Les USA peuvent confirmer la destruction de seulement un tiers de l’arsenal de missiles iranien
par Phil Stewart et Idrees Ali et Jonathan Landay et Erin Banco
WASHINGTON, 27 mars (Reuters) – Les États-Unis ne peuvent certifier la destruction que d’un tiers de l’arsenal de missiles iranien, alors que Donald Trump assure que la quasi-totalité des capacités militaires du régime est détruite, selon cinq sources proches du renseignement américain.
Le sort d’environ un autre tiers de ces missiles est moins certain, mais les bombardements ont probablement endommagé, détruit ou enfoui ces missiles dans des tunnels souterrains et des bunkers, ont déclaré quatre de ces sources. Elle se sont exprimées sous couvert d’anonymat compte tenu du caractère sensible de ces informations.
L’une des sources a indiqué que les renseignements étaient similaires concernant les capacités de l’Iran en matière de drones, précisant qu’il existait un certain degré de certitude quant à la destruction d’environ un tiers de ces derniers.
Cette évaluation, qui n’avait pas été rapportée auparavant, montre que si la plupart des missiles iraniens sont soit détruits, soit inaccessibles, Téhéran dispose toujours d’un stock important de missiles et pourrait être en mesure de récupérer certains missiles enfouis ou endommagés une fois les combats terminés.
Ces renseignements contrastent avec les affirmations du président américain Donald Trump jeudi, selon lesquelles l’Iran n’avait « plus que très peu de roquettes ». Mais il a paru reconnaître la menace que représentent les missiles et drones iraniens restants pour toute future opération américaine visant à sécuriser le détroit d’Ormuz, d’une importance vitale sur le plan économique.
« Le problème avec le détroit est le suivant : disons que nous faisons un excellent travail. Nous affirmons avoir détruit 99% (de leurs missiles). Ce 1% est inacceptable, car 1% représente un missile qui percute la coque d’un navire coûtant un milliard de dollars », a-t-il dit lors d’une réunion de ses ministres.
Interrogé à ce sujet, un responsable du Pentagone a précisé que les attaques iraniennes de missiles et de drones avaient diminué d’environ 90% depuis le début de la guerre, le 28 février. Le Commandement central de l’armée américaine « a également endommagé ou détruit plus de 66% des installations de production de missiles, de drones et de navires, ainsi que des chantiers navals iraniens », a ajouté ce responsable.
La Maison blanche n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire.
Le démocrate Seth Moulton, un ancien marine ayant effectué quatre missions en Irak, a refusé de commenter les conclusions de Reuters, mais a contesté les affirmations de Trump concernant l’impact de la guerre sur l’arsenal iranien.
« Si les Iraniens sont malins, ils ont conservé une partie de leurs capacités – il n’utilisent pas tout ce dont ils disposent. Et ils se tiennent prêts », a-t-il affirmé.
LES MISSILES IRANIENS, CIBLE PRINCIPALE DES USA
L’administration Trump entend affaiblir l’armée iranienne en coulant sa marine, en détruisant ses capacités en matière de missiles et de drones et en veillant à ce que la République islamique ne dispose jamais d’une arme nucléaire.
Les frappes américaines ont touché plus de 10.000 cibles militaires iraniennes à ce jour et, selon le Commandement central, ont coulé 92% des grands navires de la marine iranienne. L’armée américaine a publié des images montrant des attaques contre les usines qui produisent l’armement iranien et a souligné qu’elle ne visait pas seulement les stocks de missiles et de drones, mais aussi l’industrie qui les fabrique.
Le Centcom a toutefois refusé de préciser dans quelle mesure les capacités de l’Iran en matière de missiles et de drones ont été détruites.
Une source a indiqué qu’une partie du problème réside dans la difficulté à déterminer combien de missiles iraniens étaient stockés dans des bunkers souterrains avant le début de la guerre. Les États-Unis n’ont pas divulgué leur estimation de la taille du stock de missiles iraniens avant la guerre.
Selon des responsables militaires israéliens, l’Iran disposait avant la guerre de 2.500 missiles balistiques capables d’atteindre Israël. Plus de 335 lanceurs de missiles ont été « neutralisés », ce qui représente 70% de la capacité de lancement de l’Iran, a déclaré un haut responsable militaire israélien.
Les responsables israéliens reconnaissent en privé qu’il sera relativement plus difficile d’éliminer ce qu’ils estiment être les 30% restants de la capacité iranienne.
L’IRAN CONTINUE DE TIRER SUR SES VOISINS
Malgré l’intensité des frappes israélo-américaines, l’Iran a démontré qu’il n’était pas à court d’armements. Rien que jeudi, l’Iran a tiré 15 missiles balistiques sur les Émirats arabes unis (EAU), ainsi que 11 drones, selon le ministère de la Défense des EAU.
L’Iran a également fait étalage de nouvelles capacités. La semaine dernière, les forces iraniennes ont tiré pour la première fois des missiles à longue portée, visant la base militaire américano-britannique de Diego Garcia dans l’océan Indien.
Nicole Grajewski, experte des forces de missiles iraniennes et du Corps des gardiens de la révolution islamique à Sciences Po Paris, estime que l’administration Trump a peut-être exagéré l’ampleur de la dégradation des capacités iraniennes causée par les frappes.
Elle souligne ainsi que l’Iran a continué à mener des frappes depuis sa base militaire de Bid Kaneh, qui a pourtant été lourdement bombardée.
Pour Nicole Grajewski, l’Iran détient encore environ 30% de ses capacités balistiques. Elle ajoute que l’Iran disposait de plus d’une douzaine de grandes installations souterraines où des lanceurs et des missiles ont pu être conservés.
QUID DES TUNNELS IRANIENS
Un haut responsable américain a exprimé son scepticisme quant à la capacité des États-Unis à évaluer avec précision les capacités balistiques de l’Iran, en partie parce qu’il n’était pas clair combien d’entre elles se trouvaient sous terre et étaient accessibles d’une manière ou d’une autre. « Je ne sais pas si nous aurons un jour un chiffre précis », a-t-il dit.
Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a reconnu le défi posé par les réseaux de tunnels iraniens dans des propos tenus le 19 mars : « L’Iran est un vaste pays. Et tout comme le Hamas et ses tunnels (à Gaza), ils ont consacré toute l’aide, tout le développement économique, l’aide humanitaire, aux tunnels et aux roquettes. »
« Mais nous les traquons de manière méthodique, impitoyable et écrasante, comme aucune autre armée au monde ne peut le faire, et les résultats parlent d’eux-mêmes », a-t-il assuré, sans livrés de détails sur le pourcentage de missiles ou de drones détruits.
(Rédigé par Phil Stewart, Idrees Ali, Jonathan Landay et Erin Banco, avec la contribution de Rami Ayyub à Jérusalem ; version française Coralie Lamarque, édité par Sophie Louet)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
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2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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