyale » l’accord de 2024.
FO, premier syndicat chez Airbus France, a demandé la suspension de toute révision des niveaux de télétravail dans les équipes dans l’attente du SEWC (Comité Européen d’Airbus) prévu le 7 juillet, ajoutant que la direction lui avait précisé que l’accord hybride resterait valable jusqu’au 31 août 2028.
Le différend fait suite à une lettre adressée le 9 juin aux salariés par Guillaume Faury, consultée par Reuters et rapportée pour la première fois par Bloomberg, dans laquelle il soulignait la nécessité d’améliorer la concentration, la qualité et la « présence individuelle sur site », après un début d’année marqué par un rythme lent de livraisons d’avions commerciaux.
Airbus est sous pression pour atteindre son objectif annuel de 870 livraisons, dans un contexte de tensions sur la chaîne d’approvisionnement, notamment des pénuries de moteurs.
Airbus a déclaré à Reuters qu’il devait faire face à une montée en cadence de la production sans précédent tout en évoluant dans un environnement géopolitique et économique volatil.
Un porte-parole a confirmé la nouvelle politique de travail hybride à l’échelle du groupe et a précisé que la flexibilité restait ancrée dans la culture d’Airbus, mais que la priorité était d’assurer une collaboration aussi étroite que possible entre les employés.
Cette politique concerne les fonctions administratives et tertiaires, notamment les ingénieurs, tandis que les ouvriers et techniciens de production n’ont pas été éligibles au télétravail.
Les grèves sont relativement rares chez Airbus, dont les principales activités se situent en France, en Allemagne, en Espagne et au Royaume-Uni.
(Reportage Gianluca Lo Nostro, avec la contribution de Tim Hepher, version française Elena Smirnova, édité par Sophie Louet)
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