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Netanyahu présente au Congrès US un projet vague pour Gaza, des élus boudent son discours

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par Patricia Zengerle et Matt Spetalnick

WASHINGTON (Reuters) – Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a présenté mercredi un projet vague pour l’après-guerre à Gaza et appelé les Etats-Unis à lui fournir davantage d’aide militaire, au cours d’un discours devant le Congrès américain qu’ont boudé des dizaines d’élus, tandis que des milliers de manifestants pro-Palestiniens étaient rassemblés à proximité.

Durant environ une heure, dans des commentaires interrompus fréquemment par des applaudissements, Benjamin Netanyahu a aussi rejeté les critiques sur l’offensive menée par Israël dans la bande de Gaza en réponse à l’attaque du Hamas en octobre dernier lors de laquelle 1.200 personnes ont été tuées, selon les autorités israéliennes. Plus de 39.000 Palestiniens ont depuis lors été tués, d’après les services de santé gazaouis.

Les manifestants qu’il a décrits comme « anti-Israël » et se tenant au côté du Hamas « devraient avoir honte », a déclaré le dirigeant israélien, accusant sans preuve les contestataires d’être financés par l’Iran, ennemi de longue date d’Israël, et les qualifiant d' »idiots utiles » de Téhéran.

Il a par ailleurs imputé au Hamas la famine signalée dans la bande de Gaza, assurant qu’Israël faisait tout son possible pour protéger les civils gazaouis. Des agences onusiennes et des ONG ont reproché par le passé à Israël de ne pas permettre des flux sans entrave d’aide humanitaire dans l’enclave palestinienne.

Un haut représentant du Hamas, Sami Abou Zouhri, a déclaré à Reuters que le discours de Benjamin Netanyahu montrait que celui-ci ne voulait pas d’un accord de cessez-le-feu, lui reprochant des « mensonges » insuffisants pour « masquer les crimes de guerre et de génocide que son armée commet » à Gaza.

GAZA « DÉMILITARISÉE ET DÉRADICALISÉE »

Benjamin Netanyahu, à la longévité inédite au pouvoir, s’exprimait pour la quatrième fois lors d’une session plénière du Congrès américain, un record – le dirigeant britannique Winston Churchill avait eu cet honneur à trois reprises.

Il a été accueilli par une ovation des élus républicains, qui se sont levés à plusieurs reprises pour saluer avec ferveur ses déclarations, notamment lorsque le dirigeant israélien a promis de libérer bientôt les otages encore détenus à Gaza, tandis que les élus démocrates ont affiché de la retenue.

Des dizaines d’élus démocrates du Congrès avaient décidé de ne pas assister à ce discours, voulant ainsi montrer leur désapprobation face à la mort de milliers de civils palestiniens tués à Gaza depuis le début du siège total mené par Israël en réponse à l’attaque du Hamas.

Au cours de son discours, Benjamin Netanyahu a souligné l’importance du soutien des Etats-Unis à Israël, appelant à la livraison d’armes supplémentaires, dans un contexte de réprobation grandissante de la communauté internationale alors que le conflit à Gaza fait craindre un embrasement régional.

« L’accélération de l’aide militaire américaine pourrait favoriser de manière significative une fin à la guerre à Gaza et aider à empêcher un conflit plus large au Moyen-Orient », a-t-il dit, ajoutant qu’Israël menait des efforts intensifs pour garantir la libération des otages.

Le Premier ministre israélien a évoqué sa vision de Gaza post-guerre: une enclave « démilitarisée et déradicalisée » dirigée par des Palestiniens ne cherchant pas à détruire Israël.

Washington presse depuis plusieurs mois Benjamin Netanyahu de détailler ses projets pour « le jour d’après » dans la bande de Gaza. Le dirigeant israélien a déclaré par le passé qu’il n’autoriserait pas le Hamas à contrôler l’enclave et ne voulait pas non plus donner un rôle à l’Autorité palestinienne, qui dispose de prérogatives limitées en Cisjordanie occupée.

