La fin de l’accord en mer Noire pourrait faire des « millions » de victimes »-Onu
La flambée des prix des céréales observée après le retrait de la Russie de l’accord sur les exportations de céréales en mer Noire « fait planer le risque de voir des millions de personnes touchées par la faim, voire pire », a déclaré vendredi le Secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires de l’Onu au Conseil de sécurité.
La Russie a suspendu lundi sa participation à l’accord, destiné à éviter une crise alimentaire mondiale en permettant les exportations de céréales ukrainiennes via la mer Noire, estimant que les garanties sur les exportations russes de céréales et d’engrais n’avaient pas été satisfaites.
Les contrats à terme sur le blé américain à Chicago ont augmenté de plus de 6% cette semaine et ont enregistré mercredi leur plus forte hausse quotidienne depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, bien que les prix aient reculé vendredi dans l’espoir que la Russie reprenne les discussions.
« La hausse des prix sera ressentie de manière plus aiguë par les habitants des pays en développement », a déclaré Martin Griffiths, ajoutant qu’à l’heure actuelle 362 millions de personnes dans 69 pays avaient besoin d’une aide humanitaire.
« Certaines personnes souffriront de la faim, d’autres subiront la famine, et beaucoup risquent de mourir à cause de ces décisions », a-t-il ajouté.
L’accord, conclu il y a un an par la Russie et l’Ukraine après médiation de l’Onu et de la Turquie, visait à éviter une crise alimentaire mondiale, que l’invasion russe de février 2022 avait aggravée.
L’Ukraine et la Russie sont d’importants exportateurs de céréales.
Les Nations unies ont fait valoir que l’accord de la mer Noire avait profité aux pays les plus pauvres en contribuant à faire baisser les prix des denrées alimentaires de plus de 23% à l’échelle mondiale.
Le Programme alimentaire mondial des Nations unies a également acheminé 725.000 tonnes de céréales ukrainiennes dans le cadre d’opérations humanitaires en Afghanistan, à Djibouti, en Éthiopie, au Kenya, en Somalie, au Soudan et au Yémen.
Mikhail Khan, un macroéconomiste mandaté par la Russie, a toutefois indiqué au Conseil de sécurité que les pays les plus pauvres n’avaient reçu que 3% des céréales expédiées.
« L’impact de l’accord sur la distribution mondiale de céréales ukrainiennes n’est pas très important », a-t-il déclaré.
POTENTIELLEMENT CATASTROPHIQUE
La Russie négocie actuellement pour exporter des denrées alimentaires vers les pays qui en ont le plus besoin après sa sortie de l’accord, mais Moscou n’a encore signé aucun contrat, a déclaré vendredi le vice-ministre des affaires étrangères, Sergueï Verchinin.
La Russie a bombardé vendredi les infrastructures portuaires ukrainiennes permettant de stocker et d’exporter des denrées alimentaires pour la quatrième journée consécutive et a mené des exercices visant à saisir des navires en mer Noire.
Moscou a expliqué que les attaques portuaires seraient une riposte à l’attaque ukrainienne du pont de Crimée.
« La nouvelle vague d’attaques contre les ports ukrainiens risque d’avoir des répercussions considérables sur la sécurité alimentaire mondiale, en particulier dans les pays en développement », a déclaré Rosemary DiCarlo, secrétaire générale adjointe aux Affaires politiques de l’Onu, au Conseil de sécurité.
La Russie a annoncé qu’elle considérerait désormais tout navire se rendant dans les ports ukrainiens de la mer Noire comme pouvant transporter des cargaisons militaires.
Kyiv a réagi en annonçant des mesures similaires à l’encontre des navires à destination de la Russie ou des territoires occupés par la Russie.
Rosemary DiCarlo a déclaré que ces menaces étaient « inacceptables ».
« Tout risque de débordement du conflit à la suite d’un incident militaire en mer Noire, intentionnel ou accidentel, doit être évité à tout prix, car cela pourrait avoir des conséquences potentiellement catastrophiques pour nous tous », a-t-elle déclaré.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan doit rencontrer le président russe Vladimir Poutine le mois prochain et a déclaré que les discussions pourraient mener à un retour de la Russie dans l’accord, ont rapporté vendredi les chaînes de télévision turques.
Il a également appelé les pays occidentaux à prendre en compte les demandes de Moscou.
(Reportage Michelle Nichols, Sybillede La Hamaide, version française Corentin Chappron, édité par Camille Raynaud)
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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