Rechercher sur le site

Entrez les mots-clés dans la boîte ci-dessous :

Le Journal Chrétien

Un média d’espérance

Inscription à la newsletter

Cameroun: 54 ans après l’unité reste « un chantier permanent » selon les habitants de Yaoundé

Je fais un don
PARTAGER SUR :

Plus de cinq décennies après le référendum historique du 20 mai 1972 qui mit fin au fédéralisme pour consacrer l’État unitaire, la question de la cohésion nationale n’a jamais semblé aussi brûlante au Cameroun. À 24 h de la célébration de la 54 ème édition de la fête de l’unité nationale, nous sommes allés à la rencontre de ceux qui font vibrer la capitale : universitaires, commerçants de la haute et de la basse ville, déplacés de la crise anglophone, conducteurs de moto-taxis et leaders d’opinion. Entre ferveur patriotique inébranlable et constats amers de fractures systémiques,  l’unité camerounaise demeure un chantier permanent selon des voix à Yaoundé.

Au micro du Marché Mokolo : « L’unité nationale passe par la justice sociale »:

Il est 9 heures au marché Mokolo, le ventre économique populaire de la capitale. Entre les étals de tomates, le bourdonnement des acheteurs et les cris des vendeurs à la criée, la réalité du quotidien prend le dessus sur la rhétorique officielle. Ici, la notion d’unité se mesure d’abord au pouvoir d’achat. Bella, grossiste en vivres frais, installée à Yaoundé depuis vingt ans « L’unité, nous la vivons ici tous les jours au marché. Sur mon alignement, ma voisine de gauche vient de l’Ouest, celle de droite vient du Grand-Nord, et moi je suis du Centre. Nous partageons la même tontine, nous nous entraidons quand un enfant est malade. Le peuple camerounais est déjà uni par le bas. Notre problème, c’est le coût de la vie. Quand le sac de riz double de prix, quand l’huile devient un produit de luxe, la faim crée la colère. Et quand les gens sont en colère, ils cherchent des boucs émissaires. On ne peut pas nourrir l’unité nationale avec des slogans si la marmite du citoyen est vide. »

 

Une vue de la Poste Centrale à Yaoundé  (Crédit photo : Le Journal Chrétien)

Pour Amadou, conducteur de moto-taxi dans l’arrondissement de Yaoundé II : » l’unité signifie l’égalité des chances. Aujourd’hui, quand vous postulez à un concours ou que vous cherchez un emploi, on regarde d’abord l’origine de votre nom avant de regarder vos compétences. L’équilibre régional était une bonne idée pour intégrer tout le monde, mais c’est devenu une formule pour favoriser les enfants des privilégiés. Nous aimons ce pays, nous sommes fiers de notre drapeau, mais nous voulons une unité basée sur le mérite, pas sur le clientélisme. »

Sous les amphis de Ngoa-Ekelle: L’analyse des élites de demain

À l’Université de Yaoundé I, berceau de l’intelligentsia camerounaise, les débats prennent une tournure plus conceptuelle, mais non moins critique. Dans les allées du campus, la nouvelle génération d’intellectuels refuse le politiquement correct.
Christian Atangana, étudiant en cycle doctorat : « Cinquante-quatre ans après l’avènement de l’État unitaire, le Cameroun souffre d’un paradoxe sociologique. Nous avons réussi l’intégration culturelle : le Camerounais moyen mange le ndolé, danse le bikutsi, s’exprime en pidgin-english et vibre pour les Lions Indomptables sans distinction d’origine. Cependant, nous avons échoué dans l’intégration politique. L’État a centralisé le pouvoir au lieu de centraliser les cœurs. Le repli identitaire que l’on observe sur les réseaux sociaux est une stratégie de survie politique des élites qui instrumentalisent les masses pour conserver ou conquérir le pouvoir. L’unité est menacée par le haut, pas par le bas. »

Défilé des élèves d’une école publique de la section anglophone au Cameroun(Crédit photo : Le Journal Chrétien)

Cindy, doctorante en sociologie politique, originaire de Bamenda, capitale de la région anglophone du nord-ouest en proie à la crise separatiste: « On ne peut pas parler d’unité à Yaoundé en faisant semblant d’oublier ce qui se passe dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. La crise anglophone est la preuve tangible que le modèle d’intégration de 1972 a connu des ratés qu’il faut urgemment corriger. En tant qu’anglophone vivant à la capitale, je me sens Camerounaise à 100 %, mais je vois bien que le système a du mal à accepter pleinement notre spécificité institutionnelle et linguistique. Le défilé de demain est une belle vitrine, mais la vraie fête de l’unité aura lieu le jour où la paix reviendra définitivement dans les régions en crise par un dialogue sincère. »

