L’Europe clôture en hausse, Trump fait espérer une désescalade avec l’Iran
par Blandine Henault
PARIS, 23 mars (Reuters) – Les Bourses européennes ont terminé lundi en nette hausse après avoir opéré un revirement complet à la mi-journée à la suite des déclarations de Donald Trump laissant entrevoir une baisse des tensions dans le conflit au Moyen-Orient, qui ont également provoqué une chute des cours du pétrole.
À Paris, le CAC 40 a terminé en hausse de 0,79% à 7.726,20 points après avoir perdu jusqu’à 2% au plus fort de la séance. Le Dax allemand s’est adjugé 0,96% tandis que le Footsie britannique a reculé de 0,24% sous l’effet du renchérissement de la livre sterling.
L’indice EuroStoxx 50 a gagné 1,18%, le FTSEurofirst 300 a pris 0,68% et le Stoxx 600 s’est adjugé 0,63%.
La séance avait débuté avec un plongeon des Bourses en Asie et en Europe, et un net repli était attendu à Wall Street, sur fond d’envolée des rendements obligataires souverains.
En cause, l’ultimatum lancé samedi soir par Donald Trump qui donnait 48 heures aux autorités iraniennes pour rouvrir « pleinement et sans menaces » le détroit d’Ormuz, sous peine « d’anéantir » les centrales électriques iraniennes.
Face à cette menace, l’Iran avait prévenu qu’il attaquerait les centrales électriques israéliennes et celles qui alimentent les bases américaines dans le Golfe.
Finalement, Donald Trump a fait savoir lundi qu’il avait donné ordre de reporter toutes les frappes militaires contre les centrales électriques et les infrastructures énergétiques iraniennes pour une période de cinq jours.
Les Etats-Unis et l’Iran « ont eu, ces deux derniers jours, des conversations très bonnes et productives en vue d’une résolution complète et totale des hostilités au Moyen-Orient », a-t-il ajouté dans un message publié sur son réseau Truth Social.
Ces déclarations ont provoqué un vif soulagement sur les marchés financiers même si elles ont été assez vite tempérées côté iranien. Nouvel homme fort du régime à Téhéran, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a ainsi démenti sur X toute négociation avec les Etats-Unis et mis en avant des « fake news » visant à manipuler les cours du pétrole.
« Nous verrons ce qu’il adviendra, mais au moins pour aujourd’hui, il y a une possibilité de discussions constructives et peut-être d’une forme de résolution au Moyen-Orient, et c’est exactement ce que les marchés veulent voir en ce début de semaine », estime Art Hogan, responsable de la stratégie de marchés chez B.Riley Wealth.
PÉTROLE
Les déclarations de Donald Trump font chuter les cours du brut, auparavant en hausse sous l’effet de l’ultimatum initial lancé par le locataire de la Maison blanche.
Le Brent recule de 9,2% à 101,61 dollars le baril après avoir touché un creux à 96 dollars. Il avait atteint plus tôt en séance 114 dollars.
Le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd 8,6% à 89,79 dollars.
TAUX
Le soulagement des investisseurs est aussi perceptible sur les obligations souveraines dont les taux s’étaient de nouveau envolés dans la matinée sur fond de craintes inflationnistes qui alimentent les anticipations sur une politique monétaire plus restrictive des banques centrales.
Le rendement des Treasuries à dix ans perd plus de deux points de base, à 4,3638% après un pic à 4,445% plus tôt en séance.
Celui du Bund allemand de même échéance, référence pour la zone euro, a reculé de plus de deux points de base, à 3,0190% après un plus haut journalier à 3,077%.
Le taux de l’OAT française à dix ans, qui s’envolait dans la matinée de plus de 10 points de base pour toucher un plus haut depuis juin 2009, a fini en baisse d’un point de base, à 3,7320%. Il avait touché plus tôt lundi 3,873%.
Le rendement du Gilt britannique à dix ans, qui a touché un pic depuis 2008 dans la matinée, a perdu plus de huit points de base, à 4,918%.
CHANGES
Le dollar, qui profitait avant les annonces de Donald Trump de l’aversion au risque, recule désormais. Il cède 0,37% face à un panier de devises de référence.
L’euro avance de 0,17% à 1,1595 dollar tandis que la livre sterling gagne 0,42% à 1,3397 dollar.
VALEURS EN EUROPE
Le revirement à la hausse en Europe a été sensible notamment sur le compartiment cyclique des ressources de base, qui a fini en hausse de 2,72% après avoir perdu jusqu’à 3,6%.
Le secteur du transport et loisirs (+2,57%) a profité de la chute des cours du brut, susceptible de freiner la hausse des prix du carburant qui frappe de plein fouet les compagnies aériennes.
Celui du pétrole et gaz a fini en baisse de 1,57%.
A Paris, Valneva a plongé après la publication en fin de matinée de données sur une étude de phase 3 concernant son candidat-vaccin contre la maladie de Lyme. Le titre de la biotech a dégringolé de 39%.
A WALL STREET
La Bourse de New York s’affichait dans le vert à l’heure de la clôture en Europe.
Le Dow Jones gagne 1,41% à 46.218,37 points, le S&P 500 prend 1,2% à 6.583,60 points et le Nasdaq Composite avance de 1,3% à 21.933,01 points.
LES INDICATEURS DU JOUR
Premier signe de l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur l’économie réelle, la confiance du consommateur en zone euro s’est dégradée plus que prévu depuis le début du mois de mars, ont montré les premiers résultats de l’enquête mensuelle de la Commission européenne.
Son indice est ressorti en estimation « flash » à -16,3, son plus bas niveau depuis 2023, après -12,3 (révisé) en février. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un indice à -14,4.
« La baisse de quatre points enregistrée en mars est l’une des plus importantes jamais observées, hormis celles survenues au début de la pandémie et lors du conflit ukrainien », a souligné Andrew Kenningham chez Capital Economics.
« Selon nos hypothèses actuelles concernant les prix du pétrole et du gaz, nous prévoyons une diminution des dépenses des ménages et une stagnation du PIB au cours des deux prochains trimestres. »
A SUIVRE MARDI
Les indicateurs d’activité PMI « flash » en Europe seront publiés dans la matinée et donneront un aperçu du moral des directeurs d’achats près d’un mois après le déclenchement de la guerre entre Etats-Unis, Israël et Iran.
(Rédigé par Blandine Hénault avec les bureaux de Reuters)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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