LE CAPITOLE SOUS HAUTE SÉCURITÉ

Comme depuis plusieurs mois à travers les Etats-Unis, notamment sur les campus des universités, des milliers de manifestants se sont rassemblés dans la journée près du Capitole, où le dispositif de sécurité était sans précédent depuis la révolte sanglante du 6 janvier 2021.

Peu avant le début du discours de Benjamin Netanyahu, la police du Capitole a dit avoir été contrainte de faire usage de gaz lacrymogène contre certains contestataires devenus violents.

Des drapeaux palestiniens ont été brandis par des manifestants, de même qu’une pancarte « Wanted War Criminal » – une référence au mandat d’arrêt émis à l’encontre de Benjamin Netanyahu par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre présumés. Le dirigeant israélien nie ces accusations.

Si la venue de Benjamin Netanyahu au Congrès a été orchestrée par les chefs de file parlementaires du Parti républicain, la tonalité de son discours a été moins conflictuelle qu’en 2015, quand le dirigeant israélien avait critiqué la politique à l’égard de l’Iran du président démocrate à l’époque, Barack Obama.

En plus de renforcer ses liens traditionnels avec les républicains, Benjamin Netanyahu entend lors de sa visite aux Etats-Unis apaiser les tensions avec le président Joe Biden, dont il espère le soutien jusqu’au bout, trois jours après l’annonce de la fin de la campagne de réélection du dirigeant démocrate. Le mandat de Biden prendra fin en janvier prochain.

RENCONTRES AVEC BIDEN, HARRIS PUIS TRUMP

Benjamin Netanyahu doit rencontrer jeudi, pour des réunions distinctes, Joe Biden et la vice-présidente Kamala Harris, vraisemblable candidate démocrate pour l’élection présidentielle de novembre et qui a affiché une opposition parfois plus affirmée que Biden à l’offensive israélienne dans la bande de Gaza pour le lourd bilan parmi les civils palestiniens.

Le Premier ministre israélien doit ensuite se rendre vendredi en Floride pour y rencontrer l’ancien président républicain Donald Trump pour la première fois depuis la fin du mandat présidentiel de ce dernier, lors duquel les deux hommes ont noué des liens étroits.

Alors qu’elle aurait dû en temps normal présider un tel discours, du fait de son statut de vice-présidente, Kamala Harris n’était pas présente au Congrès, à moins de quatre mois du scrutin de novembre pour lequel elle vient d’entrer en campagne. Le colistier républicain de Donald Trump, le sénateur J.D. Vance, n’était pas là non plus.

Certains élus du Congrès ont dit être mal à l’aise avec l’idée qu’assister au discours de Benjamin Netanyahu puisse être vu comme un soutien au dirigeant israélien et à son gouvernement ultra-conservateur, dans un contexte de chute de la cote de popularité du Premier ministre israélien dans son pays.

D’autres avaient déclaré vouloir de Benjamin Netanyahu qu’il se focalise sur la conclusion d’un accord de cessez-le-feu permettant la libération des otages encore détenus à Gaza.

Via le réseau social X, le sénateur démocrate Chris Murphy a déclaré que le discours de Benjamin Netanyahu marquait un pas en arrière dans les relations entre les Etats-Unis et Israël. « La minimisation de la crise humanitaire a été surprenante à entendre », a-t-il écrit.

« Benjamin Netanyahu aurait mieux fait d’utiliser ce temps pour finaliser un accord afin de ramener les otages à la maison et mettre fin à la guerre (…) », a-t-il ajouté.

(Patricia Zengerle, avec Matt Spetalnick, Rami Ayyub, Ismail Shakil et Doina Chiacu; version française Jean Terzian)

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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires


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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public 



Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature. 
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme. 
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives. 
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires). 
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne. 

Le piège de l’uniformisation de l'information


L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire); 
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.  
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite. 

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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés. 
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises. 
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