Scor chute en Bourse, nouvelles incertitudes autour d’un arbitrage avec Covéa
PARIS (Reuters) – Le réassureur français Scor chute en Bourse jeudi après avoir informé d’une demande d’arbitrage du groupe d’assurance mutualiste français Covea concernant l’accord signé pour mettre fin au conflit né de la tentative de rachat de Scor par Covéa en 2018.
A l’occasion de la publication de ses résultats du deuxième trimestre, Scor a annoncé le dépôt par Covéa d’une demande d’arbitrage visant à contester la validité du protocole transactionnel élaboré et conclu sous l’égide de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) en 2021, qui avait pour but d’instaurer des « relations apaisées » entre les deux groupes.
Scor a jugé jeudi la demande de Covea « infondée ».
Cette annonce a éclipsé auprès des investisseurs la publication par Scor d’un bénéfice net supérieur aux attentes au titre du deuxième trimestre 2025 avec le résultat de ses activités d’assurance.
Le réassureur a fait état d’un résultat net de 226 millions d’euros pour la période allant d’avril à juin, contre une perte de 308 millions d’euros à la même période l’année dernière, et un rendement annualisé des capitaux propres (RoE) de 22,6%.
Les analystes attendaient en moyenne un bénéfice net de 201 millions d’euros pour un RoE de 17,9%, selon un consensus compilé par le groupe.
« De notre point vue, le seul point négatif notable de la publication d’aujourd’hui est l’annonce du dépôt par Covéa d’une nouvelle demande d’arbitrage relative à l’accord transactionnel de 2021 », soulignent dans une note les analystes de Jefferies, relevant que les résultats financiers en eux-même constituent une « surprise agréable ».
A la Bourse de Paris, le titre Scor perdait 6,45% vers 07h52 GMT alors que la SBF 120 gagnait au même moment 0,02%.
« Dans l’ensemble, nous considérons les résultats du deuxième trimestre comme mitigés, avec des résultats supérieurs aux prévisions pour la réassurance vie et santé et ce que nous estimons être une solide performance sous-jacente pour la réassurance dommages, compensés par un chiffre d’affaires plus faible en réassurance dommages et l’incertitude entourant l’arbitrage Covéa », ont réagi pour leur part les analystes de Goldman Sachs dans une note publiée jeudi.
RATIO DE SOLVABILITE DE 210%
En réassurance dommages et responsabilité (P&C), Scor a dégagé un résultat d’assurance en hausse de 19,6% sur un an à 241 millions d’euros, en ligne avec les attentes, pour des revenus d’assurance en baisse de 9,7% à 1,83 milliard d’euros « en raison de l’effet négatif de -6,4 points de la commutation d’un contrat significatif ».
Le ratio combiné, le rapport entre les sinistres et les primes, est ressorti à 82,5%, en amélioration de 4,4 points sur un an et meilleur qu’attendu (83,1%). La charge liée au catastrophes naturelles a atteint 3,8%, « reflet d’une faible activité au cours du trimestre ».
En réassurance vie et santé, Scor a publié un résultat de 118 millions d’euros, contre 108 millions d’euros attendu par le consensus et une lourde perte de 329 millions d’euros au deuxième trimestre 2024. Les revenus d’assurance de la division ont diminué de 3,3% à 1,98 milliard d’euros.
Surtout, la marge pour service contractuel (CSM) en réassurance vie et santé, reflétant la valeur de la marge future attendue sur les contrats, a atteint 136 millions d’euros sur la période contre 93 millions d’euros attendu en moyenne par le consensus.
Le ratio de solvabilité du groupe est ressorti à 210% à fin juin 2025 et la valeur économique du groupe mesurée selon le référentiel comptable IFRS 17 à 8,5 milliards d’euros.
Scor a précisé dans le communiqué que la rentabilité technique des affaires renouvelées en juin-juillet, soit environ 14% de ses primes de réassurance dommages, est restée stable, précisant avoir encore réduit son exposition aux lignes responsabilité aux Etats-Unis.
(Rédigé par Bertrand De Meyer, édité par Blandine Hénault)
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