Le rugby français veut serrer la vis après une année marquée par les affaires extra-sportives
par Vincent Daheron
PARIS (Reuters) – Au terme d’une année 2024 marquée par les affaires extra-sportives, les dirigeants du rugby français veulent serrer la vis pour mettre fin aux dérives alors que le XV de France retrouve le terrain à l’occasion des tests de novembre.
En juillet dernier, lors de la traditionnelle tournée dans l’hémisphère sud, l’équipe de France avait remporté une des deux rencontres face à l’Argentine mais avait surtout défrayé la chronique. L’arrière Melvyn Jaminet avait été exclu des Bleus pour des propos racistes et a depuis été suspendu tandis qu’Hugo Auradou et Oscar Jégou ont été mis en examen par la justice argentine pour « viol avec violence en réunion ».
« Je ne veux pas mettre la poussière sous le tapis et faire comme si rien ne s’était passé. Maintenant, il ne faut pas non plus jeter un voile sombre sur le rugby alors qu’il y a 360.000 licenciés, 60.000 bénévoles dans les clubs qui font un travail exceptionnel », a déclaré à Reuters Florian Grill, fraîchement réélu à la présidence de la Fédération française de rugby (FFR).
« Je ne veux pas que le drame ou les événements de cet été viennent entacher l’image du rugby parce que la réalité, c’est que le rugby est un sport formidable », a-t-il ajouté, faisant notamment référence à la disparition en mer de Medhi Narjissi, âgé de 17 ans, alors qu’il effectuait une séance de récupération sur une plage d’Afrique du Sud avec l’équipe de France des moins de 18 ans.
« Je ne pense pas que tous les événements traversés ont pu entamer la cote de popularité de cette équipe », croit Thomas Lombard, directeur général du Stade Français Paris et consultant pour TF1, diffuseur des trois rencontres de novembre face au Japon (9 novembre), la Nouvelle-Zélande (16) et l’Argentine (22).
Le président de la FFR Florian Grill et son vice-président en charge du haut niveau Jean-Marc Lhermet se sont attelés à mettre en place un nouveau cadre de vie pour réduire les débordements notamment liés aux addictions, à l’effet de groupe et aux réseaux sociaux, selon la FFR.
Après des Etats généraux organisés fin août, de nombreux entretiens ont été menés avec des représentants du monde amateur et du monde professionnel, en France et à l’étranger, dont certains joueurs actuels ou anciens. Un processus au sein duquel le sélectionneur Fabien Galthié a été « très investi », explique Florian Grill.
« Ce sera une tournée dans un cadre complètement transformé avec des sanctions possibles », annonce le président de la FFR. « Fabien Galthié va poser la question de confiance à l’ensemble de ses joueurs et de son staff en leur disant : ‘Il y a un nouveau cadre, tu en es ou tu n’en es pas.’ Il ne sera pas négociable. »
« On ne peut pas avoir les dérapages que l’on a eus alors qu’on veut faire du haut niveau. Vis-à-vis de nos partenaires, de nos bénévoles, ce n’est pas possible. »
« Sans autorisation, l’alcool est interdit », a notamment présenté Fabien Galthié dans les colonnes de L’Equipe.
En 2021, l’équipe de France et son sélectionneur avaient déjà fait parler d’eux en ne respectant pas la bulle sanitaire lors du COVID-19 sans être sanctionnés.
ANTOINE DUPONT FAIT SON RETOUR
Melvyn Jaminet (20 sélections) a été suspendu 34 semaines (ramenée à 26 semaines en contrepartie de travaux d’intérêt général) en juillet et sa réintégration après celle-ci « paraît compliquée », estime Florian Grill.
Oscar Jégou et Hugo Auradou (une sélection chacun) ne figurent pas non plus dans la liste de 42 joueurs annoncée mercredi par Fabien Galthié bien que le second a rejoué en Top 14 avec son club, la Section paloise. « On a été très clairs, ils ne rejoueront pas tant qu’il n’y a pas de non-lieu », assure le président.
Le XV de France peut compter sur le retour d’Antoine Dupont (52 sélections). La star du rugby tricolore, âgé de 27 ans, n’a plus joué sous le maillot bleu du XV de France depuis la défaite face à l’Afrique du Sud en quarts de finale de la Coupe du monde (29-28), le 15 octobre 2023.
Il avait manqué le Tournoi des six nations 2024, conclu à la deuxième place, pour préparer les Jeux olympiques de Paris où il a décroché l’or avec les Bleus du rugby à sept.
« Il est extraordinaire. Les superlatifs ne suffisent plus », loue Thomas Lombard. « Tout le monde est dithyrambique à son égard et c’est normal. En plus d’un joueur extraordinaire, il fait du bien au rugby car c’est une bonne personne. Il incarne une forme d’idéal que le rugby a toujours voulu cultiver, démontrer. »
Sur le terrain, l’équipe de France vise trois victoires sur cette tournée et un troisième succès consécutif contre les All Blacks serait le bienvenu.
« Une victoire serait une performance sportive mais il ne s’agit pas des mêmes registres. Les sujets d’addiction, d’alcool, de cocaïne, de violences sont à traiter par ailleurs », prévient Florian Grill. « Je n’ai jamais dit que le titre de champion olympique gommait la réalité de ce à quoi on était confrontés. Il y a la case sportive, il faut qu’on performe, et il y a la case extra-sportive où il y a beaucoup de choses à faire, et on va les faire. »
« On attend de cette équipe qu’elle soit exemplaire, qu’elle gagne, qu’elle inspire la nouvelle génération, qu’elle véhicule certaines valeurs », appuie Thomas Lombard.
(Rédigé par Vincent Daheron, édité par Kate Entringer)
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