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Prendre un réfugié sous son aile

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Hasard du calendrier: alors que l’actualité force les Ukrainiens à chercher un refuge en Suisse, un Cercle de silence aura lieu le 19 mars sur le parvis de l’église Saint-Laurent à Lausanne pour sensibiliser au sort des migrants et inviter la population à parrainer un réfugié, via l’Action-Parrainage. Témoignage d’un binôme.
Sur le plan de travail de la cuisine de Claire, Muneer travaille son futur. Dans deux jours, il sera évalué sur sa conjugaison, dans le cadre de ses cours. Mais le futur, tous deux le conjuguent déjà ensemble depuis un an. Muneer est Afghan, réfugié en Suisse depuis trois ans, il a tout juste 19 ans. Claire vit à Epalinges, dans le canton de Vaud. Leur lien: la seconde parraine le premier, dans le cadre de l’Action-Parrainages, une démarche des Églises réformée et catholique vaudoises. L’objectif: mettre en lien migrants et population locale pour favoriser l’intégration.

Le parrainage, c’est Muneer qui en a fait la demande, pour rompre la solitude du foyer et le manque d’un cadre familial. Pour Claire, son mari Frédéric et leurs quatre enfants, se lancer dans une telle expérience était simplement «logique». Du temps et l’envie d’aider une personne déracinée, ils en avaient à revendre. Ils s’inscrivent donc comme parrains, on leur confie un réfugié proche de la majorité, une période de transition durant laquelle le besoin d’ancrage est crucial.

Une vie de famille

La première rencontre se fait masquée, pandémie oblige. Au fil des semaines, Muneer partage des repas dans la maison familiale, du jardinage, des loisirs. Le binôme échange, en français, sur leur culture respective, leur histoire, une relation se crée avec les parents, mais aussi avec les enfants, qui ont presque son âge. «Nous ne lui proposions rien d’extraordinaire, si ce n’est de partager notre vie familiale et découvrir nos modes de vie», lâche Claire. «Ces jeunes arrivent avec des histoires lourdes à porter. Avec le parrainage, nous espérons leur donner des atouts pour avoir une belle vie, l’occasion de rebondir et de se vider la tête», ajoute Frédéric.

En août dernier, devenu majeur, Muneer a quitté le foyer de l’Établissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM) pour un appartement éducatif jusqu’à la fin de l’année, avant de pouvoir bénéficier d’un logement de l’EVAM. Mais les places manquent et Muneer ne veut pas se retrouver dans un foyer pour adulte. Alors, il y a un mois, Muneer s’installe à Epalinges, chez ses parrains, le temps de trouver son propre logement, une occasion surtout de resserrer les liens. Avec Claire, Muneer cherche un appartement. Entre le budget d’apprenti de Muneer et les refus «discriminatoires» des régies, comme les qualifie Claire, la recherche se transforme en un parcours du combattant.

Mais les efforts ont payé. Il y a quelques jours à peine, Muneer a emménagé à Lausanne. Claire et Frédéric étaient là pour monter les meubles. «Muneer peut enfin poser ses valises dans un endroit décent, chez lui. Il est devenu autonome. Je suis rassurée, même si j’ai l’impression que l’un de mes poussins a quitté le nid!», confie Claire avec émotion. Timidement, Muneer ne peut s’empêcher de lui glisser que la porte restera ouverte, qu’elle viendra boire le café. Son fils, scolarisé à proximité pourra venir manger à midi. «Je te donnerai une clé», murmure-t-il.

Fuir les talibans

Muneer ne parle pas beaucoup, mais lorsqu’il évoque le parrainage son visage s’illumine. «J’ai retrouvé une famille ici.» Il y a un peu plus de trois ans, pourtant, il ne s’imaginait pas ce présent. Muneer a 16 ans lorsqu’il dit au revoir à sa mère, à ses frères et à ses soeurs. Il pense alors partir à Kaboul quelque temps seulement, pour s’éloigner du danger des talibans. Mais au bout de quelques jours, l’ami de son père qui l’accompagne lui demande de s’acheter des chaussures et un sac à dos. Il va l’emmener à la frontière pakistanaise.

Sa mère avait tout prévu. Elle a vendu des terres pour payer des passeurs entre l’Afghanistan et la Suisse où vit son oncle. Tout cela Muneer l’ignore. Mais il n’ignore pas le danger qu’il encourt en restant auprès des siens. Son père s’est fait kidnapper par les talibans. Deux ans de silence, avant qu’une demande de rançon ne soit adressée à la famille, qui n’a pas les moyens de la payer. Résultat, les talibans cherchent l’aîné des fils, jusque chez lui. Muneer se cache, même pour aller à l’école. Sa mère le sauve.

Commence alors un périple pour rejoindre la Suisse. Pakistan, Iran, Turquie, Grèce, Hongrie, Autriche, Muneer traverse dix pays en six mois et à chaque frontière, un nouveau passeur l’attend. Mais le jeune homme ne s’étale pas. «C’était dur. J’ai vécu six mois de stress et d’anxiété, avec la peur de me faire arrêter, de me noyer en traversant un lac, de me faire dépouiller par la mafia aux frontières. Aujourd’hui, j’ai encore de la peine à en parler et à répondre aux questions», avoue-t-il. En mai 2019, il arrive en Suisse et démarre un parcours de réfugié, en tant que mineur non accompagné. Encadré par l’EVAM, il retrouve les bancs de l’école, dégotte un apprentissage de paysagiste, se fait même des amis au foyer, et est accompagné par des éducateurs. Mais la solitude reste pesante.

Un aller sans retour

Aujourd’hui, Muneer construit sa vie de jeune adulte en Suisse. Le retour en Afghanistan n’est pas envisageable: les talibans ont pris le pouvoir, la famine gagne du terrain dans le pays, et le permis F n’autorise pas les voyages. Alors Muneer envoie de l’argent à sa famille et appelle toutes les semaines ses parents. Son père a été délivré peu de temps avant la prise du pouvoir par les talibans.

Chaque semaine, ils appellent ses parents. «’J’ai retrouvé mon fils. Je suis rassurée’, m’a dit ma mère la première fois que je l’ai appelée après mon arrivée en Suisse. Je n’oublierai jamais ces mots», confie-t-il avec un demi sourire. Récemment, parents et parrains se sont découverts lors d’un appel vidéo. Un moment chargé d’émotion. «Je suis tellement reconnaissante de savoir qu’une femme prie pour nous à l’autre bout du monde», commente Claire. Mais les images ne comblent pas tous les vides. «C’est toujours difficile de rentrer le soir et de savoir que je ne peux pas embrasser ma mère», explique Muneer.

Si le jeune homme vole désormais de ses propres ailes, «il aura toujours une place et un lit chez nous», lui adresse Titouan, l’aîné de Claire et Frédéric. L’histoire s’arrêterait-elle donc là? Pour Muneer et Claire, il n’en est pas question. De la rencontre est née une famille. Et puis ce soir, il faut encore répéter la liste des verbes au futur.

L’Action-Parrainages

Lancé en 2016, en réponse à la crise migratoire, le projet Action-Parrainages vise à mettre en lien la population locale avec des migrants, pour faire connaissance, les soutenir et favoriser leur intégration. Le parrainage, c’est partager du temps, des repas, des activités et la découverte de la région, parler en français, soutenir et aider dans les démarches administratives, la recherche d’emploi, de stage, de logement. Le projet commun à plusieurs associations, Églises, communauté israélite et porté par des bénévoles a vu naître 500 binômes. Informations sur www.action-parrainages.ch

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