Génocide au Rwanda: Félicien Kabuga présenté au parquet de Paris
Le génocidaire rwandais Félicien Kabuga, âgé de 84 ans, a été présenté mardi au parquet général de Paris à la suite de son arrestation samedi en région parisienne après avoir été recherché pendant 26 ans par la justice internationale.
Félicien Kabuga, considéré comme le financier du génocide de 1994, a été présenté mardi au parquet général de Paris à la suite de son arrestation samedi en région parisienne après avoir été recherché pendant 26 ans par la justice internationale.
Félicien Kabuga, âgé de 84 ans, est arrivé à la cour d’appel de Paris dans un fourgon escorté d’un convoi de police.
Cette audition a permis le déclenchement de la procédure judiciaire et la saisine de la chambre de l’instruction qui sera chargée de se prononcer sur l’éventuel transfert de Félicien Kabuga au Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux à La Haye, pour y être jugé pour génocide et crimes contre l’humanité.
L’audience devant la chambre de l’instruction aura lieu mercredi mais pourrait être renvoyée de huit jours à la demande de Félicien Kabuga, a précisé le parquet de Paris dans un communiqué.
Félicien Kabuga a été inculpé en 1997 par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), désormais disparu, pour génocide, complicité de génocide et incitation à commettre un génocide.
Il est accusé d’avoir financé les milices Interahamwe, responsables de nombreux massacres lors du génocide au Rwanda, qui a fait au moins 800.000 morts, Tutsis et Hutus modérés, entre avril et juillet 1994.
Félicien Kabuga a été arrêté samedi à Asnières, où il résidait.
Une équipe d’enquêteurs internationaux et français a patiemment remonté les traces, notamment numériques, laissées par les enfants de l’homme d’affaires rwandais Félicien Kabuga pour mettre fin aux 25 années de cavale de celui qui est accusé par la justice internationale d’être le principal financier du génocide de 1994.
Arrêté samedi à l’aube dans un appartement d’Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine), où il se cachait sous une fausse identité et avec un passeport « d’un pays africain », Félicien Kabuga, 84 ans, était l’un des derniers génocidaires présumés encore en liberté.
Une partie du sort judiciaire du fondateur de la radio-télévision des Mille-Collines, dont les diatribes appelèrent sans relâche les miliciens hutus Interahamwe à massacrer 800.000 Tutsis et Hutus modérés, s’est jouée pendant les longues journées de confinement dues au COVID-19, a déclaré à Reuters le chef de l’Office de lutte contre les crimes contre l’Humanité (OCLCH) de la Gendarmerie nationale.
« Pendant le confinement, beaucoup de procédures ont été suspendues et on a eu le temps de creuser le dossier Kabuga », raconte le colonel Eric Emeraux.
« On s’est rendu compte que les traces des enfants qui protégeaient leur père convergeaient vers Asnières-sur-Seine. On a aussi découvert qu’il y avait un appartement loué par un des enfants à Asnières. »
« On a mis en place une surveillance, des écoutes… et une fois qu’on a eu des bonnes raisons de penser qu’il y avait quelqu’un d’autre dans l’appartement, on a décidé d’ouvrir la porte », poursuit le gendarme. « Mais on n’était pas sûr de ce qu’on allait trouver. Je n’en ai pas dormi la nuit précédente. »
Derrière la porte, enfoncée à l’aide d’un vérin samedi à l’aube, et par laquelle se sont engouffrés 16 policiers d’élite du Peloton d’intervention de la garde républicaine, se trouvait bien l’un des hommes les plus recherchés au monde.
« Une immense surprise »
« Ça a été une immense surprise. Ça m’a fait l’effet d’une bombe », témoigne Alain Gauthier, qui avec son épouse d’origine rwandaise, Dafroza, a consacré sa vie à traquer les génocidaires exilés en France, déposant des plaintes contre 25 d’entre eux, dont Agathe Habyarimana, la veuve du président rwandais tué dans un attentat en 1994.
« Tout le monde semblait avoir un peu oublié Kabuga. On avait l’impression qu’on ne le recherchait plus vraiment. On l’avait dit à tellement d’endroits différents », ajoute-t-il en évoquant un périple qui a mené au fil des ans l’homme d’affaires dans de multiples pays européens et africains.
Selon le colonel Emeraux, Félicien Kabuga a utilisé 28 noms d’emprunt différents pendant sa fuite, échappant plusieurs fois aux enquêteurs, malgré un mandat d’arrêt international, une « notice rouge » d’Interpol et une prime de cinq millions de dollars promise par les Etats-Unis pour sa capture.
La détermination d’un homme, l’actuel procureur du Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), le Belge Serge Brammertz, a finalement eu raison des stratagèmes inventés par l’homme d’affaires pour se soustraire à la justice.
« Il y a un an, Serge Brammertz a souhaité créer une sorte de task-force pour relancer la traque des fugitifs rwandais », rappelle Eric Emeraux. « Nous avons mené des recherches pour savoir où étaient les enfants de Félicien Kabuga et il est apparu qu’il y en avait en France, en Belgique et au Royaume-Uni. »
Puis, il y a environ deux mois, dit le gendarme, juste avant que la pandémie de coronavirus ne mette l’Europe à l’arrêt, une réunion au siège de l’agence Europol a rassemblé les enquêteurs du MTPI, qui a succédé au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), et ceux des trois pays concernés pour un « échange d’informations et de renseignements » qui les conduira finalement à l’appartement situé au troisième étage d’un immeuble d’Asnières.
Complicités ?
Félicien Kabuga a été formellement identifié deux heures après son arrestation, grâce à la comparaison de son ADN avec un échantillon prélevé en 2007 par la police allemande, qui avait manqué de peu de l’arrêter suite à son hospitalisation pour une intervention chirurgicale près de Francfort.
Il a été présenté mardi au Parquet général de Paris, dont la chambre d’instruction devra fixer sous huit jours la procédure de remise au MTPI. Son avocat, Emmanuel Altit, qui a obtenu en janvier 2019 l’acquittement pour l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, poursuivi pour crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale (CPI), pourra faire appel de cette décision.
Reste aussi à déterminer comment Félicien Kabuga a pu se cacher près de Paris, sans doute pendant plusieurs années, selon des témoignages d’habitants cités dans la presse.
« Il est difficile d’imaginer qu’il ait pu trouver refuge sur le territoire français sans bénéficier d’un certain nombre de complicités », souligne Patrick Baudouin, président d’honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH).
« Il est nécessaire que les autorités françaises ouvrent une enquête sur ces complicités dont Kabuga a pu bénéficier. On ne peut pas ignorer (…) toute une série de critiques légitimes qui ont été portées contre les autorités francaises sur l’indulgence, pour ne pas dire plus, dont ont pu bénéficier d’anciens responsables rwandais », a-t-il déclaré à Reuters.
Alors que les relations entre Paris et le président rwandais Paul Kagamé se sont réchauffées depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée, le colonel Emeraux n’a pas exclu que d’autres génocidaires rwandais fassent l’objet de poursuites en France, 28 des 150 dossiers traités par l’OCLCH concernant des ressortissants de ce pays.
« Si les investigations du MTPI font apparaître des éléments permettant de relancer des dossiers, nous le ferons », assure-t-il, en réclamant néanmoins pour cela « davantage de moyens » que les 20 enquêteurs qui lui sont pour le moment affectés.
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