Les quartiers résidentiels de Bastos : La voix des bâtisseurs d’institutions

Dans les bureaux feutrés et les terrasses calmes du quartier des ambassades et des hauts fonctionnaires, le discours se veut plus institutionnel, insistant sur la résilience de l’État face aux forces centrifuges.
Dieudonné Nlate, haut fonctionnaire à la retraite et ancien administrateur civil : « Regardez la carte d’Afrique. Autour de nous, combien d’États ont sombré dans la guerre civile totale ou ont vu leurs frontières éclater ? Le Cameroun tient debout. Notre unité a été forgée dans la douleur de la décolonisation et consolidée au fil des décennies. Qu’il y ait des tensions, c’est inhérent à toute jeune nation qui compte plus de 250 ethnies. Mais les institutions républicaines sont solides. L’armée camerounaise, qui défilera demain, est un modèle d’intégration nationale où toutes les régions sont représentées pour défendre l’intégrité du territoire. Critiquons les manquements, oui, mais préservons l’acquis sacré de la stabilité. »

Parade militaire .
Force de défense Camerounaise au boulevard du 20 mai(Crédit photo : Le Journal Chrétien)

Ce qui frappe l’observateur qui parcourt Yaoundé à la veille de ce 20 mai, c’est l’absence de naïveté de la population. Les Camerounais ne sont plus dupes des formules protocolaires. L’ère du consensus de façade est révolue, laissant la place à une exigence de vérité.

Pourtant, cette lucidité critique n’est pas synonyme de désamour. Bien au contraire, le fait que les habitants de la capitale expriment leurs frustrations avec autant de force démontre une volonté farouche de faire fonctionner le modèle camerounais.

Les Yaoundéens s’apprêtent à célébrer la Fête de l’Unité non pas comme la commémoration d’un processus achevé, mais comme le rappel solennel d’un chantier permanent qui attend des réformes structurelles profondes, portées par la justice sociale, l’équité territoriale et la réconciliation nationale.


Dans un paysage médiatique marqué par le mensonge, les fake news, les calomnies et les attaques contre les Evangéliques, le Journal Chrétien se positionne comme le média de la vérité qui propose une information indépendante et fiable, non biaisée par des intérêts d'actionnariat ou publicitaires.
JE FAIS UN DON MAINTENANT

Un service de presse reconnu par l'Etat

Le Journal Chrétien est un service de presse en ligne bénéficiant d’un agrément de la Commission paritaire des publications et agences de presse du Ministère de la Culture. Il est membre du Syndicat de la Presse Indépendante d’Information en Ligne (SPIIL), un syndicat professionnel français créé en afin de défendre les intérêts professionnels des éditeurs de presse en ligne indépendants. Il fait partie des sources d'information officielles de Google actualités dans tous les pays francophones. Dans un paysage médiatique marqué par le mensonge et les fake news et les calomnies, le Journal Chrétien se positionne comme le média de la vérité qui passe l'information au tamis de l'Évangile. Nos journalistes et correspondants essaient de s'approcher de la vérité des faits avec beaucoup d'humilité. Le professionnalisme des experts impliqués dans le Journal Chrétien garantit une procédure de sélection de grande qualité et un suivi des projets très rigoureux.
Quand les pasteurs et leurs églises sont victimes de dénonciations calomnieuses, le Journal Chrétien mène des investigations pour rétablir la vérité.
En plus de son activité éditoriale remarquable, le Journal Chrétien est l’éditeur de Bible.audio, une vaste plateforme de ressources bibliques comprenant une vingtaine de traductions bibliques, la Bible audio, la Bible interlinéaire, le comparateur de versions, la concordance biblique, les commentaires bibliques, les dictionnaires bibliques et les lexiques bibliques.
Il dispose également d'une chaîne de télévision chrétienne dénommée Chrétiens TV, qui diffuse ses programmes sur le canal 246 de la Freebox en France. Elle s’adresse à tous ceux qui souhaitent nourrir leur réflexion, leur foi ou simplement découvrir des programmes porteurs de sens et de bienveillance.

Ensemble, construisons un espace où la foi est honorée, respectée et protégée !

Les commentaires sont fermés.

LES ARTICLES LES PLUS LUS