Trump va autoriser Nvidia à exporter ses puces H200 vers la Chine
par Stephen Nellis, Karen Freifeld et Michael Martina
WASHINGTON, 8 décembre (Reuters) – Les Etats-Unis vont autoriser Nvidia à exporter ses puces d’intelligence artificielle (IA) de modèle H200 vers la Chine en percevant une redevance pour chaque puce expédiée, a annoncé lundi le président américain Donald Trump.
Les actions de Nvidia gagnaient 1,2% dans les échanges post-clôture à la suite de cette annonce, après avoir terminé la séance sur une hausse de 3,16%, consécutive à la publication par le média spécialisé Semafor d’un article annonçant cette autorisation.
Le locataire de la Maison blanche, qui a fait ces annonces sur son réseau Truth Social, a également déclaré avoir informé son homologue chinois Xi Jinping de sa décision, ajoutant que celui-ci avait « répondu positivement ».
Le ministère américain du Commerce est en train de finaliser les détails et la même approche s’appliquera à d’autres fabricants de puces d’intelligence artificielle tels que AMD et Intel, a également déclaré Donald Trump.
« Nous protégerons la sécurité nationale, créerons des emplois américains et maintiendrons l’avance de l’Amérique dans le domaine de l’IA », a écrit le président américain.
« Les clients américains de NVIDIA vont déjà de l’avant avec leurs incroyables puces Blackwell, très avancées, et bientôt les puces Rubin, qui ne font pas partie de cet accord. »
L’autorisation d’exportation des puces H200 vers la Chine pourrait signaler une approche plus amicale envers Pékin, après que Donald Trump et Xi Jinping ont négocié le mois dernier à Busan, en Corée du Sud, une trêve dans la guerre commerciale et technologique entre les deux pays.
Selon une source interrogée par Reuters, les membres de l’administration Trump voient cette décision comme un compromis entre l’envoi des dernières puces Blackwell de Nvidia en Chine, que le président n’a pas voulu autoriser, et une absence totale d’exportation de modèles américains qui, selon eux, favoriserait les efforts de Huawei visant à vendre des puces d’IA en Chine.
Nvidia et le ministère du Commerce n’ont pas répondu dans l’immédiat à des demandes de commentaires.
A Washington, les partisans d’une ligne dure vis-à-vis de Pékin craignent que la vente de puces d’IA plus avancées à la Chine ne l’aide à renforcer son armée, des craintes qui avaient d’abord incité l’administration Biden à limiter ces exportations.
De précédentes informations de presse faisant état d’une autorisation d’exportation des puces H200 avaient suscité de vives critiques de la part de la sénatrice Elizabeth Warren, une démocrate du Massachusetts qui a soutenu un effort bipartisan visant à réserver les puissantes puces d’IA des Etats-Unis aux entreprises américaines.
« Après sa rencontre en coulisses avec Donald Trump et le don de son entreprise à la salle de bal de Trump, le directeur général de […] Nvidia, Jensen Huang, a obtenu a obtenu ce qu’il voulait : vendre la puce d’IA la plus puissante que nous ayons jamais commercialisée », a déclaré Elizabeth Warren dans un communiqué.
« Cela risque de donner un coup de fouet à la tentative de domination technologique et militaire de la Chine et de nuire à la sécurité économique et nationale des États-Unis. »
La puce H200, dévoilée il y a deux ans, dispose d’une mémoire à large bande passante plus importante que son prédécesseur, la H100, ce qui lui permet de traiter les données plus rapidement.
Selon un rapport publié dimanche par le groupe de réflexion indépendant Institute for Progress, la H200 serait presque six fois plus puissant que la H20, la puce d’IA la plus avancée pouvant aujourd’hui être légalement exportée vers la Chine, après que l’administration Trump a annulé son interdiction éphémère sur ces ventes cette année.
L’exportation de la H20 permettrait aux laboratoires d’IA chinois de construire des superordinateurs atteignant des performances similaires à celles de leurs concurrents américains de pointe, bien qu’à des coûts plus élevés, ajoute le même rapport.
(Reportage Jasper Ward et Michael Martina à Washington, Karen Friefeld à New York et Stephen Nellis à San Francisco, rédigé par Doina Chiacu, version française Benjamin Mallet)
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