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Interculturalité en Église – Espoir Adadzi

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Dans son essai «Interculturalité en Église», le pasteur togolais Espoir Adadzi, envoyé à l’Église protestante de Genève, pointe les enjeux du vivre-ensemble pour les chrétiens de Suisse et de l’étranger. Interview.
Le pasteur Espoir Adadzi est arrivé du Togo dans l’Église protestante de Genève il y a quatre ans. Volontaire d’une Église du Sud envoyé dans une Église du Nord, par la Communauté d’Églises en mission (CEVAA), il avait une mission: poser un regard participatif sur les réalités des Églises réformées suisses et leurs relations avec les communautés issues de la migration. Aujourd’hui, il publie un essai dans lequel il prêche pour l’interculturalité, condition à ses yeux à l’avenir du christianisme en Occident. Avec précision et malice, il dépeint la rencontre entre les chrétiens du Nord et du Sud, ainsi que les défis futurs, sans omettre les malentendus et quiproquos. Interview.

En quoi l’interculturalité est-elle un enjeu pour le christianisme en Occident?

La société occidentale est plurielle, nous ne pouvons pas l’ignorer. Cette réalité demande de s’y adapter: «Si on ne prend pas le changement par la main, il nous prend par le cou», disait Winston Churchill. Quant au christianisme, s’il connaît une perte de vitesse en Europe, il se diversifie avec la migration, les personnes emportant avec elle leur foi. L’interculturalité favorise donc le bon voisinage, et évite de se regarder en chien de faïence.

L’interculturalité est-elle en marche?

Aujourd’hui, je parlerais plutôt de «multiculturalité». Les Églises historiques coexistent avec les communautés issues de la migration. Or, la reconnaissance abstraite de l’existence de différentes cultures ne suffit pas et ne permet pas l’intégration.

C’est-à-dire?

L’interculturalité qualifie l’interaction horizontale entre différentes cultures favorisant l’intégration et la convivialité entre les personnes. Lorsqu’elle est ecclésiale, elle désigne l’accueil mutuel, l’acceptation de différentes communautés ou Églises d’origines et de tendances théologiques diverses.

Concrètement, qu’avez-vous observé sur le terrain?

Aujourd’hui, on assiste surtout à des remises de clés. À Genève par exemple, plusieurs paroisses autochtones ouvrent leur temple aux communautés allochtones. On prête les lieux. Dans la seule région du Salève, quatre paroisses sont concernées. Ça peut paraître anodin, pourtant ouvrir ainsi son intimité ecclésiale, c’est déjà faire preuve d’hospitalité. Et ça n’est pas toujours simple. Il faut pouvoir poser des conditions d’utilisation qui doivent être respectées.

« Ce qui nous rassemble, la Bible et le Christ, est aussi ce qui nous divise. »
ESPOIR ADADZI

On pourrait pourtant imaginer que l’interculturalité serait un jeu d’enfants pour des personnes qui partagent la même foi.

En effet, le socle commun qu’est le christianisme donne l’impression que l’interculturalité va jouer comme sur des roulettes. Or ce n’est pas le cas. La difficulté réside dans le fait que ce qui nous rassemble, la Bible et le Christ, est aussi ce qui nous divise.

Dans un club de football ou un groupe de musique, on parle le même langage, chaque talent s’harmonise et se conjugue rapidement en vue d’une symbiose. Or, au sein du christianisme, il y a différents courants et autant d’interprétation théologiques. L’interculturalité demande donc de la patience, mais aussi un cadre dans lequel admettre les erreurs commises et y remédier.

Quels sont les écueils?

L’interculturalité bouscule nos habitudes, notre entre-soi. Ça peut aller du prénom d’un nouveau venu dans la communauté qu’on ne parvient pas à prononcer, aux conditions de prêt du temple qui ne sont pas respectées. Tout cela demande un effort et une préparation, au même titre que lorsqu’on reçoit une personne chez soi pour manger.

Quels regards les Églises et communautés posent-elles les unes sur les autres?

Bien souvent, les membres des Églises autochtones estiment qu’il n’y a pas assez de profondeur théologique, que l’interprétation biblique est trop littérale au sein des communautés allochtones. En même temps, il y a une curiosité face à l’exotisme des célébrations. Au sein des Églises issues de la migration, on pense parfois que les Églises suisses sont spirituellement mortes ou qu’elles doivent être redynamisées, réévangélisées. Mais tout cela ne favorise pas l’interculturalité. La volonté de communiquer simplement et humblement, puis de se rencontrer, en sont les premiers pas. La tolérance doctrinale et théologique, la conciliation sur les rigidités traditionnelles de nos positions théologiques ou spirituelles tranchées est un tout petit compromis en matière de célébration constituent un bon début.

