Wall Street vue en baisse, les dépenses d’IA inquiètent
par Pauline Foret
(Reuters) – Wall Street est attendue en baisse jeudi et les Bourses européennes reculent à mi-séance, les inquiétudes autour de la vitesse à laquelle les actionnaires pourront voir un retour sur investissement dans l’intelligence artificielle (IA) à la suite des mises en garde de Meta ayant contrebalancé les dernières données sur la croissance de la plus grande économie mondiale.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en baisse avec un recul de 0,44% pour le Dow Jones, de 0,59% pour le Standard & Poor’s-500 et de 0,66% pour le Nasdaq.
À Paris, le CAC 40 perd 1,01% à 7.353,16 points vers 12h23 GMT. A Francfort, le Dax recule de 0,56% et à Londres, le FTSE 100 cède 0,72%.
L’indice EuroStoxx 50 est en baisse de 0,84%, le FTSEurofirst 300 de 0,88% et le Stoxx 600 de 0,89%.
En marge de la publication de ses résultats par ailleurs supérieurs aux attentes, Meta a prévenu d’une « accélération significative » l’année prochaine de la « croissance des dépenses d’infrastructures », citant une dépréciation et des coûts opérationnels plus élevés pour ses infrastructures élargies liées à l’intelligence artificielle.
Le groupe ne s’attend pas à récolter dans l’immédiat le fruit de ces investissements, entraînant une surveillance accrue de la part des investisseurs à l’égard de ses dépenses. Face à ces inquiétudes, les « megacaps » technologiques flanchent, entraînant avec elles les principaux indices dans l’attente des résultats d’Amazon et d’Apple ce soir.
La prudence reste également de mise sur les marchés mondiaux à la veille de la publication du rapport sur l’emploi américain et à quelques jours de l’élection présidentielle, dont le scrutin s’annonce particulièrement serré.
Les paris vont néanmoins bon train quant à l’avenir de la politique monétaire de la Réserve fédérale, des données publiées mercredi ayant montré que l’économie américaine a crû de 2,8% sur un an au troisième trimestre, dépassant la marque des 2% pour la huitième fois sur les neuf derniers trimestres, selon Michael Brown, stratégiste chez Pepperstone.
En Europe, les marchés souffrent de la baisse de BNP Paribas, causée par la publication de ses résultats trimestriels, et des valeurs technologiques telles qu’ASMI et SAP.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
Meta Platforms, propriétaire notamment du réseau social Facebook, a publié mercredi des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, mais a toutefois prévenu d’une « accélération significative » de ses dépenses d’infrastructures liées à l’intelligence artificielle (IA). L’action cotée à la Bourse de Francfort chute de plus de 3%.
Microsoft a fait état mercredi de résultats trimestriels supérieurs aux attentes de Wall Street, profitant de la demande accrue pour ses services d’informatique dématérialisée (« cloud ») dans un contexte d’engouement pour l’intelligence artificielle (IA). Dans le sillage de Meta et des inquiétudes autour de la rapidité d’un retour sur les investissements dans l’IA, les actions cotées à Francfort chutent de 4,04%.
Après les résultats de Microsoft et Meta, les « megacaps » technologiques reculent : Nvidia, Amazon et Alphabet perdent tous trois environ 1,3% avant la cloche.
Côté indicateurs, les données préliminaires de l’inflation harmonisée en France se sont établies à 1,5% en octobre, tandis que les ventes au détail allemandes ont affiché une croissance surprise en septembre. Dans la zone euro, l’inflation a à nouveau accéléré pour atteindre 2% en octobre.
VALEURS EN EUROPE
À Paris, BNP Paribas perd 5,7% après que ses activités de crédit à la consommation et de crédit-bail automobile au troisième trimestre ont déçu les marchés.
Sa rivale, Société Générale, prend quant a elle 9,41% après avoir fait état jeudi de résultats meilleurs qu’attendu au troisième trimestre, portés par le rebond de la banque de détail et la dynamique des métiers actions, tout en annonçant un remaniement de sa direction
Spie perd 6,4%, la croissance organique et de la production du groupe français ayant notamment déçu les attentes des analystes.
À Zurich, SoftwareOne dégringole de 39,4% après avoir fortement abaissé jeudi ses prévisions annuelle de chiffre d’affaires.
TAUX
Les rendements obligataires sont influencés ce jeudi à la fois par la croissance légèrement moins forte que prévu de l’économie américaine au troisième trimestre et par des données solides relatives aux dépenses des consommateurs et au secteur privé.
Le rendement des Treasuries à dix ans avance de 1,4 point de base à 4,2783%, le deux ans de 2,7 points de base à 4,1764%.
Le rendement du Bund allemand à dix ans prend quant à lui 3,9 points de base à 2,4130% et le deux ans 4,5 points de base à 2,3280%.
CHANGES
Dans l’attente des dépenses de consommation personnelle (PCM) aux États-Unis et du rapport sur l’emploi de vendredi et à moins d’une semaine des élections présidentielles, le dollar est proche de l’équilibre ce jeudi.
Le billet vert gagne 0,05% face à un panier de devises de référence.
Après des données ayant montré que l’inflation avait à nouveau accéléré dans la zone euro, la monnaie unique gagne 0,18% à 1,0875 dollar.
PÉTROLE
Les prix du pétrole se stabilisent quelque peu jeudi après avoir crû la veille, portés par une demande américaine plus forte que prévu.
Le Brent gagne 0,62% à 73,00 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 0,87% à 69,21 dollars.
(Rédigé par Pauline Foret, édité par Kate Entringer)
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