L’Europe vue dans le rouge, le détroit d’Ormuz dans le viseur avant la BCE (actualisé)
par Coralie Lamarque
11 juin (Reuters) – Les principales Bourses européennes sont attendues en baisse jeudi à l’ouverture, face à un regain de tensions dans le détroit d’Ormuz entraînant son obstruction complète par Téhéran, tandis que la décision de politique monétaire de la BCE est attendue dans la journée.
D’après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait perdre 0,21% à l’ouverture.
Les contrats à terme signalent une baisse de 0,06% pour le Dax à Francfort, de 0,31% pour le FTSE à Londres et de 0,27% pour le Stoxx 600.
Le trafic dans le détroit d’Ormuz, artère vitale de l’approvisionnement mondial en pétrole, était déjà fortement perturbé depuis le début du conflit fin février, entraînant son interruption de facto, bien que quelques navires parvenaient toujours à transiter.
En représailles à de nouvelles frappes américaines contre l’Iran, Téhéran a annoncé jeudi la fermeture du détroit d’Ormuz, y compris aux pétroliers et aux navires commerciaux, précisant que tout bâtiment tentant de le franchir serait pris pour cible.
Les cours du pétrole ne réagissent toutefois pas à cette annonce, se maintenant sous la barre des 95 dollars le baril.
Le Brent prend 0,38% à 93,45 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) avance de 0,6% à 90,57 dollars.
Dans une note, les analystes de Metzler estiment que l’explication la plus plausible à l’accalmie des cours du pétrole depuis mi-mai, en dépit des mauvaises nouvelles en provenance du Moyen-Orient, réside dans le volume de pétrole transitant actuellement par le détroit d’Ormuz qui serait nettement supérieur à ce qu’indiquent les données de suivi.
À cette supposition s’ajoutent également la hausse d’offres d’autres producteurs comme le Brésil et le Venezuela, ainsi que la baisse des importations chinoises venant libérer des réserves, selon les analystes.
Bien que l’annonce de Téhéran ne vienne donc pas changer la donne pour le pétrole, les derniers développements dans la région creusent toutefois davantage le pessimisme des investisseurs quant à une sortie sous peu du conflit qui a entraîné une flambée des prix.
« Cela suggère une fois de plus qu’un accord est encore loin d’être conclu et que les flux énergétiques en provenance du golfe Persique resteront fortement limités », ont déclaré les analystes d’ING dans une note adressée à leurs clients.
Aux États-Unis, l’inflation a enregistré mercredi sa plus forte accélération en rythme annuel depuis avril 2023, s’établissant à 4,2% en mai, malgré une décélération sur un mois à 0,5%.
Le président américain Donald Trump a semblé mercredi se réjouir de données de l’inflation, déclarant à la presse qu’il « adorait » l’inflation tout en se disant convaincu que les prix baisseraient dès la fin de la guerre avec l’Iran.
En plus du suivi de la géopolitique et de l’ouverture de la Coupe du Monde de football au Mexique, la journée sera marquée sur le plan plus strictement financier par la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), qui devrait relever de 25 points de base ses taux directeurs.
LES VALEURS À SUIVRE :
À WALL STREET
La Bourse de New York a fini mercredi en repli de plus de 1%, plombée par des pertes supplémentaires du secteur des semiconducteurs et par l’incertitude provoquée par le regain des tensions entre les États-Unis et l’Iran, dont le cessez-le-feu a de nouveau été fragilisé par des attaques.
L’indice Dow Jones a cédé 1,87%, ou 953,33 points, à 49.918,78 points.
Le S&P-500, plus large, a perdu 119,66 points, soit 1,62%, à 7.266,99 points.
Le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 509,32 points (1,98%) à 25.169,50 points.
EN ASIE
Les marchés boursiers asiatiques reculent jeudi après une légère hausse en début de séance, pénalisés par une vague de ventes à Wall Street provoquée par les données de l’inflation américaine et par le regain de tensions dans le détroit d’Ormuz.
La Bourse de Tokyo prenait 0,05% durant la séance.
En Chine, l’indice composite de la Bourse de Shanghai recule de 0,48% et le CSI 300 des grandes capitalisations abandonne 0,97%.
La Bourse de Hong Kong perd quant à elle 1,15%.
CHANGES
Le billet vert se maintient, réagissant peu aux derniers développements du conflit au Moyen-Orient.
« Le marché souffre encore d’une certaine lassitude face à l’actualité. Il y a quelques semaines, ce type d’escalade aurait probablement fait remonter le Brent au-dessus des 100 dollars le baril et fait bondir le dollar », a déclaré Nick Twidale, analyste en chef des marchés chez ATFX Global.
Le dollar abandonne 0,04% face à un panier de devises de référence, tandis que l’euro gagne 0,07% à 1,1543 dollar.
TAUX
Le rendement des Treasuries à dix ans grappille 0,4 point de base) à 4,5443% et le deux ans de 1,0 point de base à 4,1371%.
Le rendement du Bund allemand à dix ans prend 1,6 point de base à 3,0843%, tandis que le deux ans avance de 0,9 point de base à 2,7134%.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L’AGENDA DU 11 JUIN :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 12h30 Inscriptions au chômage semaine au 219.000 225.000
6 juin
USA 12h30 Prix à la production mai +0,7% +1,4%
– sur un an +6,4% +6,0%
(Rédigé par Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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