Le pape Léon XIV plaide en Turquie pour la paix
Le pape Léon a déploré jeudi lors de son premier déplacement hors d’Italie en tant que chef de l’Église catholique que le monde connaisse un nombre inhabituel de conflits sanglants, avertissant qu’une troisième guerre mondiale se déroulait « par morceaux » et que l’avenir de l’humanité était en jeu.
Dans son premier discours prononcé à l’étranger depuis son élection en mai à la tête des 1,4 milliard de catholiques, Léon, premier pape américain, a déclaré que « des ambitions et des décisions qui bafouent la justice et la paix » déstabilisaient le monde.
Il a déploré que le monde connaisse « un niveau accru de conflit à l’échelle mondiale, alimenté par des stratégies dominantes de puissance économique et militaire ».
« Nous ne devons en aucun cas céder à ces dérives », a-t-il plaidé lors d’un événement avec le président Recep Tayyip Erdogan après leur rencontre privée.
Prenant la parole avant le pape, le chef d’Etat turc a salué la « position avisée » du pape sur la question palestinienne et espérait que la visite serait bénéfique pour l’humanité en cette période de tensions et d’incertitudes.
Le souverain pontife a choisi la Turquie, majoritairement musulmane, comme première destination à l’étranger pour marquer le 1.700e anniversaire du concile fondateur de Nicée qui y a établi le Credo, encore récité aujourd’hui par la majorité des chrétiens, toutes tendances confondues.
AUDIENCE MONDIALE
Âgé de 70 ans, Léon XIV a atterri à Ankara peu après midi (09h00 GMT) en Turquie, d’où il gagnera le Liban dimanche.
Ce déplacement sera scruté de près alors qu’il prononcera ses premiers discours à l’étranger et visitera des sites culturels sensibles.
S’adressant aux journalistes à bord du vol papal qui l’emmenait en Turquie, Léon XIV a déclaré qu’il voulait mettre son premier voyage à l’étranger à profit pour appeler à la paix dans le monde et encourager les peuples de différentes origines à vivre ensemble en harmonie.
« Au-delà des différences, au-delà des religions diverses, des croyances différentes, nous sommes tous frères et sœurs et nous espérons promouvoir la paix et l’unité dans le monde entier », a déclaré le pape au début du vol de trois heures.
Les déplacements internationaux sont devenus une composante majeure du pontificat moderne, les papes recevant une audience mondiale en dirigeant des rassemblements parfois de plusieurs millions de personnes, en prononçant des discours de politique étrangère et en menant une diplomatie internationale.
« C’est un voyage très important car nous ne connaissons pas encore bien les vues géopolitiques de Léon, et c’est la première grande occasion pour lui de les clarifier », a déclaré à Reuters Massimo Faggioli, universitaire italien spécialiste du Vatican.
Relativement inconnu sur la scène internationale avant son élection, Léon a passé des décennies comme missionnaire au Pérou et n’est devenu responsable au Vatican qu’en 2023.
LE LIBAN ESPÈRE
Son prédécesseur, le pape François, avait prévu de visiter la Turquie et le Liban mais n’a pu s’y rendre en raison de la dégradation de sa santé.
François, qui a dirigé l’Église pendant 12 ans, affirmait souvent que les conflits mondiaux reflétaient une nouvelle guerre mondiale « par morceaux » et appelait à la fin des guerres en Israël et en Palestine, en Ukraine, en Irak, en Syrie et en Afrique.
Léon XIV s’envolera jeudi soir pour Istanbul, où se trouve le patriarche Bartholomée, chef spirituel des 260 millions de chrétiens orthodoxes.
Orthodoxes et catholiques se sont séparés lors du schisme de 1054, mais cherchent depuis plusieurs décennies à affermir leurs liens.
Léon XIV et Bartholomée se rendront vendredi à Iznik, à 140 km au sud-est d’Istanbul, autrefois appelée Nicée, où les premiers conciles ont formulé le Credo de Nicée, qui reste au coeur des rites chrétiens.
Contrairement à la pratique habituelle – les papes s’expriment généralement en italien lors de voyages –, Léon devrait prononcer ses discours en anglais en Turquie.
Au Liban, qui compte la plus forte proportion de chrétiens au Moyen-Orient, Léon XIV sera confronté aux répercussions du conflit à Gaza et à celui qui a sévi et qui couve encore au Sud-Liban.
Les dirigeants libanais, qui accueillent un million de réfugiés syriens et palestiniens et peinent à se relever après des années de crise économique, craignent une intensification des frappes israéliennes dans les mois à venir et espèrent que la visite papale attirera l’attention mondiale sur le pays.
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