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Que dirons-nous donc ? Y a-t-il en Dieu de l’injustice ? Loin de là ! Romains 9:14

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Dieu est fidèle à lui-même en agissant comme il le fait. Il est donc « juste » car sa Parole l’a toujours présenté comme agissant souverainement et par grâce (Romains 9:15).

« Que dirons-nous donc ? Y a-t-il en Dieu de l’injustice ? Loin de là ! Car il dit à Moïse : Je ferai miséricorde à qui je fais miséricorde, et j’aurai compassion de qui j’ai compassion. » (Romains 9:1415)

Y a-t-il en Dieu de l’injustice ? Certains pouvaient objecter que l’enseignement de Paul sur l’élection souveraine de Dieu ne cadrait pas avec sa présentation comme impartial. Si Dieu devait choisir des hommes pour le salut et ignorer d’autres indépendamment de leurs mérites ou actions, il serait arbitraire et injuste (voir Genèse 18:25 ; Psaumes 7:10 ; 48:11 ; 71:19 ; 119:137, 142 ; Jérémie 9:23-24).

En réponse, Paul cite un texte de l’Ancien Testament qui indique clairement que Dieu est absolument souverain, apte à décider qui sera sauvé sans violer ses autres attributs. Il détermine qui sera bénéficiaire de sa miséricorde. Tout choix de la part de Dieu est une marque de pitié, c’est une grâce accordée à celui qui ne mérite rien de Dieu (Romains 9:16). Le contexte d’Exode 32-34 est celui d’un peuple qui, malgré sa révolte (Israël vient d’adorer le veau d’or !), jouit de la grâce de Dieu (Exode 33:19 ; 34:6).

Exode 32 relate la rupture de l’alliance (l’incident du veau d’or), le chapitre 34 : sa restauration. L’intercession de Moïse pour Israël se poursuit du chapitre 32 au chapitre 34. Le thème de la présence de Dieu unit les trois chapitres.

Exode 33.12-34.9 a deux thèmes : la prière de Moïse demandant à Dieu de venir avec le peuple d’Israël jusque dans le pays promis (Exode 33:12-13, 15-16 ; 34:9) ; la prière de Moïse demandant à Dieu qu’il puisse le connaître et voir sa gloire (Exode 33:13, 18).

La relation entre ces deux thèmes dans Exode 33:12 à 34:9 est la clé de la compréhension de cette unité littéraire. Moïse voudrait que le peuple soit restauré dans la pleine faveur de Dieu (Exode 33:16) et qu’il le distingue de tous les autres peuples de la terre (verset 16b). A la fin, Dieu rétablit l’alliance et promet de faire tout ce que Moïse a demandé (Exode 33:17 ; 34:10).

Les deux demandes sont liées entre elles : si Moïse désire connaître Dieu et voir sa gloire, c’est pour que Dieu confirme qu’il est prêt à témoigner sa faveur à un peuple idolâtre et au cou raide (Exode 33:16-17). Il ne fait appel à aucun mérite de la part du peuple ni à aucune circonstance atténuante. La seule base de sa demande est la promesse de Dieu (Exode 33:17) et la révélation de sa nature (Exode 34:6-7). Sur cette base, le péché d’Israël sera pardonné et Dieu fera de lui son héritage personnel (Exode 34:9).

Le verset cité par Paul en Romains 9:15 relève d’une forme grammaticale hébraïque particulière appelée idem per idem caractérisée par la répétition de la même formule. On la retrouve dans Romains 4:13 ; 16:23 ; 1 Samuel 23:13 ; 2 Samuel 15:20 ; 2 Rois 8:1.

En laissant l’action indéterminée, la force de cet idiome est de préserver la liberté du sujet d’accomplir l’action de la manière qui lui plaît. En disant : « Je ferai grâce à qui je veux faire grâce et j’aurai pitié de qui je veux avoir pitié », Dieu dit qu’aucune circonstance extérieure à lui ne déterminera sa disposition à la grâce et la miséricorde. La formule rappelle : « Je suis qui je suis » et souligne la totale liberté de Dieu. La grâce de Dieu est toujours un don absolument gratuit qui n’est déterminé par aucune obligation sociale entre suzerain et vassal. Il est parfaitement libre de faire grâce ou non.

Dans Exode 33:18-19 et dans la révélation que l’Eternel donne de lui-même à Moïse (Exode 34:5-6) reviennent ces deux termes de grâce et pitié. Ils sont une explication du nom de l’Eternel. Son Moi, sa personne réelle est la grâce et la pitié, ou, comme Dieu dit au verset 19, sa « bonté tout entière » que Dieu veut proclamer en montrant à Moïse « qui il est ». Dans le parallèle entre Exode 33:19 et 34:6, la bonté du premier passage est remplacée par l’Eternel lui-même dans le deuxième. C’est là son essence, sa nature et sa gloire (verset 18).

Le nom de Dieu (qui il est), sa gloire, c’est sa propension à témoigner sa grâce et sa souveraine liberté de le faire à qui il veut. C’est l’essence de ce que signifie être Dieu. C’est là son nom. Il ne s’agit donc pas, dans cette révélation d’un acte de grâce spécial envers Moïse, c’est plutôt sa manière d’agir envers tous les hommes. La grâce (ou compassion, miséricorde) de Dieu n’est pas limitée à la manière dont il agit envers les hommes et les nations dans l’histoire ; elle caractérise sa nature même et toutes ses relations avec les hommes.

Pour comprendre le propos de Paul, souvenons-nous aussi du but de ces versets 13-15 : c’est de montrer que, d’une part, Dieu est libre de choisir qui il veut, d’autre part, qu’Israël n’a pas été mis de côté. Il est toujours l’objet de l’amour de Dieu.

La parole de l’Eternel « adressée à Israël par l’intermédiaire de Malachie » (1:1-3) avait pour but de montrer l’amour de Dieu pour son peuple. « Moi, je vous ai aimés, déclare l’Eternel » à un peuple qui doute de son amour et qui lui répond : « En quoi donc nous as-tu aimés ? » (verset 2). Et Dieu lui répond en relevant le sort qu’Israël a eu comparativement à celui d’Edom.

L’infidélité d’Israël aurait justifié de la part de Dieu des châtiments comparables à ceux qui ont touché les Edomites, descendants d’Esaü. « J’ai écarté Esaü, j’ai fait de ses montagnes un pays désolé, et j’ai livré son patrimoine aux chacals du désert. Edom peut bien dire : ‘Nous avons été démolis’ » (ils avaient sans doute subi une défaite militaire).

Pourquoi Israël n’a-t-il pas subi le même sort ? N’aurait-il pas mérité les mêmes châtiments ? Si, mais il a été épargné à cause de l’amour de Dieu pour lui : « J’ai aimé Jacob ». C’est pourquoi, bien qu’Israël ait rejeté et crucifié son Fils, Dieu ne l’a pas rejeté : il continue à sauver des Israélites. Paul lui-même en est la preuve (11:1) et Dieu continuera tout au long de l’histoire de l’Eglise à sauver des Juifs ; ainsi « tout Israël sera sauvé » (11:26).

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