Vous pensez à un exemple concret?

Lorsqu’un chrétien issu de la migration se rend dans un culte protestant en Suisse, bien souvent, il ne perçoit pas l’accueil qui lui est fait. À la fin de la célébration, personne ne l’aborde, ce qui lui donne l’impression de ne pas être le bienvenu. Lorsqu’on s’adresse à lui, on lui demande son nom, d’où il vient et quand est-ce qu’il repart. Ceci ne génère pas un sentiment de bienvenue. Et pourtant, la communauté qui accueille se réjouit de voir une nouvelle tête. Les membres qui n’ont pas pour habitude d’aborder un inconnu s’étonnent que l’autre ne se sente pas accueilli. Il y a un décalage culturel.

« L’interculturalité bouscule nos habitudes, notre entre-soi. »
ESPOIR ADADZI

La solution résiderait-elle dans l’effacement des particularités?

Absolument pas. Il faut trouver ce qui nous rassemble et identifier les vérités discutables. L’objectif étant de découvrir la richesse de cette diversité qui se joue sous nos yeux. L’interculturalité nous fait sortir de notre zone de confort, bouger nos lignes, mais elle vise l’ouverture aux autres qui aboutit sur un enrichissement mutuel.

La migration pousse donc les Églises à se repenser?

La migration commande de renouveler notre vocation en tant qu’Église. Faut-il attendre que les gens viennent à nous ou faut-il sortir et partir à la rencontre de l’autre à l’image Christ? L’interculturalité doit nous amener à repenser notre théologie, notre musique, et à percevoir ce qui nous rassemble. Il faut réadapter notre réalité à chaque génération. On s’adapte bien à la mode, pourquoi pas à la liturgie? C’est aussi valable pour les communautés issues de la migration. L’étranger doit être souple, capable de s’habituer à l’orgue et à une foi vécue dans l’intériorité. On peut faire du bruit ou du silence pour le Christ.

« On s’adapte bien à la mode, pourquoi pas à la liturgie? »
ESPOIR ADADZI

Peut-on parler d’un salut par la migration?

C’est en partie vrai. Certains chrétiens occidentaux acceptent leur sort et la fin de l’institution en Europe: l’interculturalité n’est donc pas vue comme un salut. D’autres pensent que Dieu ne peut pas échouer. Acceptons donc les chrétiens différents, accueillons-les pour la continuité de la foi et faisons Église ensemble, à tout prix. Une telle bouffée d’oxygène s’apparente effectivement à une forme de salut par la migration.

Dans deux ans, vous retrouverez le Togo. Qu’emporterez-vous?

Je pense que si les Églises du Sud peuvent amener leur expérience de foi, le Nord peut encore faire de la mission, en termes de gouvernance ecclésiale et d’horizontalité relationnelle. D’autre part, en Afrique subsaharienne, si nous ne prenons pas à bras-le-corps le débat sur les questions éthiques, comme l’homosexualité ou la PMA, la gestion efficaces des ressources, par exemple, je vois venir un crash entre le Nord et le Sud. Il faut donc aller au dialogue, pour offrir un témoignage chrétien commun.
Un livre

«Interculturalité en Église. Témoignage et propositions d’un envoyé du Sud», Espoir Adadzi, OPEC.

Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien


Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.

Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires


A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain. 

Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public 



Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature. 
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme. 
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives. 
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires). 
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne. 

Le piège de l’uniformisation de l'information


L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire); 
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.  
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite. 

Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !


Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés. 
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises. 
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales. 

1. Le Journal Chrétien,  un service de presse en ligne reconnu par l’Etat

Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.
La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne. 
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

2. Chrétiens TV, chaîne 483 de Free

Chrétiens TV est une chaîne de télévision chrétienne francophone reconnue par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM) et diffusée en continu sur le canal 483 de l’opérateur Free en France ainsi que sur Apple TV, Roku TV, Amazon Fire TV, les applications Chrétiens TV et Free TV (iOS ou Android), les sites Chrétiens TV et https://tv.free.fr
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