Massacre au Nigeria : Six chrétiens tués par des bergers peuls radicaux au Plateau
Le Nigeria, un cimetière à ciel ouvert. Selon « Christian Daily International » et « Morning Star News », dans l’État du Plateau, au Nigeria, les balles ont une fois de plus remplacé les prières. Six chrétiens ont été tués et plusieurs autres blessés lors de violentes attaques nocturnes menées par des bergers peuls radicaux dans les villages majoritairement chrétiens de NTV et Kakuruk, dans la zone de gouvernement local de Barkin Ladi. Qu’est-ce qui cette énième violence envers les chrétiens ?
Encore un nouveau massacre
Dans un climat de tension permanente où la peur est devenue un triste compagnon de route, les communautés chrétiennes pleurent leurs morts. Selon Bature Iliya Adazaram, un jeune leader communautaire, les assauts meurtriers se sont succédé à 24 heures d’intervalle, plongeant les habitants dans l’effroi.
Le 3 mai, trois chrétiens ont été abattus à NTV, suivis, le lendemain, d’une embuscade sanglante à Kakuruk, où trois autres ont succombé sous les balles des assaillants à 20h11.
Parmi les victimes identifiées figurent Nyam Davou, 44 ans ; Kande Thomas, 40 ans ; et sa fille âgée de seulement six mois, fauchée en pleine innocence.
Les survivants, dont plusieurs femmes et enfants grièvement blessés, ont été admis à l’hôpital général de Barkin Ladi. Leur état, quoique stable, rappelle la précarité de la vie dans cette région où la mort rôde à chaque coucher de soleil.
« Les attaques s’intensifient et visent clairement à déposséder les chrétiens de leurs terres », a alerté Adazaram dans un communiqué poignant. Il pointe du doigt une volonté délibérée des extrémistes musulmans de semer le chaos pour imposer un califat islamique dans le centre du Nigeria.
« Ces massacres ne sont ni des accidents ni des querelles de pâturages, mais bien une stratégie d’expansion territoriale déguisée en conflit communautaire », a-t-il martelé.
Pourquoi le silence des autorités ?
Selon lui, les signaux d’alerte lancés à maintes reprises sont restés lettre morte, les autorités peinant à agir en amont.
« C’est à croire que les terroristes ont un boulevard tout tracé. Ils profitent du manque criant de sécurité pour frapper impunément. La liste des morts s’allonge, les villages s’éteignent, et l’espoir vacille », déplore-t-il.
Ces attaques ne sont pas isolées. Elles s’inscrivent dans une série noire de violences menées depuis 2018 par des milices peules radicalisées, souvent épaulées par d’autres groupes djihadistes actifs dans le pays.
Le bilan est glaçant : des centaines de morts, des milliers de déplacés et des communautés entières rayées de la carte. À Noël 2023, plus de 230 chrétiens ont été massacrés dans un carnage passé presque sous silence hors des frontières.
Face à ce drame à répétition, le président du conseil local de Barkin Ladi, Stephen Pwajok Gyang, a exprimé sa profonde tristesse lors d’une visite aux blessés.
À travers son porte-parole, Mercy Yop Chuwang, il a condamné la résurgence de cette violence barbare qui gangrène les efforts de paix.
Même son de cloche du côté du Révérend Danjuma Byang, membre influent de la communauté chrétienne du Plateau. Il dénonce une entreprise planifiée de nettoyage ethno-religieux.
« Ces hommes armés veulent rayer de la carte plus de 200 communautés chrétiennes. Plus de 60 ont déjà été occupées par les Peuls. C’est une guerre silencieuse, mais féroce. »
Le général de division Folusho Oyinlola, commandant de l’opération militaire Safe Haven, a tiré la sonnette d’alarme face à l’arrivée massive de troupeaux peuls dans les zones agricoles. « Si ces mouvements ne sont pas inédits, leur ampleur actuelle est une véritable poudrière. Il ne faut pas attendre que l’irréparable se produise », a-t-il déclaré.
Le Nigeria, un cimetière à ciel ouvert
Sur le plan international, le Groupe parlementaire multipartite britannique pour la liberté de religion (APPG) a pointé dans un rapport que certains Peuls, bien qu’issus de communautés diverses, adhèrent à des idéologies radicales comparables à celles de Boko Haram ou de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). « Ils ciblent les chrétiens et les symboles de leur foi avec une précision glaçante », indique le rapport.
Le Nigeria, géant d’Afrique de l’Ouest, est devenu, selon la World Watch List 2025, un cimetière à ciel ouvert pour les chrétiens. Sur les 4 476 chrétiens tués dans le monde en raison de leur foi l’an dernier, 3 100 ont péri au Nigeria – soit près de 70 % du total mondial.
Dans ce pays où l’indifférence des autorités fait office de complice silencieuse, le sang continue de couler comme une rivière sans embouchure. Et, pendant que les communautés chrétiennes enterrent leurs morts, les questions restent sans réponse. Combien de vies faudra-t-il encore sacrifier avant que le monde ne sorte de son mutisme ?
Ernest Saint Bénifils
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