Paris+, nouveau rendez-vous d’un marché de l’art florissant
par Elizabeth Pineau
PARIS (Reuters) – Dans une époque lourde de crises, un domaine tire son épingle du jeu : l’art contemporain, qui prend cette fin de semaine ses quartiers d’automne dans la capitale française sous la forme d’un nouveau rendez-vous baptisé « Paris+ par Art Basel ».
Pandémie oblige, Paris n’avait pas connu pareille effervescence depuis trois ans et l’attente était forte depuis l’attribution de l’évènement à la célèbre foire suisse – déjà présente à Hong Kong et Miami – après un appel d’offres passé par le président de la Réunion des musées nationaux-Grand Palais.
Au total, 156 exposants venus de 30 pays constituent Paris+, qui remplace la Foire internationale d’art contemporain (Fiac) et succède à sa rivale londonienne Frieze, organisée la semaine dernière à Regent’s Park.
« Une galerie a vendu trois peintures à deux collectionneurs différents dans les dix premières minutes de la foire, donc l’optimisme est de rigueur », se félicitait mercredi son directeur, Clément Delépine, peu après l’ouverture de Paris+ au Grand Palais Ephémère proche de la Tour Eiffel où le prix des oeuvres varie d’un millier à 30 millions d’euros.
« On est présents sur tous les segments du marché avec un niveau qualitatif sans précédent. Les galeries apportent leurs oeuvres majeures car elles savent qu’elles ont la capacité de faire venir les collectionneuses et collectionneurs qui sauront les rencontrer et les acheter, a-t-il expliqué à Reuters.
Dans le salon où des dizaines de milliers de personnes sont attendues jusqu’à dimanche, les amateurs d’art peuvent admirer des tableaux de Pablo Picasso, Fernand Léger, Tom Wesselmann, Henri Matisse, Joan Mitchell, Edvard Munch et des oeuvres plus récentes signées Tschabalala Self, Maxwell Alexandre et Sung Tieu.
« EN PLEIN BOOM »
Le galeriste parisien Kamel Mennour expose, entre autres, plusieurs oeuvres d’Alberto Giacometti.
« Travailler avec Art Basel amène un nouveau public, qui vient d’Amérique, d’Asie. Paris a déjà beaucoup d’énergie mais cela produit une accélération. Paris est en plein boom », a déclaré à Reuters cette figure du milieu artistique parisien.
« Les propositions des fondations Pinault, Arnault, Cartier, le centre Pompidou, le musée d’Orsay, le musée Guimet. C’est fantastique. Si j’étais un Américain, je viendrais à Paris ! », ajoute-t-il avec enthousiasme. « Les gens ont faim, ils veulent voir, manger et digérer des oeuvres d’art. »
Une embellie confirmée, quelques stands plus loin, par son confrère Emmanuel Perrotin.
« Le monde entier s’est mis à s’intéresser à l’art contemporain », a-t-il déclaré à Reuters. « Quand j’ai commencé ma carrière, très peu de pays avaient des collectionneurs, des musées, des outils de promotion. De nos jours, on parle énormément de nous et un support comme Instagram a rendu ce phénomène complètement mondial, nos galeries n’ont jamais été autant visitées, physiquement ou virtuellement. »
Selon la base de données Artprice, l’art contemporain – qui désigne des oeuvres de 1945 à nos jours – représentait 23% du marché de l’art en 2020-2021, contre 3% vingt ans plus tôt.
Le regain d’intérêt pour Paris, qui a notamment profité du recul de Londres lié aux incertitudes du Brexit, a conduit à l’ouverture de galeries dans la capitale française. Telle celle de la Franco-Somalienne basée à Chicago Mariane Ibrahim, qui a vendu toutes les oeuvres de son stand dès mercredi, lors de l’avant-première sur invitation de Paris +. Ou le Zurichois Peter Kilchmann, qui vient d’ouvrir un espace dans le Marais.
« Pendant la Covid, il est devenu clair pour moi que je voulais aller dans une ville accessible en train. Paris est la seule grande ville du continent, la seule importante pour l’art contemporain, donc venir ici était une évidence », a-t-il dit à Reuters, heureux d’avoir vendu plusieurs pièces en quelques heures.
Dans un coin de son espace, un néon rose, oeuvre de la Franco-Bosniaque Maja Bajevic, ramène le visiteur à la dure réalité dont moult artistes témoignent, partout dans la foire : « People die » (« Des gens meurent »).
Aucune galerie russe ni ukrainienne ne fait partie de la première édition de Paris + par Art Basel.
(Reportage Elizabeth Pineau)
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