Alors que Trump se rend dans le Golfe, Israël craint de ne plus être une priorité
par James Mackenzie
JERUSALEM (Reuters) – Les dirigeants israéliens s’efforcent de faire bonne figure lorsqu’on les interroge sur la tournée que Donald Trump va effectuer cette semaine au Proche-Orient, mais le fait que le président américain n’ait pas prévu d’étape en Israël alimente le questionnement sur les priorités des États-Unis.
Pour ajouter au trouble naissant, les services du Premier ministre Benjamin Netanyahu ont dit dimanche avoir été informés par Washington de la libération prochaine par le Hamas de l’otage israélo-américain Edan Alexander, après des échanges entre les États-Unis et le groupe palestinien auxquels Israël n’a pas été convié.
Donald Trump, qui est attendu dans la semaine en Arabie saoudite, au Qatar et aux Émirats arabes unis, a également semé la consternation en Israël la semaine dernière en annonçant de manière impromptue que l’armée américaine allait cesser de bombarder le Yémen après un accord avec les Houthis qui prévoit l’arrêt des attaques contre les navires marchands en mer Rouge, mais pas des tirs de missiles ou de drones contre Israël.
« Le message envoyé aux pays de la région est clair : Israël n’est plus une priorité pour les États-Unis », estime Itamar Eichner, correspondant diplomatique du site d’informations israélien Ynet, un avis largement partagé en Israël.
Un responsable israélien a qualifié d' »embarrassante » l’annonce de Donald Trump à propos du Yémen, ajoutant qu’il faut s’attendre avec le président américain « au meilleur comme au pire ».
Si Israël dit se coordonner étroitement avec les États-Unis sur l’avenir de la bande de Gaza depuis que Benjamin Netanyahu a embrassé l’idée de Donald Trump d’une mise sous tutelle américaine de l’enclave palestinienne, certains responsables israéliens reconnaissent être de plus en plus souvent pris de court par les initiatives américaines.
S’exprimant sous le sceau de l’anonymat, un haut fonctionnaire dans l’entourage du Premier ministre israélien a évoqué un certain « chaos » au sein de l’administration Trump, ajoutant que les décisions impulsives de Washington ne bénéficient pas toujours à son pays.
« CHACUN POUR SOI »
L’accord conclu avec les Houthis, alliés de l’Iran, a ainsi accentué le malaise suscité par l’ouverture de pourparlers entre Washington et Téhéran à propos du programme nucléaire iranien, là où Israël plaide pour une politique de fermeté incluant la menace de frappes militaires.
Les autorités israéliennes se sont aussi alarmées d’informations de Reuters selon lesquelles les États-Unis ne conditionnent plus une coopération avec l’Arabie saoudite dans le domaine du nucléaire civil à la normalisation des relations entre le royaume et l’Etat hébreu, une priorité du gouvernement Netanyahu.
« Nous nous coordonnons. Cela ne signifie pas que nous devons être d’accord à 100% sur tous les sujets », a déclaré dimanche le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar. « Je pense que nous avons un très, très grand terrain d’entente avec cette administration, plus que par le passé », a-t-il ajouté.
L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, a nié la semaine dernière toute prise de distance entre les deux pays. « Le président a apporté un soutien constant (à Israël) et je n’ai aucune raison de croire que cela va changer », a-t-il déclaré.
L’annonce de la libération prochaine d’Edan Alexander a jeté le trouble dans l’opinion publique, alors que de nombreux Israéliens appellent en vain Benjamin Netanyahu à faire du retour des derniers otages du Hamas sa priorité.
« Il ne fait guère de doute que les agendas des États-Unis et d’Israël ne sont pas les mêmes en ce moment », a commenté Jack Gottlieb, un retraité vivant à Tel-Aviv. « Désormais, c’est chacun pour soi. »
Israël n’a pas d’autre choix que de prendre acte des initiatives américaines sur les otages, le Yémen ou l’Iran, Benjamin Netanyahu devant à tout prix éviter de perdre le soutien de Donald Trump alors que la pression internationale s’accentue pour mettre fin à la guerre à Gaza.
Le Premier ministre s’est ainsi entretenu lundi par téléphone avec le président américain et l’a « remercié » pour ses efforts pour obtenir la libération d’Edan Alexander, ont fait savoir ses services dans un communiqué.
En privé, des responsables israéliens se disent conscients de prendre un risque en s’appuyant sur un dirigeant aussi imprévisible que Donald Trump, a fortiori au vu de la désinvolture avec laquelle le président américain traite certains alliés historiques des États-Unis.
« Mais nous n’avons pas le choix », estime l’un d’eux.
(Avec la contribution d’Emily Rose et du bureau de Jérusalem ; version française Tangi Salaün, édité par Sophie Louet)
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