Ukraine: Premières sanctions occidentales contre la Russie
par Andrew Osborn et Polina Nikolskaya
MOSCOU/DONETSK (Reuters) – L’Allemagne et la Grande-Bretagne ont annoncé mardi une première salve de sanctions contre la Russie après la reconnaissance la veille par Vladimir Poutine de l’indépendance de deux régions séparatistes de l’est de l’Ukraine.
La décision de l’Allemagne de suspendre la certification du projet phare Nord Stream 2, censé doubler l’apport en gaz russe à la première économie d’Europe, est largement considérée comme l’une des plus fortes initiatives que l’Europe pouvait prendre.
« C’est une mesure moralement, politiquement et matériellement juste dans les circonstances actuelles », a déclaré le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmitro Kuleba.
« Un véritable leadership implique des actes difficiles dans des moments difficiles. La démarche de l’Allemagne en est la preuve », a-t-il ajouté.
Malgré cette décision allemande, saluée par plusieurs pays occidentaux dont les Etats-Unis, Vladimir Poutine a annoncé que la Russie maintiendrait l’approvisionnement mondial en gaz.
« La Russie entend maintenir les approvisionnements ininterrompus, y compris en gaz naturel liquéfié, sur les marchés mondiaux, améliorer les infrastructures connexes et augmenter les investissements dans le secteur du gaz », a-t-il dit.
DES SANCTIONS EUROPÉENNES IMMINENTES
L’Union européenne est sur le point d’adopter un premier train de sanctions contre la Russie qui pourrait viser, selon Bruno Le Maire, le ministre français de l’Economie, le secteur financier et des hommes politiques russes et comprendre un gel des avoirs bancaires.
La reconnaissance officielle par la Russie des régions ukrainiennes du Donetsk et de Lougansk est « illégale et inacceptable », ont déclaré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Charles Michel.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères, Josep Borrell, tiendront une conférence de presse à 16h30 GMT sur la situation en Ukraine.
La Grande-Bretagne a annoncé de son côté des sanctions à l’encontre de cinq banques et trois hommes d’affaires russes.
La reconnaissance par la Russie des régions séparatistes et l’autorisation par Vladimir Poutine d’y envoyer des troupes de « maintien de la paix » sont encore loin de l’invasion massive redoutée par les pays occidentaux depuis des semaines.
Les actions du Kremlin laissent toutefois les dirigeants occidentaux dans l’incertitude quant aux véritables intentions du président russe sur l’Ukraine.
Au cours d’une longue allocution télévisée lundi soir, perçue comme décousue, Vladimir Poutine a qualifié les dirigeants ukrainiens d’illégitimes et l’Etat ukrainien d’artificiel, arraché à tort à Moscou après la chute de l’Union soviétique.
Kristina Kvien, la plus haute diplomate américaine en Ukraine, a déclaré que les « déclarations scandaleuses de Vladimir Poutine sur l’Ukraine et le peuple ukrainien étaient délirantes, reflétant une vision déformée qui rappelle, non pas un leader mondial, mais les pires autoritaires d’Europe ».
L’Ukraine pourrait rompre ses liens diplomatiques avec la Russie, a fait savoir son président Volodimir Zelenski, qui a exhorté ses alliés à imposer des sanctions sans plus attendre.
La chambre haute du Parlement russe a pour sa part approuvé à l’unanimité des traités d’amitié avec les républiques autoproclamées de Donetsk et Louhansk.
Ces accords, qui entreront en vigueur dès leur signature par Vladimir Poutine, pourraient permettre à Moscou d’installer des bases militaires, de définir un dispositif commun de défense et de renforcer la coopération économique avec ces territoires.
DES VIOLENCES SE POURSUIVENT
D’après l’armée ukrainienne, deux soldats ont été tués et 12 blessés dans des bombardements par des séparatistes pro-russes dans l’est du pays au cours des dernières 24 heures.
Le président américain Joe Biden a signé un décret interdisant aux ressortissants américains de procéder à de quelconques activités économiques dans les deux régions séparatistes de l’Est ukrainien.
Les Etats-Unis ont discuté de sanctions mais se sont jusqu’à présent limités aux mesures directement liées aux régions séparatistes, préférant semble-t-il mettre de côté pour le moment des sanctions plus lourdes contre la Russie elle-même.
La décision du président russe de lancer une opération qualifiée de « maintien de la paix » ne constitue pas une invasion supplémentaire du pays déclenchant de vastes sanctions américaines car la Russie disposait déjà de troupes dans les régions séparatistes, ont souligné des représentants américains.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a estimé que l’Occident imposerait des sanctions quelle que soit la suite des évènements.
« Nos collègues européens, américains et britanniques ne s’arrêteront pas et ne se calmeront pas tant qu’ils n’auront pas épuisé toutes leurs options pour la soi-disant punition de la Russie », a-t-il déclaré.
Mscou a toujours nié toute intention belliqueuse mais a évoqué la possibilité de mesures « militaro-techniques » en l’absence de promesse que Kiev n’intégrera jamais l’Alliance atlantique.
Le Kremlin dit espérer un retour au calme, ajoutant rester ouvert aux discussions avec les États-Unis et d’autres pays.
(Reportage des bureaux de Reuters; rédigé par Stephen Coates, Timothy Heritage et Peter Graff; version française Jean Terzian et Laetitia Volga, édité par Jean-Michel Bélot)
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